Stratégie antifragile : une formation pour antidote à la crise

Visionary Marketing a interviewé François Cazals, pionnier de l’Internet, du management et du consulting, et professeur à HEC, qui lance une formation en présentiel et en distanciel, intitulée « stratégie antifragile ». La situation actuelle et l’imprévisibilité de l’avenir posent un grand nombre de questions aux managers qui doivent tenir la barre dans ces temps difficiles. La formation conçue par François Cazals, inspirée par les travaux de Nassim Nicholas Taleb, a pour but de leur donner les éléments nécessaires à la gestion par ces temps difficiles.

Stratégie antifragile : une formation pour antidote à la crise

La formation stratégie antifragile s’inscrit dans la période singulière que nous avons vécue, celle du premier confinement, souligne François.

Tout au début de l’année 2020, beaucoup d’entre nous ont été amenés, contraints et forcés, à arrêter nos activités et à réfléchir.

stratégie antifragile
La formation stratégie antifragile lancée par François Cazals (en distanciel et en présentiel)

« Aucun de mes clients, pas plus que l’État, n’avait été capable de prévoir ce qui nous arrivait et encore moins les débats sociétaux qui en ont découlé ».

Cela a amené François à se poser une question de fond :

Comment se fait-il que mon organisation soit prise au dépourvu en dépit des nombreux plans Excel et feuilles de route que les grandes organisations imaginent à longueur d’année ?

L’inspiration derrière la formation stratégie antifragile

Sa réflexion l’a amené à relire deux livres fondamentaux d’un célèbre auteur libano-américain, Nassim Nicholas Taleb.

The Black Swan
The Black Swan, le cygne noir de Taleb

Le premier est le cygne noir : la puissance de l’imprévisible.

Le deuxième, Force et Fragilité.

Il y souligne que, très régulièrement, l’humanité doit affronter des événements totalement imprévisibles.

L’auteur voit trois modalités liées à ces crises :

1 – Les plus faibles ne sont pas capables de les affronter et sont détruits ou disparaissent à la suite de la crise

2 – Quelques organisations ou individus arrivent à résister, ils sont robustes

3 – Non seulement une petite proportion des hommes, entreprises ou organisations résistent aux crises, mais s’y développent et se saisissent de nouvelles opportunités

François est consultant en stratégie. Pendant des années, il a enseigné et réalisé des missions de conseil à base de plans stratégiques, de tableaux Excel.

Sans oublier les fameux plans à trois, cinq ans. « Essayer de prévoir le futur est une prétention intellectuelle très grande » pourtant, ajoute François.

C’était une remise en question intellectuelle très grande : mon métier pouvait-il continuer à avoir du sens tel qu’il est pratiqué ?

Quelles sont les leçons qu’on doit tirer des cygnes noirs qui se sont multipliés ?

Une pandémie mondiale, une guerre en Europe, le retour d’une inflation massive, tout cela était impossible à imaginer.

« Nous avons vécu à la queue leu leu toutes sortes de choses qui étaient totalement imprévisibles et qui ont bouleversé la donne et le mode de fonctionnement de tout un chacun », poursuit François Cazals.

La stratégie a un sens si elle devient « antifragile »

François aime cette citation de Jeff Bezos, l’emblématique patron d’Amazon :

« Je reçois très fréquemment la question : qu’est-ce qui va changer dans les 10 prochaines années ? » C’est une question très intéressante ; elle est très courante. On ne me pose presque jamais la question : « Qu’est-ce qui ne va pas changer au cours des dix prochaines années  ?

Et je vous soumets que cette deuxième question est en fait la plus importante des deux — parce que vous pouvez construire une stratégie commerciale autour des choses qui sont stables dans le temps ».

Jeff Bezos (la règle de Jeff Bezos, ce qui ne changera pas)

Or, un grand nombre de choses vont persister dans les 30 ou 40 ans qui viennent.

« Je suis certain que le changement climatique, compte tenu de son inertie physique, va avoir des effets délétères pendant plusieurs décennies. Si je suis au comité exécutif, dirigeant, chef d’État, etc., j’ai un point de certitude très grand que je peux inclure comme une variable stable de l’équation » explique François Cazals.

Ainsi, on est certain qu’un certain nombre de matières premières sont plus près de la fin de leur stock qu’au début.

À partir de là, je remets en question l’idée que l’on peut faire des prévisions stables sur des durées de trois ou quatre ans

On peut, malgré cela, adopter une vision stable du futur. Pour y arriver, il faudra néanmoins beaucoup de modestie. Pour cela, il faudra apprendre à réduire le risque en recourant à des scénarios.

« Mais il y a vraiment un grand besoin de changement de culture mentale des dirigeants », explique François Cazals.

« Il faut être capable de se dire que s’il y a un aléa que je n’avais pas prévu dans mon plan stratégique et mes tableaux Excel, je fais des confettis avec, et je dois changer mes plans ».

Ceci ne concerne pas forcément l’ensemble de ma vision, mais la manière d’atteindre mon objectif.

Ce n’est pas évident, car il est très rassurant pour toutes les parties prenantes, notamment des grandes organisations des entreprises, de faire des rapports, tous les trimestres, sur les prévisions de l’avenir.

En cas de choc, il faut avoir l’humilité de se dire que les plans qu’on avait établis sont perturbés

« On avait prévu 2 % d’inflation, il y en a 12 %. On avait prévu que les taux resteraient bas et ils remontent significativement. Nous pensions aussi que la paix allait durer et on se trouve face à la guerre en Ukraine et en conséquence, on subit la tension sur les matières premières, les semi-conducteurs, etc. »

Stratégie antifragile : comment diriger ?

Il existe des éléments de littérature stratégique qui permettent de répondre à cette question.

J’en vois deux principaux, et ces deux approches sont d’essence asiatique plutôt qu’américaine.

Une théorie conçue il y a quelques années par une professeure d’origine indienne, Saras Sarasvathy.

Elle s’est intéressée aux petites organisations, les PME, voire les TPE ou les indépendants. Elle a fait un constat : aucune de ces petites boîtes n’a de plan stratégique, au sens où on l’entend dans les grands groupes.

Et pourtant, elles arrivent à faire vivre leur activité, la faire croître, et se développer pendant des décennies et parfois des générations.

Comment se fait-il que les petits arrivent très bien à survivre et à se développer sans tous les artifices utilisés par les grandes entreprises ?

Ce que font les petits pourrait-il être duplicable aux grandes structures qui ne sont pas très agiles ?

Elle a ensuite écrit l’effectuation, qui est l’idée de « faire avec ce qu’on a ».

La vieille stratégie, c’est votre famille qui vous prévient trois mois à l’avance qu’elle vient dîner.

Vous savez exactement qui va venir, vous connaissez leurs goûts, etc.

Et tout se passe bien. Le supermarché est bien achalandé, les prix n’ont pas bougé, aucun des convives ne fait faux bond.

Tout se passe bien, c’est la stratégie qu’on appelle causale

Pour continuer à filer la métaphore, les aléas, c’est un samedi soir, à 21 h 15. Alors que tout est fermé, huit amis arrivent de province, n’ont pas trouvé d’hôtel, et viennent dîner chez vous.

Comme tout est fermé, vous ouvrez votre placard et préparez des pâtes avec de la sauce tomate.

Le principe d’effectuation permet de développer l’agilité en période de crise

Une deuxième approche, qui date de 2005, est la Blue Ocean Strategy.

Elle préconise de fuir les océans rouges de rivalités. Je pense qu’on peut fuir, avec la technique des océans bleus, ces océans rouges des grandes crises.

On peut créer des océans bleus qui sont des espaces stratégiques originaux, qui offrent un cadre méthodologique intéressant et simple permettant l’adaptation.

En mixant ces deux cadres théoriques, on se rend compte qu’un certain nombre d’approches théoriques permettent de développer cette caractéristique d’antifragilité.

« Dans cette formation sur la stratégie antifragile, il y a bien d’autres éléments complémentaires, plus managériaux et un peu moins stratégiques », complète François Cazals.

La Formation Stratégie antifragile a lieu le 27 octobre à Paris, et les 28 octobre et 4 novembre en distanciel, inscrivez-vous !

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