Le bilan du SEO et GEO Summit avec Elliott Bobiet
Le sujet du GEO a occupé le SEO et GEO Summit des 15 et 16 octobre à Disneyland Paris, qui a réuni 793 participants pour sa huitième édition. J’ai prolongé la discussion avec son cofondateur, Elliott Bobiet (SEO.fr), expert du référencement depuis près de dix-sept ans. Entre le référencement classique et les moteurs de réponse, les entreprises veulent savoir ce qui change et ce qui reste valable. Elliott a une position nette. En résumé, les méthodes restent, mais la manière dont un prospectUne activité incontournable car les entreprises B2B perdent entre 5% et 15% de leurs clients chaque année trouve une marque a basculé. Ce qui fait dire à Elliott que nous sommes quand même en train de vivre une révolution du référencement.
SEO et GEO, ce que le Summit 2026 révèle de la visibilité dans les IA

Un virage multicanal pour le SEO et GEO
Elliott, quel bilan tires-tu de cette édition à Disneyland Paris ?
Nous avons accueilli 793 participants, venus pour le GEO, le SEO, l’AIEO, l’AIO, quel que soit le nom qu’on lui donne. Les termes ne manquent pas, mais tous désignent le référencement dans les IA. C’est un record pour nous, puisque nous frôlons les 800. Au Parc des Princes, nous avions approché les 650. Nous franchissons donc un nouveau palier.
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La communauté compte beaucoup de directeurs marketing, de CMO et de responsables communication. Ils ne viennent pas du SEO pur, mais ils comprennent que, pour faire de la communication et être référencé sur le web, le GEO revient à être référencé sur le web. Le lieu à Disneyland Paris est magnifique, et la salle comme le format nous ont plu. Les participants étaient aimables et désireux d’échanger.
Nous validons aussi l’ouverture aux différents canaux d’acquisition. Le SEO est un canal d’acquisition, le GEO est le regroupement, pour dévoiler un peu la suite, de tous les canaux d’acquisition.
« Le SEO est un canal d’acquisition, le GEO est le regroupement de tous les canaux d’acquisition ».
Elliott Bobiet, cofondateur du SEO & GEO Summit

Le SEA, les social ads, le CRM et le marketing automation au programme, est-ce un aveu que le SEO seul ne suffit plus ?
Complètement. Nous parlions déjà du GEO en avril 2025, voire un peu avant. En octobre 2025, lors de l’édition au Parc des Princes, un basculement s’est produit. Les gens se sont mis à s’interroger sur ce référencement dans les IA et sur la nécessité de s’y intéresser. Nous avions alors fait venir des copywriters et des intervenants sur le local et les fiches Google My Business.
Nous avons renforcé ce virage en mars 2026, toujours au Parc, puis nous l’avons assumé à Disneyland Paris en octobre 2026. Le programme a compté du SEA, du Facebook Ads, du LinkedIn Ads, de l’organique sur LinkedIn et sur les réseaux sociaux, de l’emailing. Tous les canaux d’acquisition étaient représentés, car pour être présent dans les IA, le principe est assez simple. Ces modèles sont probabilistes et non déterministes.
Les vertus de la répétition
Il faut répéter ses contenus. Plus tu communiques sur les différents canaux, plus tes contenus ressortent dans les IA. Il faut aussi accepter qu’en posant dix fois la même question, tu n’obtiendras pas dix fois la même réponse. On ne raisonne plus en « je suis premier, je suis deuxième, je suis troisième sur Google ». On observe une tendance à être le plus cité.
« Plus tu communiques sur les différents canaux, plus tes contenus ressortent dans les IA ».
Elliott Bobiet, cofondateur du SEO & GEO Summit
Prenons les études marketingLe questionnaire quantitatif (ou enquête) est une méthode d’étude de marché qui fait partie des plus utilisées. qui comparent deux sodas. Tout le monde ne répond pas Coca ou Pepsi. Il existe une tendance pour l’un, une tendance pour l’autre, qui varie selon les états ou les villes. Aucun canal d’acquisition ne peut donc plus se travailler seul, et l’entreprise doit décloisonner ses services. Aujourd’hui, le service influenceurs travaille avec ses influenceurs, le service RP fait ses relations presse, la communication produit ses flyers et ses affiches en 4 par 3, et le digitalDéfinition marketing digital, un terme utilisé en permanence et pourtant bien mal compris car mal défini mène ses campagnes organiques et son SEO.
La bonne approche consiste à partir du message que l’on veut faire passer, du canal où se trouve l’audience, et de la façon de décliner ce message dans des index et dans des formats. Il devient un communiqué de presse, un podcast, des formats courts, des articles de blog, des carrousels, des articles LinkedIn. Ce mode de fonctionnement change vraiment les habitudes. Il va se mettre en place tranquillement.
GEO : révolution ou continuité pour le SEO ?
L’IA est-elle une révolution, ou la énième après le mobile, la voix et les featured snippets ?
Je dis quand même révolution. Avant, tu avais des liens bleus. Google te proposait des résultats, tu lisais ces contenus et tu faisais toi-même ton benchmark et ta décision. Une IA, c’est complètement différent. Elle adopte un ton directif et te donne la réponse. La manière dont elle est présentée donne envie de la croire.
Quand une IA t’annonce que la meilleure tondeuse pour ton terrain boueux et en pente, dans le Vercors par exemple, est tel modèle, tu as tendance à la suivre. Avant, on restait responsable de ses choix. Maintenant, on se dit que c’est l’IA qui l’a dit.
Le prospect qui t’a trouvé via les moteurs génératifs, ChatGPT ou AI Overview, est donc encore plus qualifié. Tu remarqueras qu’on ne parle même plus de Perplexity. Il y a quelques mois, je citais encore le trio infernal. Aujourd’hui, c’est un duo. Le prospect écoute la réponse, et la situation est encore plus scabreuse pour les marques, car il n’y a presque plus qu’une seule d’entre elles qui est citée. Plus exactement, quelques-unes seulement le sont. Tu demandes une recommandation, l’IA en propose deux ou trois, pas dix ou quinze comme avant.
Et en prime, les internautes ne cliquent plus sur les liens.
C’est effectivement très différent. Un moteur génératif n’est pas là pour t’envoyer du trafic. Le trafic reste à surveiller, mais il ne suffit plus à dire si tu réussis ou si tu pars dans la mauvaise direction.
Je dis donc révolution pour cette raison. Sur un autre point, je rejoins l’ensemble des experts SEO. Les méthodes que nous utilisons pour être présent et cité dans les IA ne sont pas révolutionnaires. Ce sont un peu les mêmes méthodes que nous avons depuis les années 80.
Cette observation rejoint l’étude du Pew Research Center, publiée en juillet 2025. Elle mesure un clic sur un lien classique dans 8 % des visites quand un résumé IA de Google s’affiche, contre 15 % sans résumé.
« Les méthodes que nous utilisons pour être présent et cité dans les IA ne sont pas révolutionnaires ».
Elliott Bobiet, cofondateur du SEO & GEO Summit
Explique-nous simplement comment les modèles de langage sélectionnent, exploitent et citent les contenus.
Le modèle ne choisit pas de sources, il reformule tout ce qu’il a lu sur le web. La répétition joue donc un rôle central. Quand tu poses une question à ChatGPT, il la décompose en sous-questions. Si tu demandes la meilleure tondeuse, il cherche « meilleure tondeuse 2026 » et « comparatif tondeuse 2026 », puis teste des termes comme « terrain boueux » ou « terrain en pente ». Il va récolter l’information sur le web.
Pour cela, il passe par Google. ChatGPT n’a pas d’index aujourd’hui, il doit donc scraper Google. Il ne récupère que le top 10, parce que Google a bien compris la valeur de sa donnée et ne veut pas se faire scraper. Les tensions entre ChatGPT et Google sont nombreuses. C’est pourquoi ChatGPT utilise aussi Brave, un moteur qui propose une API et facilite beaucoup la récupération d’information.
Il rassemble ces éléments, il fait sa tambouille et il redonne la réponse. Le mécanisme réel est beaucoup plus complexe que ce que je décris, mais en gros, un élément répétitif ressort. Si ta marque apparaît tout le temps dans le top 10 de « meilleure tondeuse 2026 », elle a de fortes chances d’être recitée. Pas forcément en première position, mais tu ressors parce que tu étais présent partout.
OK, c’est bon pour les tondeuses. Mais si je vends des engrais au phosphate, en B2B très pointu, le GEO est-il pour moi ?
Tout est fait pour le B2BEn réalisant ce glossaire Visionary Marketing s'est heurtée de front à un problème de taille : faut-il écrire BtoB ou B2B ? comme pour le B2C, pour la vente complexe comme pour la vente simple. Les acheteurs en B2B sont des acheteurs en B2C. En sortant du travail, tu achètes ta brique de lait ou tes tomates chez Leclerc, comme tout le monde. Nous avons déjà connu cela à l’arrivée du web. On disait que les acheteurs B2BComportement de l’acheteur en B2B : Internet et réseaux sociaux ont bouleversé le comportement de l’acheteur en B2B qui se rapproche du B2C n’utilisaient pas Google et qu’ils avaient leurs listings de décideurs et d’entreprises. Les sociétés qui vendaient ces listings n’ont pas coulé, elles se sont digitalisées. Le principe est le même.
Cela concerne tous les secteurs, car plus de 90 % des Français utilisent une IA dans leur processus de décision. Cette étude a été commandée par SEO.fr et réalisée par OpinionWay. Elle n’exclut pas le B2B. Il y a un côté exceptionnel à dire « je vais demander à ChatGPT, il va faire mon travail pour moi ou il va me sortir quelque chose d’incroyable ». Utiliser Google, à ses débuts, n’avait rien de valorisant socialement. Beaucoup de gens utilisent aujourd’hui ChatGPT ou AI Overview, l’IA de Google qui se déclenche quand tu tapes ta requête comme avant.
Ni Google ni Overviews ne donnent le meilleur résultat
AI Overviews ne donne pas forcément les meilleurs résultats. Quand tu étais premier sur Google, tu n’étais pas le meilleur, tu étais celui qui avait fait le travail pour y arriver. Rien ne justifie d’exclure le B2B. Au contraire, plus une information est difficile à trouver, plus l’IA devient utile, puisqu’elle trie des millions de tokens et de paramètres pour la retrouver.
Un dernier mot sur le fonctionnement de ces moteurs. AI Overview procède de la même manière, sauf qu’il ne recourt à aucun index, puisqu’il utilise celui de Google. Quand on a annoncé que ChatGPT allait manger Google, il fallait être soit naïf, soit complètement déconnecté du sujet. L’index de Google a une énorme valeur. Il classe les liens et distingue un contenu utile d’un contenu spam, et il le fait depuis vingt ans. Avant qu’un modèle de langage devienne un classifieur aussi performant, on peut attendre un bon moment.
Le GEO est-il une discipline à part entière, ou le SEO et le GEO avancent-ils main dans la main ?
Et pas seulement. ChatGPT interroge Google, mais pas uniquement. Dans les réponses d’AI Overview, tu vois des liens vers des sites internetLe site web B2B est la vitrine digitale de votre entreprise. C'est le moyen le plus simple et efficace de présenter les produits et services de votre entreprise à vos futurs clients., et d’autres sources encore. Dans Google, de petits onglets sont apparus depuis longtemps, local, actualités, vidéo, shorts. Ce sont ce que j’appelle des index. Le modèle les exploite tous, selon le type de requête que tu lui soumets, ce que l’on appelle un prompt.
En réalité, les utilisateurs n’ont pas encore compris ce système de prompt. Ils saisissent encore des requêtes de quelques mots. Dans quelques mois ou quelques années, ils écriront plusieurs phrases.
Les requêtes s’allongent déjà. Je dicte moi-même parfois une page entière d’instructions.
En effet, il faut donner du contexte à l’IA, et les gens vont comprendre que plus ils en donnent, plus ils obtiennent de précisions. Reprenons la tondeuse. Veux-tu t’embêter chaque hiver à la bricoler avec ton tournevis, ou préfères-tu appuyer sur un bouton et que cela marche ? Ce paramètre fait partie de ceux dont l’IA a besoin pour te renseigner.
Le SEO & GEO Summit en bref
Créé en 2017, le SEO & GEO Summit se présente comme la plus grande conférence francophone dédiée au référencement, à la visibilité en ligne et à l’IA. L’édition 2026 s’est tenue les 15 et 16 octobre à Disneyland Paris. Elle a réuni 793 participants, une trentaine d’exposants et 50 conférences, dont une quinzaine de retours d’expérience. Le rendez-vous est donné en 2027.
Programme et informations sur seo-summit.com.
Ces autres canaux qui comptent
On constate alors que YouTube compte, que LinkedIn compte, que Reddit compte, même si l’opportunité a été réduite, et que les forums comptent aussi, au même titre qu’Instagram et TikTok. Tous les index comptent, c’est-à-dire tous les endroits où l’on peut publier du contenu, quelle qu’en soit la forme. Je ne parle pas seulement du format HTML. Cela peut être de la vidéo ou de l’audio, des podcasts sur Spotify, Deezer, Apple Podcasts ou YouTube.
Pour chaque question que pose ton personaLe persona B2B permet de définir qui sont vos acheteurs cibles., il faut comprendre comment les IA choisissent l’index le plus utile. Faut-il une photo, une vidéo, un texte de mille mots ? Selon la réponse, elles vont chercher dans les bons index. Être bon en SEO t’aidera évidemment à ressortir en GEO. J’ai pourtant plein d’exemples de marques qui ressortent sans être bonnes en SEO, parce qu’elles sont excellentes sur YouTube. Il faut être excellent sur un canal au moins et très bon sur tous les autres. Aujourd’hui, être seulement excellent en SEO ne suffit plus.
« Il faut être excellent sur un canal au moins et très bon sur tous les autres ».
Elliott Bobiet, cofondateur du SEO & GEO Summit
Sur un marchéLa notion même de marché B2B ou B2C est au cœur de la démarche marketing. Un marché est la rencontre d'une offre et d'une demande où personne n’a encore activé de méthode GEO, cela fonctionnera, évidemment, puisque le GEO en est à ses débuts. Google ne se prend pas trop la tête. Il utilise son top 10 pour générer une réponse, et dans AI Overviews, il cite aussi du YouTube. Très souvent, le premier résultat YouTube sur la requête donnée est celui qui ressort. Il faut donc être premier sur l’index que l’IA va utiliser.
Je pense qu’il faut abandonner la question « si je suis bon en SEO, est-ce que c’est bon pour le GEO ou pas ? ». La seule question qui compte consiste à savoir si je suis présent partout où mon persona cherche et où il est logique que je sois.
Mesurer et acheter sa visibilité en SEO et GEO
Comment mesure-t-on sa visibilité dans les réponses IA, et que valent les outils de suivi ?
Je ne vais pas en citer, car j’en oublierais et ils ne seraient pas contents. Il existe un peu plus d’une dizaine d’outils sur le marché, tous globalement fiables dans leur mode de fonctionnement. Les limites viennent du mécanisme du GEO lui-même. Elles tiennent à deux problèmes.
Le premier, c’est que l’on ne sait pas quel prompt l’internaute a tapé. Pour mesurer sa visibilité dans les IA, il faut fournir une donnée d’entrée, et cette donnée est le prompt, la recherche de l’internaute. Il existe des méthodes pour définir ces prompts. La meilleure revient aux anciennes méthodes, celles d’Eugene Schwartz et des grands copywriters, à savoir le focus group. Tu places tes utilisateurs ou tes clients devant une IA, devant un écran, et tu enregistres ce qu’ils tapent. Un intervenant peut se tenir derrière chaque personne pour observer.
Le déclaratif fonctionne aussi
Le déclaratif fonctionne aussi. Tu peux interroger les clients au téléphone si tu as un service après-vente ou un service commercial. Tu peux ajouter un formulaire sur ton site ou en envoyer un à tes clients. Les possibilités sont nombreuses, mais elles ramènent à une donnée que nous n’avons pas aujourd’hui. L’IA peut nous aider, mais elle ne la possède pas non plus. Une IA comme Grok, au contraire, dispose de tous les tweets. Elle est donc assez bonne sur les sentiments et sur ce qui te gêne actuellement, sur tes douleurs. Pour ChatGPT, c’est un peu plus compliqué.
Il faut donc trouver les prompts, et il existe des moyens d’y arriver. Même si l’on est approximatif, il vaut mieux faire quelque chose d’approximatif que ne rien faire du tout. Ceux qui me disent « comme on ne connaît pas les prompts, ça ne sert à rien de traquer » tiennent un raisonnement un peu idiot. Autant ne rien faire et se tromper complètement à 100 %.
« Il vaut mieux faire quelque chose d’approximatif que ne rien faire du tout ».
Elliott Bobiet, cofondateur du SEO & GEO Summit
Des modèles probabilistes
Le second point découle de ce que j’ai dit tout à l’heure. Ces modèles sont probabilistes et non déterministes, donc il faut raisonner en tendances. Dans la majorité des cas, tu es cité ou tu ne l’es pas. Tu peux être bien cité, simplement mentionné, cité parmi les premiers ou parmi les derniers. Tu peux aussi observer si ta marque semble plutôt aimée ou mal aimée, et si ce que dit l’IA reste cohérent avec ta marque. Une IA peut dire des choses fausses sur toi.
Avant, on était premier sur Google, et premier partout, dans tous les data centers et dans plein de villes. Même aujourd’hui, sur une SERP, on voit qu’entre Marseille et Paris, les résultats diffèrent. Entre un utilisateur A et un utilisateur B, le flux Google Discover n’est pas le même, et la SERP non plus. Je m’aperçois que tout cela est un peu…
Ces outils sont plutôt bons, mais semblent encore complexes…
Ils vont s’améliorer et apporter de nouvelles compétences et de nouvelles manières de faire. Ils ne sont pas figés. Ce sont les outils de demain. Avant, nous avions des outils SEO qui calculaient nos positions et notre trafic. Nous disposons maintenant d’outils qui montrent que nous sommes mentionnés ou non dans les IA. Ils évolueront aussi avec ce que deviendra le GEO et avec le fonctionnement futur des IA.
Peut-on acheter sa place dans un LLM, comme on a voulu acheter la première place dans Google ?
Clairement oui, comme pour le SEO. Je n’aime pas trop l’expression « acheter sa place », parce qu’elle sous-entend que le résultat est garanti. Comme dans le SEO, on reste soumis à des algorithmes. Pour être numéro 1, il faut que le numéro 2 ait un peu moins travaillé que toi. Si ton concurrent travaille plus dur avec plus d’investissement, tu auras du mal à rattraper ton retard.
On peut agir pour être cité dans les IA, et heureusement. Google a lancé ses publicités dans AI Overviews, donc tu peux acheter ta visibilité. La plateforme reste un peu archaïque. Elle vient tout juste de sortir et n’offre pas du tout le niveau de ciblage par affinités que l’on connaît avec Meta. Il est aussi compliqué d’être présent en publicité sur AI Overview. Il existe quelques petites techniques, mais cela reste difficile.

Tu peux néanmoins agir en achetant des mentions sur des sites, pour que le web parle de toi. Tu peux investir dans les relations presse, être présent dans les médias, faire de l’influence marketing et obtenir que des influenceurs parlent de toi sur LinkedIn et sur YouTube. Les méthodes sont nombreuses, mais on se situe au même niveau que le SEO. Si des concurrents investissent plus que toi, tu peux rester numéro 2 à vie.
« Si des concurrents investissent plus que toi, tu peux rester numéro 2 à vie ».
Elliott Bobiet, cofondateur du SEO & GEO Summit
Fin de partie pour l’organique pur, il faut sortir le portefeuille ?
De toute façon, le véritable organique pur n’a jamais fonctionné. Les plateformes t’ont fait croire qu’une vidéo pouvait devenir virale d’un coup et réunir des millions de vues. En réalité, si tu fais des bêtises dans la rue, tu peux réaliser une vidéo à un million de vues qui ne rapporte rien. Quand tu possèdes une marque et que tu veux vendre, générer des vues sur un produit est beaucoup plus compliqué. L’organique a toujours été difficile.
Mais l’organique se force. Quand tu paies des influenceurs, cela reste de l’organique. La publicité ne représente qu’une partie de ce qu’il y a à acheter. L’organique fonctionne donc, et l’on peut se positionner dans les IA avec ce que l’on appelle du naturel. Cela n’a jamais été naturel en réalité. Nous avons traduit SEO par « référencement naturel », mais le O signifie optimisation, car SEO veut dire search engine optimization. Avec le GEO, nous restons dans l’optimisation. Nous allons donc faire ce que nous avons toujours su faire.
Agents, données propriétaires et autorité
Visionary Marketing est souvent cité par ChatGPT, mais personne ne clique. À quoi cela sert-il ?
Les IA doivent bien engranger la donnée d’une manière ou d’une autre. Demain, nous aurons peut-être des MCP, et la donnée passera par un autre canal, par API ou autrement. On peut aussi imaginer un internaute qui achète avec des agents. Pour des achats à faible engagement, par exemple un acheteur B2B qui commande des stylos, des ciseaux ou des tables pour l’entreprise, il dira à son agent de se débrouiller et de se faire livrer après-demain. Il est très probable que l’agent parle à l’agent IA d’Amazon, que celui-ci fasse la sélection parmi ses vendeurs et fasse livrer les stylos.

Un acheteur B2C qui veut une table de jardin pourra se faire assister par l’IA pour le design. La table va-t-elle bien avec ta véranda ? La couleur convient-elle ? Oui, l’IA l’assistera. Mais de là à laisser un agent partir seul sur le web sans savoir où ni quoi acheter, j’ai encore du mal à y croire.
Faut-il donc que j’écrive mon site pour des machines qui parleront à des humains ?
Très probablement, oui. Nous aurons un jour du référencement d’agent, et cela va arriver assez vite. Il faudra savoir quels critères utilise un agent acheteur et comment il choisit. La fenêtre pop-up qui annonce une réduction pour toute commande dans les trois minutes, l’agent ne va ni la lire ni l’utiliser. Aura-t-il les mêmes hacks psychologiques qu’un humain ? On ne sait pas.
L’IA fait perdre pied
L’IA va très vite, et les gens peuvent vite perdre pied. J’essaie donc de ne pas trop me projeter et de rester terre à terre. Aujourd’hui, quand on voit ton média ou ton nom dans une réponse, on a l’information et on ne clique pas. C’est comme la taille de Michael Jordan. On donne la taille, mais parmi tous ceux qui la demandent, un petit pourcentage veut en savoir plus. Ces personnes vont sur la page Wikipédia ou demandent à l’IA davantage d’informations, et ces informations seront sourcées.
Je suis donc d’accord sur un point. Le contenu informatif est en danger, parce que les IA le fournissent directement à la source. Mais quand tu veux acheter un produit, demander à un commercial de véranda de venir chez toi, ou acheter des produits complexes en B2B, avec des normes précises à respecter et un produit qui doit s’adapter à ton usine ou à ton secteur, il te faut un service en face. Il est encore compliqué aujourd’hui de faire fonctionner cela réellement avec l’IA.
« Le contenu informatif est en danger, parce que les IA le fournissent directement à la source ».
Elliott Bobiet, cofondateur du SEO & GEO Summit
Les sites d’information souffrent, et Jimmy Wales s’en inquiète. Quel contenu garde de la valeur ?
Ma conférence portait sur la rente éditoriale, et la réponse est simple. Ce qui garde de la valeur, c’est la donnée propriétaire. C’est ce que nous faisons pour nos clients. Il s’agit de produire ses propres analyses et de donner des chiffres que l’IA ne peut pas fournir. La taille de Michael Jordan, tout le monde la connaît. Le temps de cuisson de la côte de bœuf, probablement aussi. En revanche, le meilleur barbecue pour cuire des côtes de bœuf sur un balcon, le meilleur produit pour traiter des fumées ou n’importe quel sujet complexe en B2B relèvent d’une donnée que l’IA n’a pas déjà.

« Ce qui garde de la valeur, c’est la donnée propriétaire ».
Elliott Bobiet, cofondateur du SEO & GEO Summit
En B2B, chaque entreprise doit produire sa propre donnée en interrogeant ses clients, pour donner des chiffres que l’IA ne possède pas. Tu peux mener des études propriétaires et te faire aider par des professionnels comme OpinionWay. On n’y est même pas obligé. Tu peux prendre ton top 100 de clients, leur poser des questions et produire, comme avant, une infographie. L’IA doit ressortir ce contenu, car il répond à l’attente de l’internaute qui pose une question.
Il faut ensuite le diffuser, sur des sites web, sur des chaînes YouTube ou sur des comptes d’influenceurs. Il n’existe pas cinquante endroits possibles. Un site web thématisé, sur lequel des marques te paient pour diffuser leurs communiqués de presse et que les IA lisent un maximum de fois, a une vraie valeur. Même si demain nous transmettons la donnée par MCP, il faudra un réceptacle où déposer le contenu. Le nom de domaine ne peut donc pas perdre de valeur, surtout si le contenu est bien travaillé. Quand on génère du contenu en masse avec de l’IA, on répète tous la même chose, parce que l’on recycle ce que l’IA connaît, avec les mêmes chiffres.
Mon vieux site, avec 30 ans d’historique, des backlinks et des contenus originaux, serait donc gagnant ?
Oui, tout à fait, parce qu’il possède l’autorité. En SEO, nous appelons cela l’EAT, ou E-E-A-T (expérience, expertise, autorité et fiabilité). Tu es un auteur reconnu. De nombreux médias ont parlé de toi. Tu signes tes articles sur ton blog, tu as donné des conférences, tu es une personne physique que l’on a déjà vue. Tu n’es pas un faux auteur que l’on pourrait créer avec une génération de photos.
Tous ces éléments rendent extrêmement compliqué de fabriquer une fausse personne et de faire croire, à un niveau important, qu’un auteur existe. Tu as écrit des livres, tu figures dans des bases de données de conférenciers et d’auteurs. Quand l’IA ira sourcer ton site et te recitera, tu auras donc une expertise que d’autres ne peuvent pas avoir, et qu’un site web de deux mois n’aura jamais.
Quel conseil donnes-tu à un directeur marketing ou à un CDO pour 2027 ?
Je lui conseille de revenir à la base. Il doit identifier son persona et les endroits où il est présent. Ce persona écoute peut-être des podcasts à 6 heures du matin en faisant son jogging. Il regarde peut-être YouTube à 22 heures pendant que ses enfants et sa femme dorment. À moins qu’il lise encore des livres. Il faut raisonner multicanal, offline et online, et en cibler trois ou quatre.
Attention aux incohérences
Ce qui fait bugger les IA, c’est l’incohérence. Si ton site indique que tout ferme à 9 heures, ta fiche Google My Business à 10 heures et d’autres sites à 11 heures, tu peux disparaître des IA, c’est-à-dire n’être jamais cité. L’IA trouve une donnée incohérente et la met de côté. Elle ne pense pas à te demander de vérifier. Une marque doit donc rester cohérente dans toutes ses informations, car un produit ne peut pas être à 9 euros ici et à 8 euros ailleurs. Cela fait littéralement bugger une IA.
« Ce qui fait bugger les IA, c’est l’incohérence ».
Elliott Bobiet, cofondateur du SEO & GEO Summit
Il faut donc vérifier que tout ce que tu dis, et toutes les prises de parole des acteurs qui parlent de ton entreprise, disent la même chose. Elles doivent aussi viser ton persona. Si tu as compris sa douleur, son désir profond, ce qui le réveille la nuit, ce qui lui fait peur et comment soulager sa douleur, tu dois marteler ces éléments sur des sites internet. Tu réalises des études internes avec ta donnée propriétaire, tu la distribues sur des sites web, sur des chaînes YouTube, sur des comptes d’influenceurs. Toutes les prises de parole de l’entreprise doivent répondre aux questions que se pose ton persona, c’est-à-dire aux prompts.
L’âge du fondateur, on s’en moque. Certaines prises de parole ne servent à rien, et il est inutile de continuer. Prenons le vendeur de ballons de basket qui publie une fiche sur chaque joueur dans un blog informatif. Il n’a aucune donnée à apporter, et ce sont déjà des données de Wikipédia. Il peut arrêter tout de suite, puisqu’il reprend des données du web pour les remettre sur son site. En revanche, une vidéo YouTube qui donne des informations compilées, qui n’étaient pas toutes au même endroit, présente un intérêt.
Ma conclusion sur le SEO et GEO en 2027
Elliott redonne le moral à ceux qui cultivent leur jardin. En B2B surtout, il faut s’intéresser aux douleurs de ses clients, les documenter, apporter des solutions et aider véritablement les gens. Cela me rappelle les blogs d’Orange Business Services, où nous faisions exactement cela, avec de bons résultats. Les bonnes recettes continuent de marcher, y compris pour le SEO et GEO. Un mot enfin sur Wikipédia. Son fondateur, Jimmy Wales, s’inquiète pour son avenir, et ceux qui le peuvent gagneraient à soutenir ce bien commun. Merci Elliott, et rendez-vous en 2027 pour le Summit.
Sources et références
Voici quelques liens pour poursuivre votre lecture :
- Site officiel du Summit, programme 2026
- Google, explication sur AI Overviews et AI Mode
- Pew Research Center, les clics et les résumés IA de Google, 22 juillet 2025
- OpinionWay pour SEO.fr, étude sur les moteurs de recherche et l’IA
- Brave Search API
- Copyblogger, le système d’écriture d’Eugene Schwartz
- Anthropic, présentation du Model Context Protocol
- AFP via TechCentral, Jimmy Wales et Wikipédia, 22 juin 2026
- Google Search Central, E-E-A-T, 15 décembre 2022
À propos d’Elliott Bobiet
Elliott Bobiet est expert SEO, avec 17 ans d’expérience en SEO on-site, SEO off-site et optimisation des performances web. Il accompagne entreprises, médias et acteurs du digital sur leur visibilité dans Google et, plus récemment, dans les moteurs d’IA via le GEO. Il est cofondateur du SEO & GEO Summit et de ContentRank.
Il anime la newsletter L’Écosystème SEO, un podcast, des lives YouTube et le média du même nom. Il intervient à la Masterclass SEO et au Séminaire SEO, et il est ambassadeur de l’outil Yooda. Ses articles sont réunis sur SEO.fr.






