Dans les coulisses d’une vente d’Art avec les NFT

La vente d’Art avec les NFT (Non-Fungible Tokens ou jetons non fongibles en français) n’est pas encore quelque chose de banal. Mieux encore, c’est une forme de vente émergente qui n’est pas toujours facile à comprendre et qui peut d’ailleurs s’appliquer à d’autres segments que l’Art. J’ai invité Valentin Lefebvre pour parler de ce sujet. Avant de travailler dans l’Art digital et les NFT avec sa société La Découverte il avait créé une startup où il concevait des applications mobiles de 2013 à 2017, ce qui lui a permis de se forger un réseau fort utile pour cette nouvelle aventure. Voyons ici avec lui les coulisses d’une vente d’Art avec le NFT, non sans donner quelques indications sur les perspectives économiques de cette application technologique de la blockchain.

Dans les coulisses d’une vente d’Art avec les NFT

Une Vente d'art avec les NFT
Le sujet de la vente d’art avec les NFT est très pratique pour celui qui veut l’illustrer. Comme l’oeuvre elle-même est téléchargeable, je vous l’offre ici chers lecteurs : Ravishing d’Esther Barend (valeur 8 000€ ou 12 000€ pour l’animation en NFT). Vous pourrez en voir la version animée réalisée par La Découverte dans la vidéo en ligne ci-dessous.

Je dois avouer qu’au départ, je ne comprenais pas grand-chose aux NFT, ou jetons non fongibles (non-fungible tokens en anglais). Mais la vente qui a été réalisée par Christie’s en mars 2021 a définitivement marqué les esprits. Il fallait faire un effort pour comprendre ce que sont les NFT et pourquoi ils constituent une opportunité pour les artistes et les amateurs d’Art.

Sur le papier, cela ne semblait pas gagné. Des œuvres digitales, donc duplicables à l’envie, que tout le monde peut télécharger, et dont une personne se porte acquéreur au travers d’une enchère. La plupart du temps, enchère réalisée avec des cryptomonnaies, donc virtuelle également, sur des plates-formes virtuelles… Il ne manque plus qu’on mette tout ça dans le « metaverse » et on aura acheté des œuvres virtuelles avec de l’argent virtuel dans un monde virtuel sur une plate-forme virtuelle.

Dit comme ça, on pourrait croire que je dénigre. Mais force est de constater que le monde dans lequel nous vivons, même celui que vous croyez tout à fait rationnel et figé, est en fait le résultat de conventions. La monnaie elle-même est une convention. On s’en est aperçu d’ailleurs avec les accords de Bretton Woods dont on est sorti 32 ans après (1976) suite à la décision unilatérale d’États qui ont préféré faire flotter leurs monnaies.

On a changé de convention plusieurs fois d’ailleurs. Les premiers systèmes monétaires sans contrepartie ont montré certaines failles (Système de Law 1716-1720). Plus tard on a adossé la monnaie à des réserves d’or, pour en démontrer la solidité. Puis enfin on a découplé la monnaie qui s’est mise à flotter. Le dollar est devenu progressivement, après la livre sterling, une référence, selon Michel Volle il l’est encore. Puis d’autres monnaies de référence se sont imposées plus ou moins bien comme l’euro par exemple.

Vente d’Art, NFT et économie

Puis viennent les cryptomonnaies dont mon invité reconnaît lui-même  que parfois elles servent à des choses pas très claires. Michel Volle nous annonce la venue imminente de cryptomonnaies d’État, elles aussi virtuelles. Bref, l’économie est affaire de conventions. Alors, pourquoi pas les NFT ?

Ici donc, je n’ai pas cherché à juger, mais simplement à comprendre et à rentrer dans les coulisses d’une vente d’Art par les NFT. Je vous fournis même le certificat de la vente réalisée en octobre 2021 par La Découverte, qui vous permettra d’aller vérifier de visu.

Il est vrai que le monde de l’Art est habitué aux excès. Depuis toujours certainement, mais encore plus depuis le début du XXe siècle. À tel point que, et notamment avec les Abstract Expressionists d’abord (années 50) puis les Young British Artists, dans les années 90, ces excès ont été érigés en principe. Je vous invite à ce sujet à vous procurer deux livres : Bluebeard de Kurt Vonnegut et Randall de Jonathan Gibbs.

Une situation donc qui peut prêter parfois à rire (la vidéo de Beeple est très drôle), du fait de certaines exagérations, dans un marché débridé et nourri d’exonérations fiscales et d’excès de cash disponible à une époque où les taux d’intérêt sont à zéro (ça ne va pas durer, paraît-il).

Mais aussi un phénomène qu’on ne peut ignorer comme l’explique la notice d’Avolta :

S’il y a quelques mois, seule une poignée d’initiés connaissait ces actifs numériques, ce n’est plus le cas. En effet, il semble qu’ils attirent un public plus large et des marques et créateurs non crypto. Les ventes de NFT ont explosé en 2021 : le marché a atteint 22 milliards de dollars à la fin de l’année, ce qui témoigne de l’intérêt croissant de toutes sortes d’acteurs pour ces jetons basés sur la blockchain

Je vous laisse en compagnie de Valentin Lefebvre qui va vous décrire les coulisses de cette vente d’Art avec les NFT, sans oublier bien entendu les indispensables définitions et explications qui ne sont pas toujours très claires.

Mais comme Valentin l’explique lui-même, on ne comprend pas toujours ce qu’il y a derrière la technologie et ceci n’a pas forcément d’importance. L’avenir, selon l’expression consacrée, nous le dira.

Interview de Val Lefebvre de La découverte.

Définition des NFT : les Non-Fungible Tokens ou Jetons Non Fongibles

Les NFT sont des jetons non fongibles, donc non échangeables parce qu’ils sont uniques. Je vais prendre un exemple qui parle. Une page Wikipedia est non fongible dans le sens où on ne peut pas l’échanger contre une autre page Wikipedia. Elle ne peut pas être remplacée. Une page Wikipedia pourrait théoriquement être un NFT, mais il se trouve qu’elle n’est pas à vendre.

Aujourd’hui, il y a d’autres choses, d’autres jetons, d’autres fichiers, d’autres produits qui sont à vendre et à échanger, notamment dans l’art. La valeur du jeton non fongible c’est qu’il s’agit d’une œuvre unique et que cela peut être vérifié.

Pour reprendre l’exemple précédent, quand on crée une page Wikipedia, cela crée un historique, qui est donc ensuite vérifiable et retraçable. Les NFT fonctionnent un peu comme cela.

On cherche avec les NFT à garantir l’authenticité d’une œuvre au travers de la blockchain

Le NFT est vérifiable, traçable et transparent. Et si on pouvait acheter une page Wikipedia, comme celle de Travis Kalanik d’Uber que j’ai créée, ou la revendre, celle-ci aurait une certaine valeur. La blockchain est un moyen de vérification décentralisé. Quand un élément est créé, il est diffusé au travers d’un grand nombre d’entités différentes pour qu’il soit difficile de tricher. Il est plus facile de manipuler et truquer une œuvre qui est dans les mains d’une seule personne que de truquer une création qui est diffusée absolument partout.

C’est l’antithèse du copyright finalement. Pour garantir l’authenticité, on donne l’œuvre à tout le monde.

Les NFT c’est comme si on envoyait un bout de code au plus de monde possible. Ce bout de code est partout pareil. Si jamais quelqu’un voulait le pervertir, on pourrait le contrôler grâce aux autres personnes qui le possèdent également. Et si ces bouts de codes ne correspondent pas, alors c’est qu’on a manipulé l’œuvre et qu’elle n’est pas authentique.

La vente d’Art avec les NFT, comment ça marche ?

Aujourd’hui, les monnaies sont parmi les premiers usages qui ont émergé grâce à cette technologie de la blockchain. On connaît bien les bitcoins, mais d’autres existent comme Ethereum dont le but était de faciliter les échanges et les transferts. Ils ont créé notamment des jetons non fongibles et beaucoup sur la blockchain. Mais ce n’est pas la même blockchain. Pour faire une analogie assez simple avec les langages de programmation, ceux-ci diffèrent en fonction des environnements et l’un n’est pas compatible avec l’autre.

On comprend un peu mieux, mais c’est encore un peu obscur …

Il faut être à l’aise avec l’idée qu’on ne comprend pas absolument tout ce qu’on fait. C’est comme quand on prend le TGV,  qu’on envoie un email, ou pour tout ce qui utilise de l’IA, il y a une technologie sous-jacente qu’on ne comprend pas. Ce qui compte, c’est qu’on puisse saisir l’utilité des NFT, qu’on trouve son compte dans leur utilisation. Si on comprend où vont nos données et que ce NFT nous appartient, tout va bien !

Il y a quand même de gros scandales, récemment avec une société qui s’appelle Air Next en France et qui vendait du vent comme le voulait son nom

Des scandales arrivent en tout temps et en tout lieu et dans tous les secteurs. C’est plus le fait des personnes derrière la technologie que le fait de la technologie elle-même. La technologie, comme celle des NFT, permet de mieux contrôler les abus et les exagérations, mais rien n’est jamais parfait.

Revenons au sujet de l’authenticité des œuvres d’art numériques avec le NFT

Je suis un grand fan de Tamara de Lempicka et je possède une reproduction de la femme en Bugatti, très bien encadrée. Pour assurer l’authenticité de cette reproduction, on pourrait faire expertiser les tableaux. Mais avec un certificat, je pourrais disposer de la preuve écrite de l’authenticité de l’œuvre et donc de sa véritable valeur. Finalement, la valeur du tableau se trouve dans son certificat d’authenticité.

Avec les NFT sur la blockchain, les gens achètent un token [NDLR Un jeton] qui certifie l’authenticité d’un fichier numérique. Les NFT s’appliquent uniquement aux œuvres virtuelles, ils pointent sur des fichiers qui sont dans le domaine du digital, du virtuel.

Les acheteurs acquièrent les œuvres, la plupart du temps avec de la cryptomonnaie, sur les marketplaces des plateformes des certificats d’authenticité des fichiers d’œuvres virtuelles qu’ils ont acquis. Certaines plateformes, comme Markersplace.com que nous avons choisie, acceptent les paiements par carte de crédit.

Mais c’est plutôt l’exception, car la plupart de ces plateformes jouent à fond le jeu de la crypto. Ces places de marché utilisent la blockchain et la cryptomonnaie pour vendre ces certificats d’authenticité digitale qui permettent d’attribuer l’œuvre à son acheteur. La vente est inscrite dans la blockchain, est donc vérifiable et traçable, publique, et facilement vérifiable.

Comment tout cela a-t-il démarré ?

Ce phénomène remonte loin puis s’est démocratisé depuis deux ans. Un des premiers, à ma connaissance, c’étaient les crypto kitties, aux USA. Des algorithmes créaient différentes déclinaisons d’un dessin d’un petit chat avec des variations à chaque itération, et cela a créé plein de petites images différentes, mais sur le même modèle. Les gens ont commencé à collectionner par jeu. On pouvait même se les échanger.

Après, il y a eu les crypto punks, avec des têtes de punk pixellisées au lieu des chats. Une communauté s’est intéressée à ce phénomène et cela a pris de la valeur, comme dans Fortnight, où les joueurs se sont mis à dépenser pas mal d’argent pour décorer leurs personnages.

Ensuite le phénomène s’est développé autour de l’art, car il était facile de travailler, enregistrer et pointer sur des fichiers JPEG, Vidéos ou GIF. On observe une émergence de l’art digital grâce aux NFT, cela devient même le premier véhicule acceptable et légal des cryptomonnaies.

Quel est le premier artiste à s’être lancé dans les NFT ?

Il y en a beaucoup. Le premier artiste connu à l’avoir fait c’est Beeple qui a réalisé une vente aux enchères chez Christie’s en mars 2021. Il a fait parler de lui parce que la vente aux enchères s’est conclue à 69 millions de dollars pour une mosaïque de ses images.

Mike Winkelmann, de son vrai nom, est un designer graphique sur ordinateur. Ses créations sont assez loufoques et fantastiques. Son style est très particulier, un peu grinçant. Il conçoit une image tous les jours depuis des années, il en a rassemblé 5 000 au total. Cette mosaïque est un collage digital de toutes les images réalisées depuis dix ans, The First Five thousand days.

Un Banksy se moque bien de ce genre de choses

Il y en a un qui s’appelle Pranksy (sic !), qui s’est moqué lui-même de Banksy. C’est un artiste digital dont on ne connaît pas le visage, mais qui se moque des artistes en faisant des œuvres un peu dingues et en les vendant le plus cher possible, pour montrer que c’est un peu du délire.

Beeple était déjà connu dans le domaine de la création et de l’art digital. Il a une communauté autour de lui. Christie’s, la maison d’enchères très connue, a fait le buzz et a introduit cela comme une première. C’est un gros coup de marketing.

Alors, notre acheteur à 69 millions d’euros, qu’est-ce qu’il a eu pour ce prix-là ?

Il est donc propriétaire d’un certificat d’authenticité de ce que tout le monde peut avoir. Ce n’est pas parce que vous avez une photo de la Joconde que vous possédez la Joconde. Le NFT, c’est le certificat d’authenticité.

Le NFT est un jeton, un code non fongible qui ne peut pas être échangé pour un autre code. Ce code certifie que tel jour à telle heure, tel ou tel créateur a vendu cette œuvre à telle personne et que cette œuvre lui appartient.

Donc finalement, je peux la télécharger, puisqu’elle appartient à quelqu’un…

Oui, vous le pouvez. Le propriétaire du certificat peut l’afficher, le montrer parce qu’il est à lui. Il va ainsi créer une galerie, un musée virtuel, et fera payer des visiteurs pour venir admirer les œuvres qu’il a achetées.

Ça pose beaucoup interrogations, ça peut être excitant comme effrayant. C’est une autre façon de diffuser, d’être visible, une autre façon de vendre.

Pour l’anecdote, nous avons vendu un NFT il y a deux semaines aux enchères. J’ai eu un coup de cœur sur un tableau d’Esther Barend, une artiste néerlandaise que j’ai découverte dans une galerie de peinture sur toile dans une galerie à Paris, et j’ai contacté l’artiste. Je lui ai proposé mon idée qui était de transformer cette œuvre en une animation digitale.

J’ai donc acheté les droits pour pouvoir réaliser cette animation à partir d’un tableau, d’une image, de l’animation et du mouvement. Le résultat est une vidéo à laquelle nous avons ajouté une musique que nous avons achetée. Au final, cela devient une œuvre composite, une nouvelle œuvre. Et cette nouvelle œuvre, différente du tableau original, est une œuvre en soi. Nous l’avons vendue en ligne sur une marketplace en NFT avec de la crypto. Et nous l’avons vendue plus cher (12 000 $) que le tableau original (8 000 euros), qui a été vendu en galerie par la suite, soit un peu plus de 3,4 Ethereum qui valaient ce jour-là 12 213 dollars.

Qui a réalisé l’animation visuelle ?

Nous avons embauché un « motion designer » pour réaliser cette animation, un peu à la manière d’un fondeur qui va créer un bronze à partir du plâtre d’un sculpteur.

Nous ne sommes pas des artistes, nous sommes plus comme des DJ. Un DJ est-il un musicien ? C’est un créateur, qui prend une matière première, une musique. Quant à nous, nous prenons les matières premières que sont la peinture, la musique, et nous les mélangeons avec du mouvement, de l’animation.

Cela devient une œuvre composite, une nouvelle œuvre, un nouveau rendu, que nous vendons.

Comment s’est passée cette vente d’Art aux enchères avec les NFT ?

C’était une première pour nous. C’était tout à fait excitant et tout à fait incertain aussi. L’enchère a duré 48 heures, a commencé un lundi soir et s’est terminée le mercredi soir. C’était en ligne, sur une URL de la Marketplace « Makersplace.com ».

Le commencement a été un peu rocambolesque. La Marketplace est basée à San Francisco, ce qui entrainait des échanges un peu décalés. Ils nous ont mis la pression pour que nous créions l’espace de vente pendant la nuit, pour que le vendredi matin tout soit prêt.

Nous voulions mettre l’enchère autour de 1 000 ou 3 000 dollars, mais après avoir créé le NFT, alors que j’attendais une réponse de leur part, le décalage horaire m’a empêché de la recevoir à temps. Et là, des petits malins sont arrivés sur la page et ont commencé à enchérir, car la création était en ligne. Ils ont commencé à 200 ou 300 dollars, et donc à partir de ce moment-là on ne pouvait plus arrêter la vente ni changer le prix. Je me suis senti un peu frustré parce que dès le départ, je perdais le contrôle. Suite à divers échanges avec la plateforme ils m’ont conseillé de fixer la date de fin de l’enchère, et ensuite les véritables enchères ont commencé.

Qui sont les enchérisseurs sur cette vente d’Art en NFT ?

Ce n’est pas monsieur tout le monde. Ce sont des gens qui sont dans ce milieu, qui sont déjà actifs, car on ne peut pas acheter de l’Ethereum comme ça, c’est un peu long, comme si on achetait des devises. Et puis il faut en avoir une bonne quantité, 12 000 €, c’est quand même une somme. Certains sont anonymes, car sur la plateforme, on peut enchérir de façon anonyme, avec sa carte de crédit, en dollars ou en crypto, en Ethereum. Le premier le soir, on a fini à 900. Le lendemain, on était à 4800, puis c’est monté à 6 000, 8 000 puis 10 000 et les 30 dernières minutes, à 24 minutes. Il y a un acquéreur (Jenny Guo) qui a remporté l’enchère à 12 000 € soit 3.4 Ethereum.

vente d'Art NFT
Si vous ne croyez pas que Jenny Guo ait dépensé 12 000 € en Ethereum pour acquérir Ravishing d’Esther Barend, en voici la preuve irréfutable, directement sortie de la Blockchain.

Quelle est ta vision : est-ce un divertissement pour milliardaires et start-uppers ou quelque chose qui va aider à démocratiser l’Art ?

Notre créneau est bien particulier, une niche dans la niche. Dans le milieu des cryptos, il y a les NFT, l’Art et dans l’Art, notre positionnement est dans le haut de gamme pour des œuvres qui se veulent rares et précieuses, donc chères.

Je pense que cela va se développer, mais que cela restera une niche, pour des gens qui ont énormément d’argent, qui veulent se faire plaisir et qui ont cette démarche de collectionneur.

Notre acheteuse est une collectionneuse digitale. Elle va continuer à étoffer son portefeuille d’Art digital.

Nous sommes une marque française, dans l’art sophistiqué, dans des œuvres très belles et de très haute qualité, rares. Nous n’en produisons pas beaucoup et ces œuvres sont chères ou précieuses et en éditions uniques. Nous nous inscrivons dans le temps long.


Pour information, voici la newsletter de janvier 2022 d’Avolta sur les NFT.

Cliquer pour accéder à avolta-sur-les-nft.pdf

Yann Gourvennec
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