BrèvesIA et Big Data

Comment écrire avec intelligence mais sans artifice ?

Une méthode pour battre les intelligences artificielles

Est-il possible d’écrire avec intelligence et sans artifices, et si oui comment faire ? Il y a une telle masse de contenus sur l’IA qu’on en ferait presque une indigestion. Tous les jours nous voilà bombardés de nouveaux outils, tous plus «révolutionnaires» que les autres. Mais ces outils nous rendent-ils vraiment plus intelligents, ou au contraire sont-ils un moyen de nous défausser du travail intellectuel que nous faisions nous-mêmes par le passé ? Nous nous sommes posé la question ici de savoir quelles seraient les caractéristiques d’une écriture humaine intelligente, comme nous la promouvons au sein du collectif 100% humain humansubstance.com.

Comment écrire avec intelligence mais sans artifices ?

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La confusion, le trop-plein, l’indigestion d’IA

Ces derniers jours, les injonctions des gourous de l’IA se sont faites plus pressantes. ChatGPT 4 est merveilleux, mais Copilot est dans ton mobile, ah non ! Il vaut mieux se mettre sur « le chat » (au fait, on dit « chat » ou « tchat » ?), oubliez tout, le futur est à SGE, Gemini et Google ! Oh et puis non ! Google va déréférencer tous les textes IA (j’aimerais bien voir ça !). Sans oublier le « il faut acheter Copilot » (encore un, mais pas le même, celui de Microsoft 365) et enfin « Finalement non, l’avenir c’est Perplexity.ai… »

Ces outils et bien d’autres n’ont pas de secrets pour nous. La plupart d’entre eux sont sur nos ordinateurs et nos tablettes ou nos téléphones et nous les utilisons quotidiennement. Nous en connaissons souvent les astuces et les recoins les plus obscurs. Nous avons formé des centaines de jeunes sur ces sujets (avec le recul nécessaire). Toutefois, on peut se poser la question de savoir, si l’excès ne nuit pas. Trop d’IA ne tue-t-il pas l’IA? Au passage, je remarque que quand on dicte « IA » dans macOS, il se trompe encore 9 fois sur 10. On pourrait peut-être commencer par corriger ça…

Mais en fin de compte, cette accumulation d’outils nous rend-elle plus « intelligents »?

Nous avions déjà soulevé la question de savoir ce qu’est l’intelligence il y a quelques années, au début de la nouvelle vague de popularité de l’IA en 2017-2018. Plus récemment, nous avons été agréablement surpris de la voir reprise sous une forme plus sophistiquée et plus élaborée, et surtout beaucoup plus érudite par Daniel Andler dans son opus intelligence artificielle, intelligence humaine, la double énigme, aux éditions NRF, 2023. 

La question de la définition de l’intelligence est sans fin. Il n’est pas utile d’essayer de la résoudre dans cette brève sans prétention. Mais quand même… Peut-on réduire l’intelligence humaine à la résolution de problèmes avec un LLM ? Certainement pas. 

Je me suis posé la question pour ce mini billet, de représenter de manière métaphorique les caractéristiques qui me semblent les plus importantes dans le cadre des stratégies de contenu pour le Web. Je n’aime pas trop parler de ce que je ne connais pas, je préfère me restreindre à mon domaine de prédilection. Et voici à quoi je suis arrivé. Cela pour moi, se présente sous forme d’une anagramme, C.L.E.V.E.R. Vous aurez compris la métaphore. La voici expliquée en images et en mots.

Ce dessin est garanti pu sucre avec 0% d'intelligence artificielle et a été réalisé avec nos petites mains sur une tablette équipée du logiciel paper
Ce dessin est garanti pu sucre avec 0% d’intelligence artificielle et a été réalisé avec nos petites mains sur une tablette équipée du logiciel paper. Un appel à écrire avec intelligence en quelque sorte.

Pour cette anagramme, vous proposons les explications suivantes :

  1. C pour Calculateur : probablement pas la meilleure traduction de « Cunning » (rusé), mais c’est bien cela que nous voulons dire. Par exemple, une de nos amies, Martine le Jossec a une méthode bien à elle. Quand elle a un sujet à traiter dans sa newsletter, elle demande à ChatGPT de lui faire une proposition… Et elle écrit exactement l’opposé en s’opposant à GPT comme s’il était un Sparring-partner. Voilà une démarche vulpine (de Vulpinus, le Renard) pour garantir l’authenticité sans rejeter l’IA. Il suffisait d’y penser !
  2. L pour pensée latérale : un terme inventé par Edward de Bono, pour expliquer la capacité à lier des éléments, apparemment sans rapport, les uns avec les autres, afin de produire de nouvelles idées. Un processus que d’aucuns appellent l’idéation. Effectivement, il s’agit d’un des traits de l’intelligence humaine qui peut parfois avoir un rapport avec la résolution d’un problème particulier, mais pas toujours. C’est là que se niche la créativité. On me rétorquera que les LLM sont justement très bons pour suggérer des idées farfelues. Mon expérience c’est que cela peut parfois servir de point de départ quand on est frappé du syndrome de la feuille blanche, mais que résoudre l’équation soi-même est plus valorisant. Et surtout, cela nous entraîne à penser. Prenons un parallèle. Je peux résoudre les mots croisés, très difficiles, de la Croix hebdo du vendredi, mon exercice hebdomadaire, en allant chercher la réponse sur le dictionnaire de mots croisés en ligne. Mais il est beaucoup plus drôle de se prendre la tête pendant deux jours pour essayer d’arriver au bout avec un papier et un crayon (ou un stylet et une tablette dans mon cas). En fait, c’est à force de penser que nos cerveaux continuent de fonctionner.
  3. E pour expérience : l’expérience, voilà quelque chose que GPT ou ses nombreux clones n’auront jamais. Car ils n’iront pas sur le terrain. Voilà enfin quelque chose qui nous reste pour occuper nos vieux jours et briller en société et au bureau…
  4. V pour visionnaire, ce qui n’est pas pour déplaire aux fans de Visionary Marketing. Une capacité de l’humain à se projeter, parfois très mal, dans l’avenir. C’est même un de ses sports favoris, il suffit de regarder les toutologues de la télé pérorer, à longueur de temps, sur n’importe quel sujet et en racontant absolument n’importe quoi. Et pourtant, nous les écoutons avec passion, car cela a quelque chose de fascinant de chercher à comprendre l’avenir. Nous pouvons bien entendu demander à ChatGPT de recopier et mettre ces âneries en statistiques. Mais il est de notre ressort de nous projeter dans l’avenir. Un exercice sans doute vain, mais utile et terriblement humain. 
  5. E pour éclairé au sens des « lumières». La question de l’utilisation des LLM est aussi affaire de philosophie en rapport à notre lien avec la culture et l’information. La curiosité, chercher sans cesse des informations sur tout et n’importe quoi, voilà certainement un des propres de l’homme. Certes, c’est un point qui souffre ces temps-ci avec l’introduction des moteurs de réponse à la place des moteurs de recherche. Nicholas Carr a même fait remarquer il y a longtemps que Google nous rendrait stupides (Is Google Making Us Stupid). Raison de plus pour lutter activement contre ce phénomène…
  6. R pour rigoureux : voilà un point certainement des plus importants, plus les modèles de langage hallucinent, et on a vu quelques exemples récemment dans la presse autour des Chatbots, plus nous avons besoin de faire fonctionner notre esprit critique, de croiser l’information, de la vérifier de la mettre sur une planche à secousses permanente.

Voici donc un petit acronyme, qui a pour but, au-delà de son côté amusant, et sans prétention, de remettre quelques idées en place. Et il peut aussi servir de guide pour définir sa stratégie humaine de contenu en ligne. 

J’entends déjà des détracteurs me souligner, comme cela est déjà arrivé, que tous les hommes ne sont pas intelligents, ce en quoi ils auraient parfaitement raison. Et que beaucoup, dans le passé, le présent et hélas l’avenir, ont utilisé utilisent et utiliseront leur intelligence à des fins néfastes. En conclusion que cette intelligence humaine n’est pas un modèle. Certes, cette remarque doit être faite et nous acceptons le fait que les hommes ne sont ni parfaits ni tous des modèles. Mais ici nous nous contenterons de regarder les choses positivement et d’essayer de remettre un peu d’intelligence dans ce monde de brutes technologiques.

 

Yann Gourvennec
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Yann Gourvennec

Yann Gourvennec created visionarymarketing.com in 1996. He is a speaker and author of 6 books. In 2014 he went from intrapreneur to entrepreneur, when he created his digital marketing agency. ———————————————————— Yann Gourvennec a créé visionarymarketing.com en 1996. Il est conférencier et auteur de 6 livres. En 2014, il est passé d'intrapreneur à entrepreneur en créant son agence de marketing numérique. More »

2 commentaires

  1. Merci Yann pour cette analyse que je rejoins.
    J’ai beaucoup aimé l’idée du C dans ton acronyme.
    L’intelligence artificielle reste un outil très intéressant sur les actions répétitives.
    Il faut valider, tester son apport et voir l’intelligence artificielle sous l’aspect productivité.
    L’intelligence humaine a encore un avenir.

    1. Merci Diane ! Ce qui est fascinant c’est l’acharnement mis par certains humains à remplacer les autres. C’est le bon côté de ces technologies, elles sont neutres et pas dans la compétition permanente comme les humains.

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