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| 1/ Intervention
de Bernard Cova |
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B. Cova fait l'exercice de mise en perspective de ce que l'on
appelle " marketing de solution et stratégies de full
service " en nous livrant les raisons d'être du marketing
de solution ; puis il en retrace l'historique et montre comment
le concept est mis en uvre de nos jours.
Les raisons d'être du marketing
de solution
B. Cova évoque deux facteurs principaux ayant incité
les entreprises à se tourner vers un marketing de solution.
Premièrement, dans un contexte concurrentiel, les entreprises
veulent éviter l'écueil de la banalisation et le
piège de la " commodité " qui conduisent
souvent à une inévitable guerre des prix. Deuxièmement,
elles ont pris conscience des attentes nouvelles des clients et
surtout de leur demande de création de valeur : ces derniers
plutôt que simplement des produits et services préfèrent
dans un contexte B to C, de l'expérience et dans un contexte
B to B, des solutions. Ainsi, pour répondre positivement
aux clients qui souhaitent que l'on construise avec eux de la
valeur exceptionnelle avec des solutions qui permettent une optimisation
dans son activité - qui se traduise soit par une baisse
des prix, soit par une augmentation de la performance de l'entreprise-,
le marketing de solution apparaît donc comme fondamental
actuellement dans l'industrie surtout lorsqu'il y a une volonté
de se différencier par rapport à ces concurrents.
L'historique du marketing de solution
Dans les années 70, la vente de systèmes (System
Selling) apparaissait comme le choix stratégique pour se
différencier sur les marchés industriels. La genèse
de ce concept " marketing de solution " remonte aux
années 80 lorsque l'idée d' " accompagner "
les entreprises-clientes a commencé à émerger
; le concept de Vente consultative (Consultative Selling) a alors
été créé. Ce n'est que dans les années
90 que le paradigme de la Vente de Solutions (Solution Selling)
est apparu suivant le principe qu'il fallait non seulement accompagner
les entreprises mais surtout les accompagner pour qu'elles traduisent
leur opportunité en besoins auxquels l'entreprise-fournisseur
serait en mesure de répondre.
L'actualité du marketing
de solution
En fait, B. Cova montre que le marketing de solution est loin
de ce que l'on désigne par " système "
; ce n'est en aucun cas une offre pré-packagée.
Il insiste par contre sur le fait qu'il s'agit d'un processus
de construction conjointe qui a pour cible la performance du client
sur son marché. Autrement dit, le marketing de solution
agit alors que le client n'a pas de besoin et a pour objectif
d'aider le client dans son activité à trois niveaux
distincts : corporate, fonctionnel et individuel.
B. Cova conclut en soulignant l'interdépendance des concepts
de Key Account Management, marketing de solution et contrats de
full service.
| 2/ Intervention
de Fabrice Dejoux |
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F. Dejoux retrace l'historique d'ABB en insistant sur les événements
tels la naissance du Full Service solution dans l'entreprise.
ABB dont les deux métiers historiques sont l'énergie
( transport et distribution) et l'automation et qui est présent
dans 100 pays, a lancé le Full Service dans les années
90 ; un peu tôt pour l'époque, ce qui lui a valu
de surmonter de nombreuses contraintes " inattendues "
comme l'immaturité des clients et des marchés pour
une telle démarche. Après avoir tiré les
leçons de ses erreurs, l'entreprise continue de progresser
dans le montage de solutions et développe dans les années
2000, la vente de solutions Services ayant compris que la grande
bataille était désormais la performance industrielle
; il faut savoir utiliser l'outil de production à 90% de
sa capacité quelle que soit la problématique client.
Ainsi, par la vente de solutions de Services, ABB entend pouvoir
proposer une solution Service spécifique à chaque
situation client partant du constat qu'il ne peut y avoir de réponse
toute faite.
F Dejoux précise que pour ABB, le Service est avant tout
de la valeur et de la compétence et met en exergue les
fondements de la vente de solutions Service. Selon lui, la vente
de solutions Service repose sur :
- "notre doctrine : l'amélioration de la performance
industrielle de nos clients ;
- notre approche : " nous n'avons pas de produit
à vendre, mais des compétences qui peuvent répondre
à une problématique client, d'où faire
preuve d'une grande écoute ;
- la validation : le retour sur investissement ( ROI)
est notre critère clé dans la construction d'une
solution Service. "
F. Dejoux ne cache pas qu'un tel changement au cur du métier
d'ABB a eu des répercussions sur l'organisation mais aussi
sur la culture qu'il a fallu changer. Les collaborateurs de l'entreprise
ont dû être formés aux nouveaux principes et
approches et oublier des poncifs comme " on n'a rien à
vendre "en ayant en tête : " ne pas arriver chez
le client pour essayer de lui vendre un produit ", "
ne pas passer des transparents d'ABB d'emblée dès
l'arrivée chez le client "
. En résumé,
il souligne l'importance essentiellement d'être à
l'écoute du client et de comprendre suffisamment tôt
les compétences qui intéressent fortement les clients.
Enfin, F. Dejoux répond aux questions de l'assemblée
sur les spécificités culturelles dans les différents
pays en faisant état du cas particulier de la France où
les entreprises-clientes se caractérisent par un achat
sur la base d'une approche de coûts directs plutôt
que d'une approche de coûts complets. Il ajoute que la difficulté
en France pour ce genre de démarche est que même
dans les cas d'externalisation totale, le client essaie de garder
une part du management de la maintenance ce qui conduit à
des relations parfois difficiles. En revanche, dans les pays anglo-saxons,
l'approche solution globale semble plus répandue.
| 3/ Intervention
de Laurent Dugas et Bruno Jourdan |
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B. Jourdan et L. Dugas définissent leur métier
comme étant la transformation de la performance commerciale
du fournisseur pour rapprocher son monde de celui du client. Ils
débutent leur prestation par un petit sketch qui aura le
mérite de poser le doigt sur le problème de bon
nombre d'entreprises actuelles et de donner un exemple de ce qu'est
la vente complexe. Souvent, les entreprises lancent des appels
d'offres pour faire traiter un problème par l'externe alors
que leur véritable souci est qu'elles n'ont pas su identifier
leurs véritables faiblesses et encore moins exprimer leur
véritable besoin. Le cas d'American Airlines (AA) est l'objet
de ce sketch.
Voilà l'histoire : American Airlines, soucieuse de booster
ses performances, avait lancé un appel d'offres auprès
de plusieurs entreprises de publicité pour le montage d'une
campagne publicitaire. Le PDG d'American Airlines a rendez-vous
avec le PDG de Saatchi & Saatchi pour discuter de cet appel
d'offres. Pendant une quinzaine de minutes les employés
de la réception de Saatchi & Saatchi lui feront affronter
un mauvais accueil et un mauvais service etc
A l'issue de
cet épisode, le PDG de Saatchi & Saatchi apparaît,
le salue et lui fait remarquer que ce qu'il vient de vivre est
ce que vivent les clients d'AA tous les jours. Ainsi, ayant touché
le point sensible d'American Airlines, Saatchi & Saatchi qui
possède aussi un département de consultance propose
au PDG d'American Airlines non pas une campagne publicitaire mais
bien une solution pour améliorer sa gestion du service
client qui est le vrai besoin actuel de l'entreprise pour améliorer
ses performances. Saatchi & Saatchi a de cette manière
déplacé le terrain de jeu du client, a fait naître
une nouvelle opportunité et a remporté un appel
d'offres auquel il peut répondre de façon compétente
; de plus, il n'est plus en compétition puisqu'en face,
ne sont présentes que des agences de publicité qui
n'ont pas cette expertise.
L'idée sous-jacente que P-Val Conseil met en exergue est
que cette Vente par le sommet, comme ils se plaisent à
l'appeler, consiste à " proposer une idée business
au client et la transformer en un projet qu'il est le seul à
pouvoir réussir ". Puis, L. Dugas et B. Jourdan(1)
reviennent à la théorie pour expliciter les fondements
de la vente complexe ; la vente complexe, c'est une solution et
des équipes. Lorsqu'une entreprise se lance dans la vente
complexe, elle doit opérer une évolution notable
de ces forces de vente. En outre, côté vendeur et
côté acheteur, il y a plusieurs intervenants et tout
l'enjeu est de créer du liant entre tous ces acteurs. Ils
précisent toutefois que, souvent, on est obligé
de faire co-exister les trois types de vente pré-cités
par B. Cova (vente transactionnelle, vente consultative, vente
complexe) et toute la difficulté réside dans la
capacité des ressources commerciales à être
suffisamment flexibles pour s'adapter à toute situation.
Selon P-Val, c'est là que le marketing entre en jeu pour
apporter de la matière au commercial afin qu'il puisse
rebondir sur la douleur du client pour proposer une idée.
La démarche est donc la suivante : " je propose une
idée et je la transforme en projet que je suis seul à
pouvoir mener ". Autrement dit, il s'agit de cristalliser
l'idée chez le client en essayant de toucher la personne
qui peut engager le budget ; en créant du lien entre équipes
fournisseur et client, le fournisseur va progressivement influencer
le client pour qu'au final, le cahier des charges lui soit favorable
en co-construisant l'idée avec le client, la dernière
étape étant de convaincre le détenteur du
budget. La logique de relation est en fait que le fournisseur
devient le conseiller de son client.
Après avoir remercié vivement les différents
intervenants et participants dont Laurence Gaubert de Sanofi Aventis,
Patrick Gaonach, Directeur Commercial de Schneider Electric, Benoit
Bardon, Directeur Marketing de Dalkia, Y. Gourvennec, Alliance
Partenaire France Télécom, des experts en stratégies
managériales et de l'industrie agro-alimentaire : M. Bloch
et B. Grieux, des collaborateurs de la Branche Commerce d'EDF,
de la Direction des Métiers du Groupe, de la médiathèque
EDF, des designers d'EDF R&D, et autres représentants
d'EDF R&D, M.C. Louyot-Gallicher s'accorde avec B. Jourdan
pour souligner le fait que cette approche est adaptable en B to
C, les consommateurs ayant de nouvelles attentes dont celle de
création de valeur. MCLG reprend la phrase de B. Cova :
" ces derniers plutôt que simplement des produits et
services préfèrent dans un contexte B to C, de l'expérience
et dans un contexte B to B, des solutions ". Les stratégies
en B to C sont en effet, et pour la plupart, issues de réflexions
menées initialement en B to B.
(1) Pour en savoir plus
sur la vente complexe, n'hésitez pas à vous référer à l'ouvrage
" LA VENTE COMPLEXE, comment passer d'une vente de produits à
une vente de solutions ", L. Dugas, B. Jourdan.
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