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[Dossier de
Presse]
LA MARQUE POST-PUBLICITAIRE
Maintenant que la " Webmania " est passée,
les choses sérieuses vont pouvoir commencer.
Après toute cette agitation, un constat s'impose
: désillusion ou pas, Internet est bel et
bien entré dans nos mœurs, et a déjà commencé
à modifier en profondeur nos habitudes et
nos comportements. Vivifié par la vague des
nouvelles technologies, le marketing est entré
(de gré ou de force, mais de façon irréversible)
dans une nouvelle phase de son histoire, qui
oblige à en redéfinir les pratiques autant
que les stratégies.
Les marques ont énormément à gagner en intégrant
la dimension du Web dans leur développement,
mais il n'y a pas de temps à perdre. Internet
n'est plus seulement une jolie boîte à idées
à la mode : si l'on veut vraiment s'en servir,
il faut lui donner des bras et des jambes.
Les
migrations du marketing
Pour bien comprendre ce récent bouleversement
et ses enjeux, le mieux est encore de s'intéresser
aux origines mêmes du marketing. Lorsque cette
pratique est apparue aux Etats-Unis, il s'agissait
de trouver une solution à un problème au fond
assez simple : comment vendre, ou mieux vendre,
les produits industriels ? La réponse apportée
à cette question est venue tout aussi simplement
: en essayant d'anticiper et d'affiner les
réactions des consommateurs.
Après tout, puisque l'on comprenait mieux
les cibles du produit, pourquoi n'aurait-on
pas cherché à mieux le concevoir, afin de
coller au plus près aux attentes du public
? Au départ, le marketing était en quelque
sorte une force d'étude au service de l'appareil
de vente. C'est à cette époque, notamment,
que le souci du design des produits est devenu
capital. En fait, le marketing venait de dériver
en amont de l'appareil de vente, pour s'intéresser
au management de l'organisation industrielle.
L'important, ici, est que durant toute cette
période, les marques n'ont fait que parler
du produit. A travers les médias, c'est le
produit lui-même qui portait le sens de la
marque. C'était la grande époque des réussites
industrielles, où l'on s'est mis à acheter
du Banania, et non plus simplement du chocolat
en poudre. C'était le temps de la " product
experience " : le marketing se concentrait
sur l'expérience vécue par les consommateurs
au contact du produit. Durant les 1980, est
apparue la " shopping experience ". Stands,
corners, panneaux, présentoirs, etc. : le
magasin traditionnel s'est petit à petit transformé
en un terrain où les marques ont gagné la
possibilité de s'exprimer à l'intérieur même
de leur univers.
A partir de cette époque, le sens de la marque
en général a commencé à être porté par l'acte
d'achat, et non plus uniquement par le produit.
Le marketing a de nouveau effectué une migration,
pour se tourner vers le merchandising. Il
s'est mis à s'intéresser au consommateur à
travers un nouveau prisme : celui de ses réactions
non plus face aux produits, mais vis-à-vis
de l'acte d'achat et de l'environnement dans
lequel il est effectué. La plupart des concepts,
désormais, proviennent de la " shopping experience
".
Les grandes inventions ne portent plus sur
de nouveaux produits, mais sur de nouveaux
lieux de consommation, que les gens fréquentent
avec plaisir durant leur temps libre. En ouvrant
des perspectives souvent inédites, les nouvelles
technologies prennent logiquement leur place
dans l'enchaînement de ces migrations successives
du marketing. En ce sens, Internet ne représente
pas une rupture avec les anciennes pratiques,
mais plutôt une nouvelle évolution du champ
de ces pratiques.
Exactement comme le marketing est passé de
la " product experience " à la " shopping
experience ", il entre maintenant dans l'ère
de la " Web experience ". C'est en effet sous
cette appellation que l'on qualifiera le mieux
l'expérience des marques que se font les consommateurs
depuis trois ou quatre ans à travers leurs
sites Web et toute une série de lieux " on
line " (forums, e-mails, chat, etc.). Parce
qu'il a la particularité de pourvoir réunir
l'ensemble des médias, le Web est actuellement
le média le plus puissant.
Ce serait commettre une lourde erreur que
refuser d'envisager son impact, en quelque
sorte obligé, sur le marketing. Nouveau prisme
à travers lequel le consommateur appréhende
la marque, le Web redessine fondamentalement
cette dernière sous tous ses aspects : c'est
l'intégralité de son noyau identitaire qui
se redéfinit, en même temps que sont bouleversés
les thèmes et informations véhiculés par la
marque, les valeurs dont elle se réclame,
le statut qu'elle affiche, ses relations avec
le client, ses liens avec les autres marques,
ses capacités d'analyse, et ses sources de
valeurs marchandes.
Un
nouvel outil : l'étoile médiactive de marque
La " Web experience " représente une nouvelle
source de valeur globale pour la marque, et
l'on a donc besoin d'un nouvel outil pour
bien la comprendre et l'analyser : l'étoile
médiactive de marque (cf. schéma 1). Composée
de sept axes évoquant les différents aspects
de la marque, elle se révèle apte à décrire
dans son ensemble l'impact d'Internet sur
les fonctions fondamentales de cette dernière.
Refondant le prisme d'identité traditionnel
en y intégrant la dimension du Web, cette
grille d'analyse constitue un point de départ
adapté et solide pour les entreprises entamant
une réflexion sur ce sujet.

De fait, ces dernières ont un besoin urgent
et impérieux de réflexions La " Web experience
" des consommateurs est en effet un terrain
encore peu ou mal exploré. Le baliser et se
l'approprier exige de repenser totalement
les stratégies marketing à partir d'Internet.
Le changement concerne alors autant les façons
de faire du marketing que l'entreprise en
elle-même : elle doit y adapter l'organisation
de ses services internes, l'ensemble de ses
process et le choix de ses prestataires. Il
s'agit d'une véritable remise en question,
et l'on peut se demander qui, à l'intérieur
de la société, est le mieux à même de la conduire.
Afin d'obtenir un maximum d'efficacité tout
en garantissant une parfaite cohérence à la
démarche, la solution la mieux indiquée est,
semble-t-il, de mettre sur pied un groupe-projet
entièrement dédié à l'étoile médiactive de
marque, représentant de façon transversale
les différents corps de l'entreprise en réunissant
des responsables du marketing, bien sûr, mais
également de l'informatique, de la communication,
de la publicité, des ventes et des ressources
humaines.
Parce que les nouvelles technologies ont
un impact fondamental sur la marque, celui-ci
ne peut être pleinement appréhendé et compris
qu'en se dotant d'une vision globale. Elle
dessine un cadre au sein duquel les e-business
développeurs ont naturellement vocation à
assumer une sorte de " secrétariat " du groupe-projet.
Symbolique, informations, valeurs, relation
au client, statuts et partenariat : les contours
de la " Web experience " sont très vastes.
Or ce n'est plus une expérience marginale
: elle se tient aujourd'hui à la porte des
marques pour leur conférer de nouvelles valeurs,
et elle est en passe d'imprégner tous les
niveaux de la logique marketing.Elle en redéfinit
fondamentalement les objectifs, les moyens
et l'organisation, au point de nécessiter
l'adoption d'un nouveau schéma directeur imprégné
de la dimension médiactive des marques, et
estampillé " Internet inside " sur chacune
de ses facettes.
A terme, la " Web experience " est irrémédiablement
appelée à requalifier l'ensemble de la " shopping
" et de la " product experience ", à devenir
la principale source de valeur des marques
(jusqu'à redéfinir complètement la publicité
dans les médias).
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