Les moteurs de recherche et Google sont-ils devenus obsolètes ?

Les moteurs de recherche — et Google en premier lieu — sont-ils devenus obsolètes ? Alors que plus de la moitié des recherches sur Internet ne mènent déjà plus à aucun clic, il est temps de se poser une question qui peut paraître contre-intuitive mais qui me semble cruciale : les moteurs de recherche servent-ils encore à quelque chose et ne serait-il pas temps de passer à autre chose ? Voici une enquête que j’ai essayé de mener le plus sérieusement du monde, qui montrera que le véritable coupable des monopoles du numérique ne sont ni les Etats ni les géants du digital, mais vous-même !

Les moteurs de recherche et Google en particulier sont-ils devenus obsoletes ?

Les moteurs de recherche et Google sont-ils devenus obsoletes ?
IL y a quelque chose de cassé dans le monde de l’Internet et les moteurs de recherche — et Google — sont peut-être même devenus obsoletes ?

Sur la partie du choix du moteur, pour ma part, j’ai déjà répondu partiellement à cette question car je suis passé à DuckDuckgo (ou duck.com tout court) depuis plus de six mois et je ne suis pas prêt de revenir en arrière.

Je ne suis pas seul, même si le nombre d’utilisateurs de ce moteur reste modeste (environ 5 millions d’utilisateurs dans le monde dont la moitié aux USA).

C’est en lisant que l’article de James Temperton dans Wired UK (voir ci-dessous) que j’ai sauté le pas. Après tout, en 1997 peu d’utilisateurs avaient abandonné Yahoo! pour Google. Alors on peut leur donner un peu de temps. 

Note importante : je tiens à préciser que ma démarche n’est pas motivée par le chauvinisme, comme je l’ai expliqué ici, ni même du désir de reprendre la main sur mes données. Honnêtement je ne pense pas qu’aucun des « GAFAM » — terme quasi uniquement utilisé chez nous et qui recouvre des réalités très disparates — ait utilisé un dixième des données qui m’ont été subtilisées par de bonnes sociétés bien françaises ou allemandes. Ma motivation est en effet celle d’une vision plus large de la liberté d’expression, de l’Internet en tant que bien commun de l’humanité, et d’accès universel à l’information. 

Les parts de marché des moteurs de recherche aux USA en 2020 : no comment !
Les parts de marché des moteurs de recherche aux USA en 2020 : no comment !

Mes débuts sur DuckDuckGo furent assez hésitants mais il fallait persévérer

Les débuts ont été hésitants. Un peu comme quand on passe d’une voiture anglaise à une voiture française, il faut s’habituer à ce que le volant et le levier de vitesse ne soient pas à la même place, mais on s’y fait très vite car les différences ne sont pas si énormes que cela et l’outil est bien fait, le moteur rapide, sans falbalas et les résultats de recherche pertinents. 

moteurs de recherche obsolètes
DuckDuckGo serait-il en train de rendre les autres moteurs de recherche obsolètes ? Cela se pourrait bien. Il est bien concçu et rapide. Un peu comme Google à ses débuts. Et il offre une liste de choix assez larges (Web/Wikipedia/Twitter/Instagram/Facebook etc.) c’est très bien fait [duck.com pour y accéder]
Certes, les résultats pour les images sont un peu moins bons, et il m’arrive exceptionnellement de retourner à images.google.com. Je vous l’accorde mais cela ne durera pas. 

Cette pertinence des résultats est à mon avis incontournable. Elle n’est pas bonne pour tous les moteurs que j’avais essayés avant (et notamment Qwant qui a le mérite d’être français mais c’est à peu près le seul). De plus, il ne montre pas de résultats de Google (à l’inverse de Startpage qui ne fait que retirer le tracking de Google mais qui utilise quand même leurs résultats. Pour cela ils les paient !). 

Ecosia plante des arbres (ça c’est assez cool) et ce n’est pas un mauvais moteur, mais ils utilisent principalement Yahoo! Bing et Wikipedia, donc les sources sont moins diverses que DuckDuckGo qui est plus exhaustif.

Bing, qui a aussi ses qualités, n’est pas forcément parmi les meilleurs, non seulement à cause de sa technologie, mais car les webmasters sont majoritairement réticents à se faire référencer chez eux.

En cela, on y reviendra, les utilisateurs et notamment les éditeurs Web sont les premiers responsables de la situation de monopole que nous connaissons aujourd’hui sur le domaine de la recherche Internet (et a fortiori de la publicité). 

DuckDuckGo serait-il en train de rendre les autres moteurs de recherches obsolètes ?

En termes d’utilisation je trouve même DuckDuckGo meilleur que Google : la sélection de la langue et du pays (France/ROW) est plus intuitive et la sélection de la fenêtre de recherche est plus accessible. Google nécessite 4 clics pour changer de pays et de langue entre mes deux langues principales. Je n’appelle pas cela de la convivialité.

Sur DuckDuckGo la recherche locale se fait en un clic. Sur Google il lui en faut 4 avec des menus déroulants. Passer d’une langue et d’un pays à un autre est un processus qui est devenu complètement anti-ergonomique. Bon, personne ne parle deux langues au pays de Voltaire me direz vous …

Chaque recherche compte, chaque utilisateur compte

DuckDuckGo (ou Duck tout court) utilise un mélange de résultats issus d’ « une compilation de plus de 400 sources, incluant Yahoo! Search BOSS, Wolfram Alpha, Bing, Yandex, son propre web crawler (le DuckDuckBot) et autres. il recourt à des données de sites de crowdsourcing  comme Wikipedia »

Comme pour un vote, chaque recherche, chaque utilisateur comptent et si vous utilisez l’outil de tout le monde, ne vous étonnez pas qu’il soit dominant. Vous êtes le problème, et non Google.

Mais pour revenir au sujet, le vrai problème était de trouver un moteur de recherche utilisable et c’est chose faite avec DuckDuckGo.

Il y a bien des choses à redire sur eux également — il y a eu une polémique sur le stockage des favicons —  mais ce n’est pas vraiment un problème majeur, vu le point de départ. 

Ne boudons donc pas notre plaisir d’avoir trouvé un moteur de recherche efficace, gratuit et quasiment sans publicités (il utilise Bing mais vous autorise aussi à supprimer les publicités. Pour ma part je n’en ai jamais vues, sauf une ou deux fois, même si leur financement vient de là).

voir la liste des moteurs de recherche alternatifs de 2020

Changer de moteur de recherche n’est pas neutre dans la configuration du paysage de l’Internet

Voilà pour ma part, je ne vous force pas à faire comme moi, mais vous verrez par la suite que la démarche n’est pas neutre, notamment pour ce qui est des données récoltées par Google sur mon parcours Web (c’est à dire 10 à 15 heures par jour, 6 jours sur 7 au moins depuis 25 ans).

Et peut-être devriez-vous également vous poser la question alors que Google accentue sa pression sur les CPC de ses Ads (voir ci-dessous sur le rapport Semrush) et que le législateur américain vient de lancer des poursuites pour abus de position dominante.

Mais revenons à la question de départ, car après tout, je n’ai fait que remplacer un moteur par un autre — vertueux à un instant t mais peut-être pas demain — et la question initiale était : « Les moteurs de recherche (et a fortiori Google) sont-ils devenus obsolètes » ?

Je vais tenter de répondre à cette question en 10 points 

Premier point : la moitié des recherches ne donnent plus lieu à des clics

Le premier point est sans appel. Déjà, la moitié des résultats ne donnent plus lieu à des clics. Et alors, me direz-vous ?! Alors, tout simplement, si les recherches ne mènent plus à des sites, les éditeurs du Web vont probablement tous crever. 

Non seulement les éditeurs de contenus comme nous, mais aussi les ecommerçants. Pourquoi se fatiguer à chercher de l’information partout alors qu’on peut la trouver chez Google. En d’autres termes, nous avons connu le monde de la 1ère chaîne de l’ORTF pour les plus vieux d’entre nous, le monde de l’information unique — et contrôlée — et nous y revenons, mais sur un plan mondial, et le contrôle n’est plus réalisé par un État mais par une société plus puissante que beaucoup de pays du monde.

Sur ce dernier point je ne sais si c’est grave. Les États totalitaires n’ont pas ma sympathie, et il est si facile de passer de la démocratie à la démocrature puis à la dictature. Nous le voyons hélas tous les jours dans les journaux. 

Bref, ici encore, les internautes votent avec leurs souris. Pour un Internet complexe mais ouvert et libre, ou pour un Internet fermé et propriétaire. 

Deuxième point : un moteur de recherche ou un moteur de publicités ?

Le deuxième point est démontré par Moz dans un billet où ils posent la question de savoir pour qui les Google Ads sont faites ? Certainement pas pour les utilisateurs et encore moins pour satisfaire les législateurs sur les obligations de transparence dans la publicité. 

En faisant disparaître peu à peu les éléments distinctifs (voir le montage ci-dessus basé sur l’article de Moz) des publicités en ligne, Google accentue la confusion et tend à transformer le moteur de recherche en moteur de publicités.

Recherche sur « mutuelle de santé » une caricature ? Non, la réalité.

L’empilage de résultats payants au dessus des résultats gratuits est parfois si intrusif qu’il faut parfois scroller une fois pour voir de véritables recherches. Prenons ici un exemple caricatural avec les mutuelles de santé qui se font toutes la guerre des Ads (et ce faisant contribuent à faire monter les enchères donc à se tirer dans le pied).

Troisième point : des CPC stratosphériques

La valse des étiquettes des CPC sur Google ne date pas d’aujourd’hui. Denis Fages avait déjà écrit un article saignant sur ce problème dans nos colonnes il y a 10 ans (Visionary Marketing veut dire que nous sommes visionnaires, pas parce que nous nous vantons, mais parce que nous le prouvons sur le terrain). 

Encore une fois, les utilisateurs votent avec leurs souris. En l’occurence, les marketeurs. Et l’engraissage ne s’est pas arrêté là. Si on veut se rendre compte des dégâts, il suffit de jeter un coup d’œil rapide sur le tableau de l’étude Semrush de 2020. 

[cliquer sur l’image pour agrandir] Les coûts des CPC dans quelques secteurs comme l’assurance ou le marketing. Acheter un mot-clef dans un domaine recherché de la high-tech va vite coûter des dizaines d’euros par clic. Visionary Marketing économise ainsi plus de 1000 € HT d’investissement quotidien. Le référencement naturel et la qualité du contenu coûtent cher mais ils sont rentables.

Quatrième point : les internautes ne recherchent plus

Un point qui est confirmé par la statistique du n° 1, les internautes ne cherchent plus. D’ailleurs Temperton commence son article ainsi dans Wired.

Je m’en suis rendu compte également dans les écoles où j’interviens, quelque soit le niveau. Comme j’aime bien poser des tonnes de questions à mes élèves — ça les tient éveillés et ça permet de tester leurs connaissances — j’ai vu leurs réflexes changer ces dernières années.

Alors qu’il y a 3 ou 4 ans il fallait les freiner (« ne cherchez pas sur Google, cherchez dans vos mémoires ! », je m’aperçois aujourd’hui que plus personne dans la classe ne cherche rien. « Qui a créé Wikipedia ? » … un blanc. Et pas de réflexe de recherche. 

Attention ! Je ne cherche pas à dire que les gens sont bêtes au 21e siècle et qu’avant nous n’avions que des génies dans les écoles.

C’est sans doute faux, et d’ailleurs nous n’avons pas de bases fiables pour comparer et les savoirs ont aussi beaucoup changé.

Le niveau baisse ma pauvre dame ! [pour cela je renvoie au dernier n° de la revue Books — dont on déplorera la disparition — qui démontre en fait qu’on n’en sait rien ; en résumant, les mesures de l’intelligence, à commencer par le QI, ne sont ni fiables ni comparables. Plus que de « bêtise », ce qui ne veut rien dire tant cela est subjectif, il faudrait plutôt parler de fainéantise, un concept beaucoup plus factuel]. 

Ici donc, je fais simplement le constat que chercher une information, un exercice que les anciens, dont je fais partie, ont appris à faire de manière quasi compulsive dans les encyclopédies, n’est pas un réflexe d’aujourd’hui. Plus l’information est disponible facilement, en un clic de souris, moins on a l’envie d’aller la chercher. 

D’une certaine manière, c’est comme les disques sur Spotify (ou Qobuz pour ma part), j’ai accès à tout le catalogue — notamment le catalogue classique — mais je découvre beaucoup moins de musiques différentes et originales que quand j’allais dans les magasins de disques, qu’on se prêtait des disques entre amis et que j’allais le samedi à la médiathèque. Plus le choix est large, plus la tentation est forte d’écouter toujours la même chose. Et les algorithmes qui nous ramènent toujours les mêmes musiques — enfin en principe — ne font rien pour améliorer la situation.

Les enceintes connectées finiront de mettre un clou dans ce cercueil de la curiosité.

— « Hey Google! Donne-moi la réponse que je ne cherche plus !». 

Cinquième point : Le différentiel de qualité des recherches de Google n’est plus suffisant

DuckDuckGo, ou Ecosia ou un autre, fait au moins aussi bien et permet même de trouver des sources différentes de celles que l’on trouve dans Google.

En 1997, quand Google est arrivé, j’étais un des premiers à en vanter les mérites. Interface minimale, résultats probants. Pas de distractions. Une porte vers le savoir du monde. J’avais bien perçu la puissance de l’outil avant qu’il devienne universellement utilisé. 

Puis tous les autres moteurs, par notre faute, ont fini par disparaître. Le peu qui restait ne valait pas grand chose. Ils ont fini par décrocher définitivement. Le résultat, on le connaît : 92% de part d’utilisation (et encore, dans les 8% il y a des accès par des applications tierces qui ne comptent pas vraiment).

Mais voici, j’en ai trouvé un. Duckduckgo (voir ci-dessus), quel que soit son pays d’origine, fait au moins aussi bien et permet même de trouver des sujets différents de ceux que l’on trouve dans Google.

Je sais que j’ai perdu d’avance, on me dira …

— « oui mais Google marche bien ! »

Et il est vrai que pour les éditeurs de sites Web, être déréférencé par Google est synonyme de mort subite.

Raison de plus pour recréer de la diversité.  

Sixième point : l’Internet est (ou était) un bien commun il appartient désormais à des sociétés privées

Enfin, pour ce qui est du moteur de recherche — et donc de la publicité qui lui est associée — une seule société privée.

Statistiques par digital information world

L’internet est-il donc encore un bien commun ? Un endroit où on peut encore créer en toute liberté pour le bénéfice du plus grand nombre ? Y compris pour le business, et notamment les petites entreprises ? Plus tout à fait. Et dans beaucoup de pays du monde, il est tellement contrôlé que son existence-même est menacée à très court terme. .

Entre un Internet étouffé par le contrôle des États autoritaires et celui qui est étouffé par un abus de position dominante, le résultat revient un peu au même. Et finalement, il vaut peut-être mieux qu’il appartienne à une société privée qu’un Etat totalitaire.

Là encore, si les utilisateurs trouvent cela bien… voir le point suivant

Septième point : les utilisateurs, en utilisant tous le même outil, sont complices d’un monopole et se tirent une balle dans le pied

Moteurs de recherche Obsolètes
Googling de Jef Lofvers sur son superbe site donthitsave.com

En résumé des points précédents, les utilisateurs sont responsables de cette situation. Ils n’ont qu’à s’en prendre à eux mêmes … ou à se ressaisir. 

A noter que désormais, les utilisateurs se sont tous jetés sur Chrome avec délectation (surtout à cause des mobiles) et cela n’améliore pas la situation.

Maintenant Google, de la faute-même des utilisateurs, maîtrise la totalité de la chaîne, à la manière de Carnegie Mellon qui à la fin du 19e maîtrisait l’acier le charbon et le chemin de fer pour les transporter (du coup, aucun concurrent ne pouvait faire transporter son acier sans faire exploser ses coûts ni payer le monopole ainsi créé).

Les stats des moteurs de recherche. Attention ! Gros biais sur ces chiffres qui incluent les mobiles.

Tout ceci ne va pas plaider pour la firme dans le cadre des poursuites en abus de position dominante.

moteurs de recherche obsolètes
Techniquement, Google, car il maîtrise l’inventaire et la vente et le véhicule de la vente est un monopsone et un monopole [cf. notre glossaire] – Economix How our eonomy works and doesn’t work – 2012
Et avec Chrome la situation ne s’améliore pas. Il est donc urgent de passer de Chrome à Firefox, Safari ou un autre. Car avec lui vient automatiquement son moteur de recherche par défaut (devinez lequel), et le changement n’est pas chose aisée.

moteurs de recherche obsolètes
Le changement de moteur de recherche par défaut dans Google Chrome. Rien moins que 3 clics et beaucoup de recherche sont nécessaires. Un savoir quasi encyclopédique de l’IT est requis, autant dire que cela est impossible et inaccessible au commun des mortels. [cliquer sur l’image pour l’agrandir]
Edge est en train de prendre des parts de marché en ce moment, mais il y a encore de la marge. Et dès que la domination repassera dans un autre camp, hop ! Il faudra repasser ailleurs. A noter cependant que les parts de marché des navigateurs sont nettement plus resserrées sur ordinateurs personnels que sur mobile du fait de l’ultra dominance d’Android.

En fait tous ces navigateurs se valent, Chrome n’est pas meilleur que les autres, il est même trop gourmand, Joanna Stern l’a démontré. C’est juste que nombre de développeurs veulent s’épargner du travail et vous obligent à l’utiliser en exigeant que vous passiez sur Chrome pour utiliser leurs Web Apps.

moteurs de recherche obsolètes
Un exemple parmi tant d’autres : Zencastr refuse de fonctionner sur autre chose que Chrome ou Firefox. Heureusement, il marche très bien sur ce dernier.

Bref, le choix de votre navigateur n’est pas neutre en termes d’utilisation du moteur de recherche. Le changement de moteur étant plus aisé sur Safari, par exemple.

moteurs de recherche obsolètes
Le choix d’un moteur par défaut sur Safari se fait en un click. [cliquer pour agrandir l’image]

Huitième point : le tracking

En fait, c’est le point qui, paradoxalement, me gène le moins, d’autant plus que là encore, les utilisateurs ont la main sur leurs données s’ils le désirent vraiment. Mais tout est dans le « vraiment ». 

Théoriquement voici ce que Google sait de moi : « Mon nom, mon genre et ma date de naissance, mes numéros de téléphone portable personnels, mes dernières recherches sur Google, les sites web que j’ai visités, que j’ai allumé les lumières de ma chambre la nuit dernière, exactement où j’étais ces dernières années, que j’aime le football américain, les jeux, le jazz, l’équipement audio, ma nourriture et ma boisson préférée…, où je travaille, où je vis, les vidéos YouTube que j’ai regardées et mes recherches sur YouTube, chaque fois que j’ai utilisé ma voix pour interagir avec Google Assistant (avec des enregistrements de ma voix) ».

moteurs de recherche obsolètes
Que connaît réellement Google de moi ? Pas grand chose en fait car je ne lui donne que ce que je veux bien. Il me reste bien ma messagerie personnelle, et encore … je la lis quasi uniquement sur Outlook et mail d’Apple, donc je ne vois aucune des publicités

Mais il est en fait possible de supprimer une grand partie de ses traces, y compris sur Google, c’est jusque que les utilisateurs sont fainéants et ne le font pas. Donc ils se plaignent mais en fait ce sont eux les coupables.

Le menu de contrôle de ses données sur votre compte Google. J’efface tout, tous les 3 mois mais il n’y a pas grand chose à enlever, sauf peut-être mes tours de vélo en rond dans Paris et l’Île de France, et en fait non, car Strava utilise Openmaps.

Neuvième point : la plupart des recherches intéressantes vient de bases de données privées, pas de moteurs de recherche publics et c’est déjà le cas aujourd’hui

La plupart des éléments de travail sur lesquels je me base — sauf pour des articles comme celui-ci — viennent de bases de données privées dont la plupart du contenu n’est pas indexé par les moteurs de recherche.

Le Guardian, Les Echos, le WSJ, les autres ressources journalistiques du monde entier, les rapports des analystes comme Gartner, Forrester IDC et les autres, les sociétés de RP qui nous fournissent des données intéressantes sur nos marchés et nous proposent des interviews. 

C’est ce qu’on appelle le Deep Web, le web profond, celui qui échappe au vulgum pecus, et qui est hors d’atteinte pour les béotiens avec leur moteur de recherche. 

C’en est probablement définitivement fini du rêve d’un Web universel, bien commun de l’humanité. Le seul bastion de la recherche libre est Wikipedia. Leurs demandes constantes pour des subsides afin de financer leurs hébergements très coûteux indiquent qu’un tel bien commun  — quelles que soient ses limites — ne durera peut-être pas indéfiniment. Si vous ne l’avez pas encore fait, faites un don à Wikipedia !

Dixième point : bien entendu, je suis sans doute en train de perdre mon temps

Voilà, j’ai passé quelques longues heures à écrire cet article et rechercher les sources des chiffres que je vous ai présentés mais tout ce travail ne sert strictement à rien. J’aurai à peine posé mon stylo que j’entendrai, comme d’habitude, la majorité des utilisateurs se déclarer très satisfaite de la situation telle qu’elle est.

_ « Google ? Mais c’est pratique ! »

Fermez le ban. 

Et en cela, ils ont, auront et vous aurez peut-être démontré vous-même que rien ne changera probablement à cette situation à l’avenir, sauf si on fait confiance au législateur amércain. 

En conclusion les moteurs de recherche ne sont peut-être pas complètement obsolètes et cela n’a peut-être pas beaucoup d’importance

Marlgré les concerts de pleureuses qu’on entend ici et là et notamment en France,  — où on aime évoquer l’Europe sans jamais que cela aille plus loin, comme une excuse au chauvinisme ambiant — la situation n’est peut-être pas aussi désespérée qu’on l’entend dire.

Les moteurs de recherche ne sont pas l’alpha et l’omega de la connaissance. Et j’espère en tout cas que vous n’avez pas jeté vos livres — même électroniques — c’est là que la connaissance est cachée et qu’il faut la dénicher. Le paysage actuel est sans doute autant le résultat de la fainéantise des utilisateurs de l’Internet que de la pseudo malignité de certains acteurs du Web.

Après tout, c’est à nous de voter avec nos souris. Aussi bien en tant que citoyens, qu’acteurs de l’économie, marketeurs et chefs d’entreprises qui nous faisons plumer par les monopoles que vous avez contribué à constituer. Et je n’en ai cité qu’un.

Et pour ce faire, je vous invite à lire en entier l’article de James Temperton sur Wired UK, dont j’ai traduit les premiers paragraphes ci-après

J’ai laissé tomber Google pour DuckDuckGo. Voici pourquoi vous devriez faire de même | WIRED UK

Les moteurs de recherche et Google servent-ils encore à quelque chose ?
Les moteurs de recherche et Google servent-ils encore à quelque chose ? – ici la page de garde de DuckDuckGo. James Temperton, et moi-même à sa suite, a fait le pas et désinstallé le moteur de recherche omnprésent.

Quelle est la dernière requête que vous avez effectuée en ligne ?

Pour ma part, c’était « 120 dollars en livres sterling ». Avant cela, je voulais connaître la capitale de l’Albanie (Tirana), le pseudo Twitter du Vice président des libéraux démocrates Ed Davey (c’est @EdwardJDavey) et les dates des jours fériés au Royaume-Uni pour 2019 (Pâques est tardif cette année, mes amis).

Rien que des choses passionnantes, je suis certain que vous serez de mon avis. Mais quelque chose rend ces recherches, sous l’angle Internet, un peu inhabituelles. Horreur, Malheur ! Je n’ai pas utilisé Google. J’ai utilisé DuckDuckGo. Et, après deux ans de désert Internet, je suis presque sûr d’être acquis à un avenir sans Google.

Tout a commencé par une prise de conscience : la plupart des choses que je cherche sont faciles à trouver. Avais-je vraiment besoin des algorithmes de Google, qui voient et savent tout, pour m’aider ? Probablement pas.

Alors j’ai procédé à un changement simple : J’ai ouvert Firefox sur mon téléphone Android et j’ai changé la recherche par Google pour DuckDuckGo. J’ai donc eu une révélation assez déprimante mais significative : Je cherche des choses vraiment évidentes. Les propres données de Google le confirment. Son inventaire annuel des termes les plus recherchés est en fait une liste de noms et d’événements : Coupe du monde, Avicii, Mac Miller, Stan Lee, Black Panther, Megan Markle.

Source : I ditched Google for DuckDuckGo. Here’s why you should too | WIRED UK

Yann Gourvennec
Follow me

4 thoughts on “Les moteurs de recherche et Google sont-ils devenus obsolètes ?

  1. Merci pour cette analyse fouillée … je partage également cette constatation (et ce regret) de voir nos investigations passées (avec des heures voire des jours passés dans les bibliothèques) remplacées par des searchs insipides lancés sur la toile … notre cerveau serait-il lui aussi devenu « plat » à cette image, ne sachant plus élaborer, réfléchir, penser, investiguer, critiquer, conclure …

  2. Merci pour cet article très complet. Juste une remarque sur l’affirmation « C’est juste que nombre de développeurs veulent s’épargner du travail et vous obligent à l’utiliser en exigeant que vous passiez sur Chrome pour utiliser leurs Web Apps ».
    C’est un peu plus compliqué que ça.
    L’implémentation des API dans les navigateurs est hétérogène, en particulier celles relatives aux flux audio/vidéo, ou aux services Workers. Certaines ne fonctionnent correctement que dans Chrome, qui a souvent un coup d’avance sur les specs ECMA.

    1. Merci de ces précisions hervé il est néanmoins bizarre que si peu d’efforts soient faits pour être compatible sur tous les navigateurs. Il s’agit d’une régression technologique majeure. Le flux video et audio marche parfaitement sur safari avec Uberconference zoom webex ou whereby … cqfd

Comments