Etat des lieux du financement participatif des énergies renouvelables

Quel est l’état des lieux du financement participatif des énergies renouvelables ? L’an dernier Visionary Marketing avait interviewé le fondateur de KissKissBankBank, Vincent Ricordeau. Cette année, nous avons rencontré Nicolas de Feraudy, directeur général de Lendopolis, société du même groupe, qui est spécialisée dans le financement participatif autour de l’énergie renouvelable, avec des projets principalement orientés vers la construction de centrales solaires. Un bon moyen pour les français d’orienter leur épargne vers quelque chose de concret, de local et d’écologique. Voyons avec Nicolas où en est le financement de ces projets et comme la plate-forme Lendopolis attire les financements et les rémunère. Et on en profitera pour lever des mythes, notamment sur l’énergie solaire.

Le financement participatif des énergies renouvelables

Le financement participatif des énergies renouvelables
Champ d’éoliennes dans la Meuse : 90% des opérations de financement de projets d’énergie renouvelables chez Lendopolis sont cependant dédiés à l’énergie solaire – photo Visionary Marketing

90% de nos opérations sont liées à la construction de centrales solaires, précise Nicolas

50 millions d’investissements, et 25 millions levés en 2019

Le rythme de croissance est soutenu et s’explique, selon Nicolas, par différents facteurs, mais principalement par le fait que les pouvoirs publics militent pour que les citoyens orientent leur épargne vers l’économie productive et notamment vers les énergies renouvelables.

L’accroissement naturel vient aussi avec l’effet des années. Lendopolis existe depuis 2014, ce qui peut paraître jeune, mais c’est le plus tard qui puisse exister dans le financement participatif sous forme de prêts, puisque la réglementation date de 2014.

Lendopolis compte aujourd’hui 30 000 personnes inscrites, qui peuvent accéder aux différentes opportunités de placement proposées régulièrement chaque semaine.

Sur 30 000 inscrits, environ la moitié sont des investisseurs

La moitié des inscrits à Lendopolis ont passé le pas et ont déjà placé une partie de leur épargne dans un projet. C’est notre mission de convaincre l’autre moitié, souligne Nicolas.

Un investissement minimal à 20 €

La spécificité de Lendopolis est d’avoir démocratisé l’accès à ces placements à tous, en proposant le ticket le plus faible sur le marché, à seulement 20 euros. Il ne s’agit pas du ticket moyen qui est lui aux alentours de quelques centaines, voire quelques milliers d’euros.

Mais à partir de 20 euros, il est possible d’orienter une partie de son épargne vers quelque chose qui a de l’importance et qui à du sens aux yeux des épargnants.

Certains n’hésitent pas à investir 500 000 euros

Effectivement, notre plus gros ticket est venu d’une personne très fortunée qui a mis un ticket à 500 000 euros, déclare Nicolas. Après avoir commencé par des tickets moins importants, cette personne a compris que selon lui, ce placement était un bon couple rendement – risque. Nous sommes effectivement sur des produits qui, globalement, rémunèrent aux alentours de 5% par an, sur une durée de placement aux alentours de 4 ans. Il a alors a décidé de mettre une part plus significative de son patrimoine sur une opération.

Pour s’inscrire sur Lendopolis, il faut répondre à un certain nombre de questions, notamment réglementaires, Lendopolis étant contrôlée par l’Autorité des marchés financiers. Il faut donc remplir un profil et transmettre les pièces justificatives, pour ensuite avoir accès à toutes les opportunités de placement disponibles.

Lorsqu’une opération vous intéresse, vous pouvez télécharger toute la documentation afférente. Si vous décidez d’investir, il suffit de sélectionner le montant que vous souhaitez investir, signer un bulletin de souscription qui va permettre de réserver une place dans cette opération, puis faire un virement, ou pour les petites sommes régler par carte bleue.

Le rendement est de 5% brut par an. Les produits sont imposés à la flat tax, on est ainsi aux alentours de 3,5% net annuel, ce qui est un rendement plus qu’acceptable.

Un quota de solaire d’environ un quart du renouvelable en France

Aujourd’hui, le principal pourvoyeur d’électricité en France reste le parc nucléaire, souligne Nicolas. Mais les énergies renouvelables représentent environ 22 à 23% de la consommation finale d’électricité en France.

Sur ces 23%, près de la moitié est liée aux centrales hydroélectriques, historiques en France, et l’autre moitié au solaire, à l’éolien, à la biomasse.

Un financement assez logiquement mené par les institutionnels, mais 6% financé par le financement participatif grand public

Lendopolis représente encore une part marginale du parc qui a été mise en service, mais représente déjà une partie du financement qui est apporté.

Les investisseurs de Lendopolis représentent toujours une partie du financement global apporté, les banques et les développeurs d’énergies renouvelables également financent avec un apport de fonds propres. En règle générale, Lendopolis représente 5 à 6% du montant apporté, mais nous avons déjà financé plusieurs centaines de centrales solaires et des parcs éoliens, souligne Nicolas.

Nous ne sommes pas un produit placement garanti

Ceci étant dit, aujourd’hui, nous sommes en train de mettre en ligne la 99ème ou la 100ème opération sur ce modèle. Nous n’avons pas connu de retard ou de défaut de paiement sur le marché des énergies renouvelables. Tous les développeurs sont à jour de leur commande.

Le photovoltaïque n’est pas un consommateur de terres rares

Il y a beaucoup d’idées reçues sur ces sujets et Nicolas nous invite à lire des études sérieuses, montrant que, contrairement à ce qu’on peut penser, le photovoltaïque n’est pas un consommateur de terres rares.

La filière française est très bien structurée, et 95% des centrales solaires sont intégralement recyclables. L’entreprise PV Cycle se charge de la récupération de tous les panneaux solaires et de leur recyclage.

Aujourd’hui, pour construire une centrale solaire et notamment au sol, il faut passer par un processus de sélection et être lauréat d’un appel d’offres mené par la Commission de Régulation de l’Energie. Les centrales solaires sont principalement mises en service sur des friches industrielles, des anciennes carrières, des anciens sites miniers, etc., et pas du tout sur des terres agricoles, précise Nicolas.

Yann Gourvennec
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