Pour imaginer le futur de la banque dans les 10 ans qui viennent

Le futur de la banque et des services financiers est un sujet que nous avons abordé maintes et maintes fois ici, du côté du front et du back office. Un sujet dont on pourrait penser qu’il est réglé depuis longtemps, mais il n’en est rien. « Beaucoup a été fait sur du PowerPoint » a expliqué Pierre Blanc ce matin dans un événement que j’ai animé pour le compte d’Athling — sa société qui fêtait ses 20 ans aujourd’hui — « mais ce ne sont pas les PowerPoints qui comptent » a-t-il poursuivi. Dans une présentation courte mais inspirante, Pierre — auteur chez Kawa de l’IA expliquée à mon boss — a balayé les 3 tendances les plus marquantes qui feront le futur de la finance, à la sortie de la crise actuelle.

Comment imaginer le futur de la banque dans les 10 ans qui viennent ?

Comment imaginer le futur de la banque dans les 10 ans qui viennent ?
10 ans, une période longue et en même temps très courte pour imaginer le futur de la banque et des services financiers

10 ans c’est très long. Mais dans les services financiers, finalement pas tellement, « car il s’agit encore d’un environnement fortement réglementé » a expliqué Pierre en substance dans la présentation de ce matin que vous pourrez revoir intégralement dans la vidéo ci-dessous ou directement depuis la page Webinathon.com.

Un environnement qui n’a donc pas tant bougé que cela et sans doute qu’au travers des billets que nous avons mis en référence ci-dessus, nous avons péché par excès d’enthousiasme.

Les néobanques n’ont pas autant révolutionné le paysage bancaire qu’on aurait pu le croire. Nickel a été racheté par BNPP, Apple Pay est rentré dans le rang en faisant la paix avec les grandes banques qui peuvent à nouveau jouer leur rôle protecteur, comme cela a été fort bien décrit par une des personnes présentes lors de la réunion de ce matin. Les néo banques bousculent le paysage mais les grands réseaux tiennent bons.

La crise a renforcé l’utilité des institutions financières solides

Sans doute que la crise a même, avec son afflux prévu d’entreprises zombies en 2021, renforcé encore les grands acteurs de la finance, et tant mieux dans un sens, car nous aurons plus que jamais besoin de compter sur leur solidité et leurs garanties, à un moment où certaines sont déjà fragilisées et se préparent à s’appuyer sur des « bad banks »

Est-ce la fin de l’innovation dans le secteur financier ?

Certainement pas et même bien au contraire.

Il y a 3 voies de développement de la finance qui sont repérées par Athling dans les prochaines années. Ils ont évalué ce changement à 10 ans, l’avenir nous dira si cette plage de temps était suffisante.

  1. La première est celle des services, car la finance n’y échappe pas. Comme tous les autres secteurs qui suivent ce chemin d’évolution décrit par Joe Pine : commdodité > produits > services > expérience > transformation. Ici on sort de la finance pure pour aller sur le service lui-même. Service aux entreprises, mais aussi aux particuliers avec des incursions dans la mobilité, et sans doute la multi-modalité dans les futures années.
  2. Deuxième voie identifiée par Athling, la lente mutation du papier vers la donnée. Un changement qui prend son temps car si la plupart des accès sont dématérialisés (ce n’est pas neuf, j’ai même eu l’honneur de donner les premiers coups de pioche de la banque sur Internet avec Abbey National dès 1996 !) il y aura bien des cas, soulignés par Pierre lui-même, où « l’on vous fera encore signer des papiers ». C’est qu’il y a une résistance au changement d’une part, et d’autre part un environnement très réglementé et fort complexe (tous les back offices de tous les produits ne suivent pas toujours au même rythme, quiconque est multibancarisé le sait, les anicroches sont encore nombreuses). Du travail donc encore sur la dématérialisation, et encore plus sur l’usage de la donnée, avec des barrières réglementaires (RGPD et encore plus ePrivacy) qui ne simplifient pas les choses. A la question pernicieuse d’un participant « qui fera sauter les barrières du RGPD ? », Pierre ne semble pas penser que cela puisse venir des acteurs institutionnels, et cela n’est pas choquant.
  3. Dernier point, l’Intelligence artificielle — ou devrait on parler d’automatisation ? — qui va sans doute faire parler d’elle dans les back offices pour commencer, au gré d’une concentration qui s’accélère, et qui selon Pierre, trouve ses racines dans l’avant Covid 19. Des efforts d’automatisation qui pourront — si on regarde le côté positif des choses — permettre de libérer du temps aux  conseillers financiers pour monter dans la valeur et proposer des conseils plus haut de gamme et plus personnalisés.

3 tendances donc, qui ne doivent pas occulter complètement d’autres sujets également intéressants comme Open Banking ou l’application de la technologie Blockchain dans les banques. Le futur de la finance est encore à inventer, nous n’avons pas fini d’en parler.

L’intelligence artificielle expliquée à mon boss

Pierre présentait son bouquin devant les caméras de Visionary Marketing il y a tout juste deux ans.

Pour télécharger les slides de la présentation de ce matin :

Cliquer pour accéder à 201215-athling-20-ans-diapos.pdf

Yann Gourvennec
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