Transformation digitale

La FNAC est-elle un mythe vivant ou la survivance du passé ?

La FNAC est un mythe vivant, mais elle pourrait bien aussi disparaître. Dans cet article, Benoït Meyronin de l’école de Management de Grenoble parle d’une enseigne chère à tous ceux qui ont fait leurs études dans les années 80 (en économisant pour s’acheter leur chaîne Hifi, vous vous souvenez, ce “machin” qui servait à écouter de la musique avant l’invention du lecteur mp3, au temps où les mélomanes avaient des oreilles. Ceux-là détiennent encore aujourd’hui – de façon un peu fétichiste – une carte d’abonné de la FNAC. A l’heure du ROBO/ROPO (Lire le compte-rendu de la présentation de Bruno Vercelli ici et celle de ma présentation sur le u-commerce l’an dernier là) on a la sensation, en accord avec le long développement de Benoît Meychenin, que la FNAC est passée à côté de quelque chose.

La FNAC est-elle un mythe vivant ou la survivance du passé ?

La FNAC est un mythe pour tous les étudiants des années 80, mais pourra-t-elle leur survivre quand ils auront disparu ?
La FNAC est un mythe pour tous les étudiants des années 80, mais pourra-t-elle leur survivre quand ils auront disparu ?

Et pourtant ! L’esprit de la FNAC, apporté par un de ses créateurs, Philippe Mondan (avec qui j’ai eu la chance de m’entretenir l’an dernier chez KEA partners), et amélioré dans l’enseigne Extrapole (vous vous souvenez, il y a déjà 20 ans ?!) qui avait même racheté cette icône de la librairie indépendante qu’est le Furêt du Nord (le vrai, l’unique, celui de Lille, que j’ai connu dans ma jeunesse) n’a pas non plus survécu à la déferlante.

En l’occurence, Extrapole n’a pas pu prolonger sa vie après une série investissements ratés en Pologne, et fut racheté par … Virgin. Virgin, et là nous bouclons la boucle, ferme enfin son magasin des Champs en Janvier 2013 “acculé par Internet” si on en croit L’Expansion.

On peut donc en déduire avec certitude qu’avoir de bonnes idées ne suffit pas, et peut-être que la FNAC, loin d’être un mythe vivant n’est qu’une survivance d’un passé. Certes … un passé dont je suis moi-même nostalgique. Un jour peut-être encadrerai-je ma carte d’abonné de la FNAC pour me souvenir des bons moments d’antan.

Voir cet article de Benoît Meyronin

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La Fnac n’est pas une marque, c’est un mythe

La Fnac aurait pu figurer dans le célèbre ouvrage de Roland Barthes, Mythologies. Pourquoi ? Parce qu’elle n’est PAS une marque mais bel et bien, au même titre que le TGV, un élément du patrimoine français de la seconde moitié du 20ème siècle. Un symbole de la démocratisation culturelle. On peut juger la part du mythe quelque peu écorné par le comportement de certains vendeurs (oui, parfois, ils ne sont pas à la hauteur de nos attentes, c’est vrai… mais connaissez-vous une enseigne pour qui ce n’est jamais le cas ? Moi non).

Malgré des déceptions inévitables et une frilosité bien compréhensive depuis quelques années, la marque reste belle, puissante, évocatrice…

La Fnac, une marque « générationnelle » : Je me souviens…

Comme les fraises Tagada, comme la DS pour les générations précédentes, et bien d’autres marques encore, la Fnac reste associée pour moi à une époque, aux années 80 en l’occurrence, quand la montée en puissance du CD et la hifi reine me conduisaient dans les rayons de la Fnac de la rue de Rennes à Paris ou, à la fin des années 80, de celle de Clermont-Ferrand où j’étais étudiant. Je me souviens des « imports », ces disques introuvables de la BBC ou d’ailleurs que l’on ne pouvait trouver que là, le saint Graal…

La Fnac, c’est une marque puissamment générationnelle pour toutes celles et tous ceux qu’elle aura accompagnés durant ces belles décennies d’avant l’ère de l’Internet, quand subitement tout s’est déréglé.

Avec un tel « capital de marque », comment la Fnac a-t-elle pu se laisser aller, ne pas mobiliser ses adhérents autour d’elle, ne pas jouer plus activement de l’effet communautaire quand tout le monde n’a plus que ce mot à la bouche ? Incompréhensible pour moi…

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via FNAC, mon amour… | Cultures Services.

Yann Gourvennec
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Yann Gourvennec

Yann Gourvennec created visionarymarketing.com in 1996. He is a speaker and author of 6 books. In 2014 he went from intrapreneur to entrepreneur, when he created his digital marketing agency. ———————————————————— Yann Gourvennec a créé visionarymarketing.com en 1996. Il est conférencier et auteur de 6 livres. En 2014, il est passé d'intrapreneur à entrepreneur en créant son agence de marketing numérique. More »

Un commentaire

  1. Même si « l’amour se suscite et ne se gère pas » 😉 (en référence à FNAC, mon amour et l’une de vos visio-conférences auprès des #altercm), la FNAC semble avoir oublié d’entretenir la flamme (gérer sa relation?) avec sa communauté. C’est un sujet qui, personnellement me passionne car, il me semble, que l’on peut faire un parallèle, à une autre échelle, avec les problèmes rencontrés par les petits détaillants multimarques dans le retail. Leur cote d’amour est excellente mais ils perdent petit à petit le bénéfice de la proximité client parce qu’ils ne d’adaptent pas à la mutation de leur métier (web social, distribution multicanal…). L’avenir appartient pourtant à ceux qui le feront.
    Je me suis reconnu dans le petit flashback sur votre relation « amoureuse » avec la FNAC; aussi n’ai je pu m’empêcher de vous faire une petite dédicace « générationnelle » en musique : http://youtu.be/kcMAj9gFC24

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