Une étude prouve que les « digital natives » n’existent pas

Une étude vient nous prouver que les « digital natives » n’existent toujours pas : digital natives, générations X, Y, Z et maintenant alpha, sont un marronnier du Web et de la littérature. En tant que digne représentant de la génération archaïque des baby-boomers, je suis d’ailleurs disqualifié. N’étant pas né après 1964 (c’est précis), je n’ai pas voix au chapitre. Et je suis destiné, avec mes congénères, à la disparition. A terme, notons que cela se vérifie pour toutes les générations y-compris pour celles qui nous considèrent obsolètes.

Une étude démontre que les “digital natives” n’existent pas

Digital natives
Une étude démontre que les digital natives n’existent pas – Midjourney a une vision des digital natives assez dystopique et très éloignée de la réalité. Heureusement…

Ce marronnier, je le décrypte déjà depuis quelques années, et j’ai profité, pour le remettre au goût du jour, de la découverte d’une étude de la fondation ECDL (European Computer Driving Licence), commentée par Rue89 (qui ont plagié mon titre de 2012, et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai découvert le rapport).

La vérité est choquante est que, selon les études, décidément les faits sont têtus. Il n’existe pas de digital natives.

Cette étude de l’ECDL vient à nouveau battre le mythe en brèche.

digital natives
Décrite de façon humoristique et légèrement caricaturale, dans le film While We’re Young, deux générations à l’opposé des stéréotypes. Les vieux obsédés par le jeunisme et la techno. Les jeunes attirés par tout ce qui est vintage (vélos, chaînes HIFI et disques vinyles, vieux postes de TV, meubles artisanaux etc.). Caricatural mais pas faux.

imageQuelle que soit la terminologie employée, avec plus ou moins de précision, les prémisses sont les mêmes.

Les digital natives (génération Y, Z, Alpha etc. remplacez le terme de base par ce que vous voulez), sont surdoués en informatique. Les autres sont nuls. Surtout les « vieux ».

Prensky, l’inventeur du terme « digital natives »

Le fait d’être né après 1980 (selon Prensky, l’inventeur de cette notion fantaisiste, qui a d’ailleurs mis de l’eau dans son vin par la suite) vous donne un avantage concurrentiel sur les autres.

Les infographies sur le Web abondent, les poncifs s’enchaînent, les anecdotes se succèdent, mais la réalité et la science ne reculeront pas.

Il est temps de rétablir la vérité, grâce à cette étude de l’ECDL, certes qui prêche un peu pour sa propre paroisse, qui souligne l’urgence d’une formation des jeunes en digital.

Elle donne quelques chiffres impressionnants sur l’inculture de ceux-ci dans certains pays (je nomme l’Autriche principalement).

Des conséquences graves sur la société et le fonctionnement des entreprises

Il ne s’agit pas de faire de ce sujet un point de méthodologie ni de s’arc-bouter sur une notion finalement peu importante.

Comme le signale l’étude de l’ECDL, les mauvaises conceptions autour de cette génération Y / digitale natives a des conséquences graves.

Pour la société, l’enseignement, le fonctionnement des entreprises.

Dans l’article précédent, où je traitais de ce sujet, j’insistais aussi sur les dangers de l’ostracisme envers les générations plus anciennes, déjà victimes de la mise à l’écart dès qu’elles ont passé la cinquantaine d’années.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les mises à la pré-retraite ne sont pas moindres aujourd’hui, elles sont plutôt déguisées.

Sans parler de la pression intergénérationnelle que cela peut engendrer à l’intérieur des entreprises.

Tout cela est très nocif et va à l’encontre de la nécessaire et saine collaboration entre les diverses générations.

Collaboration qui peut amener harmonie, enrichissement personnel et collectif, et surtout efficacité à l’intérieur des entreprises.

Une étude sur le caractère fallacieux du terme « digital natives »

La sacralisation de ces mauvais concepts par des managers, souvent hors du coup matière de digital, relève plus de la diversion et de la modernisation par procuration.

Surtout, le concept de digital native, ne résiste pas à l’épreuve des faits.

L’étude est plutôt contre-intuitive.

Elle conclut au péril de l’absence de formation des jeunes en termes de compétences digitales.

Car exposition à la technologie ne signifie absolument pas qu’on est capable de l’utiliser correctement ni surtout avec discernement.

Des utilisateurs avancés en minorité en Australie, Autriche et ailleurs

Citons en Australie, selon l’étude ECDL, une proportion très faible capable d’utiliser de façon avancée les technologies de l’information. Pas plus de 15 % de la population estudiantine. Alors que seuls 45 % de ces étudiants sont décrits comme ayant des compétences rudimentaires dans ce domaine.

Des résultats catastrophiques

En Autriche, la tendance est encore plus faible. 7 % des 15 à 29 ans possèderaient de bonnes compétences en informatique. Mais ils sont certainement très forts en téléchargement illégal, rassurez-vous.

En Italie les résultats sont encore plus catastrophiques. Tout ceci n’est pas décorrélé des résultats du commerce électronique dans ces différents pays.

[Je passe sur la nécessité de protéger le Wifi, car je ne suis pas persuadé que ce soit véritablement un point très important.

Cela fait 15 ans qu’on essaie de me convaincre du contraire, et je n’ai pas encore vu où était le problème.

Même si les narrations paranoïaques dans ce domaine sont nombreuses. On est même passé par des histoires rocambolesques sur le “chalk-boarding”.

Le souci principal en Europe serait plutôt sur l’absence de Wifi gratuit à mon avis.]

Une autre étude sur les digital natives : ICLS

Surtout, à un niveau international et sur de grandes cohortes, (étude de l’ICLS) que seuls 2 % les étudiants sont considérés atteindre le meilleur niveau. Celui qui requiert la possession de l’esprit critique lors de la recherche des informations en ligne.

Quiconque fait de enseignement sait la bataille qui doit être engagée contre le plagiat et le copier-coller. Le risque, souligne l’ECDL, est élevé.

Notons enfin qu’en République tchèque et au Danemark, les scores de capacité informatique des jeunes sont meilleurs.

Je vous laisse lire le reste de l’étude. Et vous plonger ou replonger dans les analyses des professeurs Casilli et Folon. Voir Les digital natives n’existent pas.

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