Le point de vue de Sir Tim Berners Lee est-il biaisé ?

Le point de vue de Sir Tim Berners Lee est-il biaisé ? Voici en guise de référence historique (ce billet n’avait pas été traduit de notre site anglais) un rapport d’Edouard Austin, de mon équipe, qui assistait au discours d’ouverture (prémonitoire) de la conférence WW2012 prononcé par l’un des fondateurs du Web, Sir Tim Berners Lee. Celui-ci lançait alors un avertissement clair quant à la menace croissante qui pesait sur la liberté d’expression sur Internet. Près de 10 ans après, le constat est encore plus sombre et c’est cette réflexion qui, à terme, a mené à la constitution en 2019 de « Contract for the Web ». Dans ce discours, il adressait un commentaire clair à Mark Zuckerberg qui a annoncé il y a quelques années que « la vie privée n’était plus une norme sociale« .

Is Sir Tim Berners Lee’s view one-sided?
Le point de vue de Sir Tim Berners Lee était-il biaisé en 2012 ? La réalité de l’Internet « libre » en 2020 semble lui avoir donné raison

Le point de vue de Sir Tim Berners Lee était-il biaisé ? (en 2012)

Je vous livre ici mes réflexions d’alors. Elles se révélèrent hélas prémonitoires. Un très long article est en préparation sur ce sujet de l’état du Web en 2020 et des scénarios sur ce qu’il pourrait devenir au-delà.

Alors que la menace croissante qui pèse sur la liberté d’expression est une menace non discutable et de plus en plus inquiétante, j’oserais dire que cette intervention n’aborde pas l’autre aspect de la question et le fait que l’absence de réglementation a également porté atteinte aux droits d’autrui et notamment à ceux des artistes, parfois au profit de voleurs qui ont amassé des fortunes colossales.

Je sais que cette question est discutable mais, bien que je sois un partisan de l’Internet libre et de la liberté d’expression en ligne depuis le premier jour – c’est-à-dire depuis 17 ans – je ne peux pas croire que l’on puisse faire quoi que ce soit. Ou du moins, je crois qu’il faut analyser et débattre des deux côtés de la question, et placer la liberté d’expression dans les limites saines établies par la loi (vous savez, cette chose démodée que l’on avait l’habitude de respecter). En fait, je suis un fervent partisan de la liberté d’expression et de la créativité ouverte, mais je ne suis pas convaincu que copier et approuver illégalement le contenu d’autrui soit une option.

Sir Berners Lee, le fondateur du Web, met en garde contre le manque de liberté en ligne

Orateur principal du World Wide Web 12 à Lyon, le fondateur du Web Sir Tim Berners-Lee a fait part de ses préoccupations croissantes concernant la liberté et les libertés sur le web.

« C’est un danger pour la sécurité nationale d’un pays que d’avoir des informations sur toutes les personnes stockées sur un seul disque ». En arrivant (en retard) dans l’imposante salle de conférence de la Cité internationale, Sir Tim Berners-Lee commençait à peine à souligner les dangers du web pour la démocratie d’aujourd’hui. « Ce n’est pas seulement le marché ouvert qui dépend d’un Internet ouvert, mais la démocratie, le discours humain ».

Le fondateur du Web s’inquiète de plus en plus de la quantité d’informations confidentielles qui circulent sur le web et de la manière dont les données personnelles peuvent être utilisées par les entreprises ou la politique. Internet doit rester une plateforme d’innovation et de création mais Berners-Lee insiste sur le fait que « nous devons être vigilants. 90% du temps, nous devons passer à créer, à faire des choses cool et à innover, mais 10% du temps, nous devons passer à protéger la plateforme sur laquelle nous le faisons ».

via le blog d’Orange

Yann Gourvennec
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