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Google AI Overviews en France : état des lieux

AI Overviews en France : état des lieux

Trois mois après l’arrivée de Google AI Overviews en France, Converteo et Qwairy ont analysé les sources des résumés IA. Les sites commerciaux fournissent 57,2 % des citations contre 9,9 % pour les médias. 90% des réponses changent à chaque session et les sites à forte autorité sont cités 2,7 fois plus que les autres. Nous assistons à la fin du clic exploratoire, certes. Mais les recommandations des auteurs sont à prendre avec prudence, et la vraie réponse consiste à se rapprocher de ses clients.

Google AI Overviews en France : état des lieux

Google AI Overviews en France : état des lieux
L’écran de Google AI Overviews tel qu’il apparaît en France. Demandez à Google, et il vous répondra peut-être…

L’étude en bref

L’étude est signée Converteo, avec Qwairy, plateforme spécialisée dans le GEO (Generative Engine Optimization). Ses auteurs sont Emmanuel Chomier (Partner Performance Marketing), Laurent Rabin (Consultant Senior Media & Search), Florent Thuilliez (Senior Manager Acquisition & Search) et Maxime Vivos (Manager Media & Search). Elle repose sur 735 prompts par pays, répartis sur sept secteurs et joués chaque jour du 13 au 23 août 2026, soit trois semaines après le lancement des AI Overviews en France, le 22 juillet.

La fin du clic exploratoire

Ce n’est pas nouveau. Nous évoquions déjà sur Visionary Marketing la fin des moteurs de recherche et l’avènement des moteurs de réponse en 2021. Mais avec les AI Overviews, on atteint le paroxysme. Selon Ahrefs, la présence d’un résumé généré par l’IA réduit de 58 % le taux de clic vers le premier résultat (décembre 2025, première position, sur ordinateur). L’étude montre aussi que l’IA s’intercale surtout au moment de comparer, puisque 55,4 % des requêtes relèvent de la comparaison, jusqu’à 68,4 % dans les services et 67,8 % dans les télécoms, la banque et l’assurance.

C’est un comble, car jamais les outils d’IA n’ont permis des recherches aussi approfondies. Nous sommes bien mieux armés pour chercher et faire de la veille. Pourtant, beaucoup d’internautes ne semblent pas en profiter.

Les professionnels qui sauront exploiter ces fonctions seront gagnants. Ce sont eux qui utiliseront l’outil, et non l’outil qui les utilisera.

Google AI Overviews en France : état des lieux
Source : livre blanc Converteo x Qwairy, pages 4 et 5.

Le « clic parfait » : une promesse à vérifier

Il est généralement entendu que les utilisateurs cliquent beaucoup moins, mais que ceux qui cliquent sont ultra qualifiés, avec 11,8 minutes passées sur le site contre 5,6, et 12 pages consultées contre 6,5. Je n’ai pas de moyen de le vérifier à ce stade. Ces chiffres viennent d’une étude Similarweb, sur un panel que Converteo décrit comme américain, et portent sur les recommandations de ChatGPT, pas sur celles de Google ni sur le marché français.

Ce que je pressens, en revanche, c’est une publicité plus chère, au motif que le rare internaute qui clique est plus enclin à acheter. Le modèle est d’ailleurs en train de se tirer une balle dans le pied. Le 29 octobre, au lendemain de ses résultats trimestriels, Alphabet a perdu jusqu’à 12 % en Bourse, soit environ 480 milliards de dollars de capitalisation selon Forbes, la deuxième plus forte chute quotidienne de l’histoire.

AI Overviews en France, un sursis, pas une solution

Le livre blanc rappelle que la France a connu plus de deux ans de décalage avec les États-Unis (mai 2024 contre juillet 2026), à cause du bras de fer sur les droits voisins. Pour Converteo, c’est plutôt une bonne nouvelle, car nous avons pu observer les erreurs des autres. C’est un argument recevable. Mais cela ne change pas grand-chose au système, qui reste très opaque, puisque pour un même prompt, au moins une source citée ou leur ordre change dans 92,7 % des cas en France (96,7 % aux États-Unis). Difficile de voir où tout cela va mener, et où les producteurs de contenu se retrouveront.

Taux de variation des sources et des concurrents cités dans les réponses IA, soit 92,7 % en France (page 60)

Google AI Overviews en France : état des lieux
Source : livre blanc Converteo x Qwairy, page 60.

Les médias, eux, semblent déjà passer au second plan. Ils ne représentent que 9,9 % des citations en France (12,6 % aux États-Unis). Ce sera encore plus difficile pour les commerçants. Si l’on ne clique plus, comment récupérer des clients ? Les sites commerciaux captent certes 57,2 % des citations (49,7 % aux États-Unis), mais ce chiffre est à relativiser, car 37,5 % des prompts de l’étude mentionnent une marque, ce qui favorise mécaniquement leurs sites.

Répartition des parts de voix par typologie de site, avec 57,2 % de sites commerciaux en France et 49,7 % aux États-Unis (page 54)


Google AI Overviews en France : état des lieux
Source : livre blanc Converteo x Qwairy, page 54.

Top 10 des domaines les plus cités en France :

RangDomainePart des citations
1YouTube3,56 %
2Facebook2,27 %
3Reddit1,36 %
4Instagram1,00 %
5Que Choisir0,89 %
6Meilleurtaux0,75 %
7LesFurets0,72 %
8Selectra0,60 %
9Ouest-France0,54 %
10LeLynx0,50 %
Reproduction d’un tableau de chiffre sur les domaines cités par Google AI Overviews en France dans le livre blanc de Converteo.

Les quatre recommandations de Converteo pour Google AI Overviews en France

  1. Réallouer le budget de contenu vers des fiches techniques et des tableaux comparatifs. À l’étape de comparaison, ce sont en effet les blogs (68 % de leurs citations) et les forums (54 %) qui dominent. Cela confirme ce que j’expliquais déjà. On va écrire des sites web pour les IA plus que pour les humains, pour nourrir les tableaux comparatifs que produiront des IA, ou des sites comparateurs qui nourriront eux-mêmes les IA. Cela servira moins aux humains qu’aux machines.
  2. Déployer un « bouclier SEA » sur son nom de marque. Le nom de marque revient une fois de plus au centre des recommandations. Ce sera surtout utile aux marques déjà notoires. Pour les petits acteurs, il sera très difficile d’être cités, car aucun domaine ne dépasse 3,56 % des citations (YouTube). Les sites dont le Domain Rating atteint 70 sont d’ailleurs cités 2,7 fois plus que les autres. L’autorité profite aux grands. Et même cités, sans clic, cela leur fera une belle jambe. Tout le monde se souviendra de Nike sans avoir cliqué, mais de Tartempion Sarl, on ne se souviendra pas.
  3. Auditer l’infrastructure technique et abandonner le JavaScript complexe. C’était déjà nécessaire pour bien se faire référencer sur Google, car un site rapide suppose d’enlever toutes les scories.
  4. Briser les silos avec une task force réunissant technique, contenu, relations presse et médias. C’est un paradoxe. On répète à l’envi que la presse et les médias sont importants. Pourtant, le seul média du top 10 est Ouest-France, à 0,54 % des citations. Être cité dans la presse n’aidera pas tellement si cela ne ressort pas dans les IA. Et une task force transversale représente un investissement humain et financier important. Bonne idée sans doute, mais on ne brise quasiment jamais les silos. Nous l’avons déjà expliqué ici, et si cela coûte cher pour un résultat mince, on se demande où cela mène.

Ma conclusion : retrouver ses clients

Avec 92,7 % de réponses instables, mesurer sa position sur quelques mots-clés n’a plus beaucoup de sens. Il faut renouer la discussion avec ses clients et s’en rapprocher. En B2B, où l’IA intervient plus tôt dans le parcours (34 % de requêtes de découverte dans l’industrie, contre 27 % en moyenne), cela passera par l’account-based marketing. Peu importe de recruter des gens en masse, ce n’est pas le sujet. Il s’agit de tisser des liens à l’intérieur des entreprises et d’inverser la logique de la vente, comme nous l’avons expliqué dans notre cours avec Yves Blandiaux.

En B2C, où l’IA s’invite dès la découverte (36,6 % des requêtes dans le luxe et la beauté, 33 % dans le retail), il faudra bien fidéliser ses clients, recruter des fans de la marque et les travailler sur les médias sociaux, encore mieux qu’avant. Il restera la bonne vieille newsletter, les contenus et les listes de diffusion en propre. C’est cela qu’il faudra travailler en priorité. C’est peut-être, dans un sens, une bonne nouvelle pour la relation client.

Le vrai risque : un web qui se referme

Au-delà du bénéfice pour les acteurs du GEO, l’issue me paraît encore floue. Et je vois un risque à moyen et long terme. Si créer du contenu devient très difficile pour tout le monde et ne rapporte plus rien, le contenu aura tendance à se mettre derrière des paywalls. Au lieu d’un contenu disponible pour tous, qui était la promesse d’Internet, nous reviendrons à du contenu privé et cher, distribué uniquement à des clients précieux qui ont payé.

Quelques réserves de lecture

Quelques précautions de lecture s’imposent. Converteo et Qwairy évoluent eux-mêmes dans le conseil et le GEO. Il est naturel que leurs conclusions, comme l’instabilité de 92,7 %, appellent un suivi dans la durée, ce qu’ils proposent. L’étude offre par ailleurs une photographie de 11 jours. Elle décrit le « mur de l’autorité » comme une corrélation, tout en employant un vocabulaire causal. Cela ne prouve pas à lui seul que l’autorité du domaine soit la cause des citations.

Sources

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