Ademe : réduire l’usage de l’email pour réduire l’effet de serre

L’Ademe, la très sérieuse agence nationale pour les économies d’énergie, a mis les pieds dans le plat : l’utilisation abusive du mail contribue à l’effet de serre. L’usage du courrier électronique, dont je dénonce les abus régulièrement depuis plus de 10 ans (voir sur Slideshare la présentation dite du Hamster, et l’analyse de l’usage du mail sur mon site Web) a aussi des effets collatéraux en termes d’empreinte écologique. Démonstration :

Ademe : réduire l’usage de l’email peut aider à la réduction de l’effet de serre

Ademe : réduire l'usage de l'email peut aider à la réduction de l'effet de serre
Ademe : réduire l’usage de l’email peut aider à la réduction de l’effet de serre

En moyenne, 247 milliards de courriers électroniques ont été envoyés par jour dans le monde en 2009 en prenant en compte les spams. Un chiffre de 507 milliards est anticipé pour 2013.

Les scénarii ont montré que chaque collaborateur d’une entreprise française de 100 personnes reçoit en moyenne 58 courriels et en envoie en moyenne 33 par jour, dont la taille moyenne est d’environ 1 Mo. Ces envois de courriels entraînent des émissions de gaz à effet de serre. Sur la base de 220 jours ouvrés par an, ces dernières représentent 13,6 tonnes équivalent CO2.

  • Réduire de 10 % l’envoi de courriels incluant systématiquement son responsable et un de ses collègues au sein d’une entreprise de 100 personnes permet un gain d’environ 1 tonne équivalent CO2 sur l’année (soit environ 1 aller-retour Paris/New-York).Le cas spécifique d’une entreprise française dans laquelle un employé envoie un courriel de 1 Mo à plusieurs destinataires : 10 personnes puis 100 personnes, a été étudié. Les résultats ont montré que décupler le nombre de destinataires multipliait par 4 l’impact sur le changement climatique.
    Pour obtenir des données plus précises, les scenarii ont mesuré la différence d’impact de l’envoi d’un courriel de 1 Mo à 1, 2 ou 3 destinataires. Environ 6 g équivalent CO2supplémentaires sont émis pour chaque destinataire supplémentaire, ce qui représente environ 44 kg équivalent CO2 par an et par employé.
  • Diminuer de 10 % le taux d’impression des courriels reçus par les employés d’une entreprise de 100 personnes permet d’économiser 5 tonnes équivalent CO2 sur un an (soit l’équivalent d’environ 5 allers-retours New-York/Paris).

    Les scenarii ont comparé l’impact de l’impression d’une pièce jointe de 4 pages sous différents formats et constaté que l’impression a une forte influence sur le potentiel de changement climatique, tout comme le format d’impression sélectionné.
    Les scenarii ont aussi montré que les impacts de la lecture à l’écran d’un document reçu par courriel sont liés au temps de lecture, qui détermine le temps d’utilisation de l’ordinateur.
  • L’impact du stockage des courriels et des pièces jointes associées sur un serveur est un enjeu important : plus le courriel est conservé longtemps sur un serveur, plus il a un impact négatif sur le potentiel de changement climatique. Son rôle dans l’épuisement du potentiel des ressources fossiles est également accru.

    Pour parvenir à cette conclusion, les scenarii ont comparé l’envoi d’un courriel de 1 Mo à une personne, l’envoi d’un courriel de 1 Mo à une personne qui le sauvegarde pendant 6 mois sur son serveur, l’envoi d’un courriel de 1 Mo à une personne qui le sauvegarde pendant 3 mois sur son serveur avant suppression. Les conséquences sur le potentiel de changement climatique sont moins importantes quand la durée de sauvegarde est plus courte.
  • Diminuer de 10 % la proportion d’envoi de courriels de 10 Mo au sein d’une entreprise de 100 personnes permettrait un gain de 8 tonnes équivalent CO2 sur un an (équivalent à 8 allers-retours New-York/Paris).

    Pour obtenir ce résultat, les scenarii ont permis de mesurer et d’évaluer les impacts environnementaux générés sur un an quand 10 % des employés d’une entreprise française de 100 personnes envoient des courriels de 1 Mo sans compresser les documents qu’ils envoient (passage à un message de 10 Mo).

Lire la suite de l’article sur le site de l’Ademe

Yann Gourvennec
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