Éthique des données : ne pas laisser IA et Big Data aux mains des experts

La plupart des universités du monde proposent des cours sur la science des données, le machine learning et l’intelligence artificielle. N’est-il pas temps d’ajouter l’éthique des données à l’ordre du jour, à une époque où des géants de la technologie comme Facebook et Google – pour n’en nommer que quelques-uns – sont devenus des cibles familières pour le manque de respect envers les données de leurs utilisateurs ? Ou du moins pour leur incapacité à empêcher que de telles données ne soient volées par des acteurs externes comme le tristement célèbre Cambridge Analytica. Cette contribution constituera le cadre de ma présentation au nom du Business Analytics Institute à la conférence du CDEFI sur « Ethique et numérique« , le 6 juin à Toulouse.

Quelle est l’importance de l’éthique des données

Ethique des données
Nous avons tous nos croix à porter, mais Mark en porte une encore plus grande : celle de nos données volées par Cambridge Analytica, entre autres. Collage d’un artiste anonyme – Paris Janvier 2019]

Quelles questions doivent être abordées, quels thèmes doivent être explorés et comment la matière peut-elle être enseignée efficacement ?

L’éthique des données implique l’étude et l’adoption de pratiques, d’algorithmes et d’applications qui respectent les droits fondamentaux des personnes  et les valeurs de la société. L’importance des données dans les économies modernes se fait  chaque jour plus évidente.

Toutefois le succès, non seulement dans le domaine scientifique mais aussi dans le monde des affaires et pour la société en général, dépend de la connaissance des données existantes et de ce qu’elles représentent.

Il n’est pas étonnant que les universités du monde entier proposent aujourd’hui des spécialisations en data science, en machine learning et en intelligence artificielle.

Pourtant, laisser la data science aux seules mains des experts serait faire preuve à la fois de myopie et d’ignorance des dangers, tant les entreprises publiques et privées s’appuient de plus en plus sur l’analyse des données pour surveiller et évaluer presque tous les aspects de notre vie quotidienne.

L’éthique des données se limite-t-elle aux préoccupations concernant les escroqueries par courriel, l’utilisation abusive du microciblage et l’immoralité des fermes de trolls ?

Les universitaires de Cambridge ont monétisé leur recherche de données psychométriques pour prédire et influencer les préférences comportementales. Facebook a ainsi délibérément influé sur les timelines de sept cent mille de ses utilisateurs sans leur consentement.

Amazon a continué à commercialiser agressivement son outil de reconnaissance faciale Rekognition en dépit des interrogations sur la vie privée et les biais d’usage.

Les tribunaux recourent à des algorithmes pour établir le profilage des condamnés en termes de « risque » en fonction de la couleur de leur peau à chaque étape de la procédure judiciaire. Les employeurs recrutent à l’aide d’algorithmes qui, par nature, favorisent certains groupes socioéconomiques.

Les applications de la science des données ne peuvent pas être rejetées comme étant simplement  » business as usual « , car leurs conséquences éthiques conditionnent l’avenir des entreprises et de la société.

Quels types de problèmes essayons-nous de résoudre… 

lorsque l’on met en œuvre les techniques de la science des données pour automatiser des processus, interpréter des données sensorielles, maîtriser des relations conceptuelles ou influencer la dynamique environnementale ?

L’intelligence artificielle (IA) peut être distinguée de l’apprentissage automatique ou Machine Learning (ML) en comparant ses objectifs, ses méthodes et ses applications.

De par sa nature même, l’apprentissage automatique s’est historiquement concentré sur la production de nouvelles connaissances, alors que l’IA vise à remplacer l’intelligence humaine.

L’apprentissage par la machine utilise des algorithmes pour améliorer l’apprentissage supervisé, non supervisé ou renforcé, et l’IA utilise des algorithmes pour reproduire le comportement humain.

Les scientifiques des données déploient l’apprentissage machine pour mieux comprendre les tendances des données, ils espèrent que l’intelligence artificielle apportera la réponse à des problèmes complexes.

Si l’objectif du Machine Learning est d’améliorer notre capacité à prendre de meilleures décisions, celui de l’IA est de fournir la solution optimale. Les implications éthiques de la science des données dépendent des objectifs, des pratiques et des applications de chaque organisation.

L’éthique des données est-elle un sujet plus vaste que l’intelligence artificielle elle-même ?

Si la portée de l’intelligence artificielle est difficile à mesurer, son impact sociétal s’étend bien au-delà de la simple tentative de  » faire quelque chose d’utile avec le marécage croissant de données  » à notre disposition.

Les données ne sont-elles que de la technologie, l’IA peut-elle être réduite à une forme de logique expérimentale conçue pour guérir les maux de la vie moderne ?

Parce que l’intelligence artificielle reflète les visions, les préjugés et la logique de la prise de décision humaine, nous devons examiner dans quelle mesure l’intelligence artificielle peut être isolée des grands défis économiques et sociaux qu’elle a été conçue pour relever.

De nouveaux enjeux comme la protection de la vie privée, l’engagement du public à l’égard des données, les paramètres pertinents pour évaluer le progrès humain et la relation entre les données et la gouvernance suggèrent que les données conditionnent la façon dont nous voyons et évaluons le monde qui nous entoure.

Si les données ont peu de valeur tant qu’elles ne sont pas utilisées pour comprendre les actions décisives, l’éthique des données doit se concentrer moins sur les données et sur les algorithmes qui ont un impact sur la rationalité limitée qui définit les décisions humaines.

En somme, comme le suggèrent les partisans de la science ouverte, il n’y a pas d’opposition binaire entre données et action, seulement des interactions entre interventions et contextes.

Data Ethics
Nous sommes à la croisée des chemins. Soit nous suivons la voie de l’éthique des données, soit nous choisissons l’autre voie qui nous conduit à plus de vols de données et à moins de respect pour les utilisateurs. Cette question est vitale pour le monde numérique.

Quelles sont les matières qui doivent être abordées dans un programme d’études sur l’éthique des données ?

Comme l’illustrent les initiatives prises en Europe, au Brésil, en Inde, à Singapour et en Californie, les questions relatives aux renseignements personnels identifiables, au consentement explicite, ainsi qu’aux droits d’accès, de rectification et d’oubli doivent toutes être examinées.

Les biais implicites devraient aussi figurer dans les priorités ainsi que la compréhension de la manière dont les attitudes et les préjugés influencent notre compréhension des données, de la cognition, de la logique et de l’éthique.

Les questions de gouvernance entourant la transformation numérique pourraient être analysées, y compris la manière dont les managers et les organisations auxquelles ils appartiennent, s’emparent des données et en sont responsables.

L’impact de la technologie sur les processus de décision devrait également être discuté, car notre recours aux données a modifié en profondeur les définitions traditionnelles de  » liberté de choix « ,  » vie privée « ,  » véracité  » et  » confiance « .

Enfin, la compatibilité entre intelligence artificielle et innovation peut être examinée : notre recours au scientisme déprécie d’autres formes d’intelligence humaine, notamment l’intelligence émotionnelle (interpersonnelle), linguistique (intelligence des mots), intrapersonnelle (connaissance de soi) et spirituelle (existentielle).

Enfin, comment et où enseigner l’éthique des données ?

Comme point de départ, Rob Reich suggère que tous ceux qui sont formés pour devenir technologues devraient posséder un cadre éthique et social leur permettant de réfléchir aux implications de leur travail.

Pourtant, comme le démontrent les auditions parlementaires sur l’IA en France et en Allemagne, les étudiants qui se préparent à une carrière en politique publique et dans d’autres domaines gagneraient à mieux comprendre l’impact sociétal des sciences des données.

Plutôt que de proposer une liste de choses à « faire et ne pas faire » sur l’éthique des données, il serait préférable de s’inspirer des conséquences éthiques de la résolution de problèmes à partir des données.

En l’absence de cette liste universelle des choses à  » faire et ne pas faire « , Shannon Vallor soutient que les étudiants doivent acquérir une  » sagesse pratique «  pour relever les défis éthiques que posent les générations successives de technologies.

Si l’éthique des données ne pourra sans doute être  entièrement appréhendée à l’intérieur d’un seul cours, elle peut être mieux explorée dans un cadre appliqué à l’étude universitaire et à la recherche dans son ensemble.

C’est en ce sens que le Business Analytics Institute propose ce sujet de l’ « Ethique des données” aussi bien sous forme d’un module clé en mains que d’un cadre pédagogique. Si vous êtes intéressé, veuillez contacter ethics @ baieurope.com

Comment faire face aux défis humains imposés par l’IA ? – Christian Clot

Faire face aux défis de l’IA – Christian Clot

Christian Clot est un personnage extraordinaire. A la fois chercheur et explorateur, il s’est astreint à passer 4 fois 30 jours dans les lieux les plus extrêmes de la planète. J’ai vu ses vidéos et témoignages et ai été grandement impressionné. Je dois même avouer ne pas avoir compris comment on pouvait sortir vivant de ce temps passé dans le désert iranien le plus chaud du monde où la moindre goutte de transpiration s’évapore instantanément ! J’ai interviewé Christian dans le cadre du futur salon AI Paris 2019 qui se tiendra les 11 et 12 juin prochains et dont Visionary Marketing est partenaire média. En tant que chercheur, Christian étudie l’adaptation des humains aux changements les plus profonds qui nous attendent dans les décennies qui viennent. Parmis ces défis, l’intelligence artificielle n’est pas le moindre. 

Vous avez testé les endroits les plus extrêmes de la planète, pourquoi ?

Je mène des études depuis maintenant une dizaine d’années sur la capacité humaine d’adaptation aux conditions nouvelles et changeantes.

J’ai fait cela parce que je suis explorateur depuis maintenant pas mal de temps et j’ai observé sur le terrain les changements vécus par les personnes qui vivent ces climats très difficiles : des changements cognitifs,  des changements de personnalité et des changements de manière de fonctionner très profonds.

IA Christian Clot
Pour prévenir les bouleversements de l’IA sur la société, Christian Clot a traversé un désert iranien pendant son projet « Adaptation » Cela lui permet de lancer des recherches sur l’adaptation des cerveaux humains aux changements intenses [image Christian Clot via VSD]
J’ai donc décidé de me servir des milieux extrêmes pour voir comment évolue le cerveau humain quand il est confronté à des changements profonds.

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Influence Marketing : un secteur en plein essor a son livre de référence

J’ai eu l’honneur et le privilège de contribuer au dernier livre de Camille Jourdain sur l’influence marketing, paru récemment aux éditions Kawa, où nous publions également nos ouvrages « à mon boss ». Camille a eu la gentillesse de prendre cette contribution et d’en faire la préface, j’en suis très flatté. J’ai voulu lui donner la parole pour qu’il nous présente son nouveau bouquin. L’importance de l’influence marketing grandit de jour en jour, j’ai pu m’en rendre compte à nouveau en abordant le sujet avec Camille au travers de ces quelques questions, sans oublier la nécessaire éthique et transparence chères à mon cœur.

Pourquoi écrire un livre sur le marketing de l’influence aujourd’hui?

influence marketing
Influence Marketing chez Kawa Editions bien-sûr

Avec mon co-auteur, Guillaume Doki-Thonon, nous partageons la même approche de l’Influence Marketing et nous avions envie de la partager sous la forme d’un livre papier.

Nous travaillons ensemble depuis pas mal de temps, Guillaume a fondé Reech, une startup spécialisée en Influence Marketing, et co-écrire un livre nous a semblé être la suite logique de notre collaboration.

L’objectif de notre collaboration est de professionnaliser le métier en créant différents types de contenu, des articles de blog, des livres blancs, des études sur les influenceurs, ou encore en intervenant dans des conférences et des écoles…

Ce livre, c’est l’étape d’après et un condensé de tout ce que l’on a appris, nous deux, et nos amis experts à qui nous avons proposé de témoigner et que nous remercions chaleureusement.

Avec cet ouvrage, nous souhaitions fournir des réponses à différentes questions sur l’influence marketing : quelles sont les principales tendances de l’Influence Marketing en 2019 ? Comment élaborer une stratégie avec les influenceurs pour votre marque ? Quels sont les types de partenariats préférés des influenceurs ? Quels influenceurs solliciter et comment procéder pour les contacter ou encore pour mettre en place une relation sur le long terme ? Quels contenus et quels réseaux sociaux sont privilégiés par les influenceurs ? Quels sont les meilleurs exemples de campagnes d’influence marketing ? Lire la suite

En transformation numérique le pire n’est jamais sûr, quoique …

En transformation numérique comme ailleurs, le pire n’est jamais sûr. Mais il arrive bien quelques fois. Il faut admettre en effet que ce que nous observons sur le terrain n’est pas toujours au top. Et j’ajouterais que bizarrement, dire que vous avez réussi vos efforts de transformation digitale semble même être un sport international. Il n’y a pas si longtemps, je parcourais ma Timeline LinkedIn et j’ai repéré quelque chose d’intéressant.

Transformation numérique : le pire n’est pas jamais sûr, quoique…

La publication LinkedIn provenait de quelqu’un qui travaillait pour une très grande banque internationale. Aucun problème avec ça. C’est une institution bancaire très honorable et je ne suis pas du genre « occupy wall street ». Je pense que les banques ont un rôle à jouer et même si je ne suis pas en phase avec les scandales arrivés depuis la crise de 2008, je ne peux vraiment pas imaginer que cacher des liasses de billets sous son matelas soit une bonne idée.

transformation numérique

 

Cela dit, le message Linkedin était assez énorme. Le voici en substance : 

« xxx   [nom du PDG] vient d’écrire sa tout première ligne de code PHP ! « et d’ajouter « Voici la preuve que la banque a été transformée numériquement « .

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Inbound marketing : la guerre des leads n’aura pas lieu !

La hantise du patron de projet en inbound marketing

En inbound marketing, c’est la hantise de chaque patron de projet (j’en ai été et en suis encore) : savoir ce qu’on va faire de vos leads. Seront-ils même rappelés ? Si oui, dans combien de temps ? Mais pour être franc, et honnête, les questions sont nombreuses aussi dans le camp des commerciaux, et elles ne sont pas illégitimes quand la pression du chiffre est sur vous. Je propose une lecture qui va légérement au delà des simples outils de l’inbound et du content marketing qui le nourrit, pour proposer une approche collaborative entre vente et marketing. Tel est mon propos dans le cadre d’un article que j’ai publié récemment pour le compte de mon client Touch & Sell.

Inbound marketing
On comprendra aisément monsieur Mark E. Ting, la frustration est intense.

Inbound marketing : frustrant quand la vente et le marketing ne travaillent pas ensemble

Des mois, voire des années de travail, des contenus de qualité- Dieu sait que c’st complexe-une mécanique de marketing automation (parfois) coûteuse et bien huilée, puis… un projet qui fait » Flop » car les commerciaux sont hostiles. Lire la suite