Paradoxe de Solow : le ROI du digital est-il vraiment en question ? #irev10x

Le paradoxe de Solow est un incontournable de l’économie de la technologie et de l’innovation et pourtant il est largement ignoré des évangélistes de la modernité technologique. C’est dommage, passons un peu de temps pour voir pouquoi il faut s’y intéresser et se pencher à nouveau sur le sempiternel ROI des innovation technologiques et voir que les choses les plus apparemment évidentes le sont aussi souvent le moins.

La mesure du ROI des innovations est une sorte de marronnier, surtout dans le domaine académique. Combien de fois n’ai-je pas entendu, dans les classes des écoles les plus prestigieuses, l’explication toute faite : « l’innovation xxx (remplacez par ce que vous voulez) a échoué du fait d’un manque de ROI ».

Souvent d’ailleurs, c’est le cas de la littérature académique, on parlera plutôt de productivité que de ROI. Une preuve que l’on mélange beaucoup de concepts, mais que finalement, il est très peu de véritables métriques qui permettraient de tirer des conclusions crédibles de cette réflexion sur l’impact de la transformation digitale.

Paradoxe de Solow : le retour

Car pour ce qui est des impacts du digital sur la transformation du monde du travail, ceux-ci paraissent évidents … sauf que pour mesurer ce fameux ROI, cela est loin d’être facile et encore moins immédiat. Voici ce que nous explique Xavier de Mazenod dans un article qu’il a écrit pour le compte de notre client iRevolution sur ce sujet, dans le cadre de notre projet de Musée des horreurs de la transformation digitale.

Paradoxe de Solow
Mc Kinsey a titré sur le paradoxe de Solow, le sous-titre est évocateur : « modernisation digitale (digitization) : pas encore d’impact sur l’augmentation de la productivité ». Tout est dans le « encore »

Pour illustrer son propos, Xavier cite « une récente enquête auprès des spécialistes du marketing [qui] fournit une preuve flagrante [de cette difficulté à mesurer le ROI] ». Lire la suite

Paradoxe de Solow : le ROI du digital est-il vraiment en question ? #irev10x was last modified: mai 13th, 2019 by Yann Gourvennec

Dessine-moi une stratégie digitale : définition et principes #irev10X

Stratégie digitale, transformation digitale …

Il est étrange que les termes les plus utilisés soient aussi ceux que l’on comprend le moins ou que l’on a le moins bien définis. On les prend pour argent comptant et, sous prétexte qu’ils sont à la mode, on en déduit que tout le monde les comprend de la même manière quand on les utilise.

Rien n’est plus faux. Dans le domaine du digital (d’ailleurs, rien que le terme de « digital » permet les interprétations les plus folles) les vocables les plus farfelus circulent en permanence.

Coincés par la mode, les professionnels les utilisent en masse sans vraiment toujours comprendre à quoi ils correspondent. Si vous ne les utilisez pas, vous passez pour un has-been.

Selon Yahya El Mir, co-fondateur de iRevolution, une vraie stratégie digitale réussie, c'est quand on a fait X10
Selon Yahya El Mir, co-fondateur de iRevolution, une vraie stratégie digitale réussie, c’est quand on a fait X10

Dans le cas de la stratégie digitale, il a il y a bien un soucis en matière d’interprétation, mais on aurait bien tort de croire que c’est parce que cela ne veut rien dire. Voilà pourquoi nous avons créé le musée des horreurs de la transformation digitale avec notre client iRevolutionLire la suite

Dessine-moi une stratégie digitale : définition et principes #irev10X was last modified: avril 18th, 2019 by Yann Gourvennec

Grands groupes startups et l’Omerta de la transformation digitale

Grands groupes et startups : voici un sujet qu’on voit revenir depuis de nombreuses années et encore plus depuis 5 à 6 ans que la transformation digitale est à l’ordre du jour. Lors d’une réunion récente chez « les cousins » mon confrère Rodolphe Roux s’époumonait sur scène pour s’insurger contre la distortion entre le discours et réalité de la « transformation digitale » (le terme en soi n’est pas neutre, on y reviendra).

Et voici la transition rêvée pour annoncer un nouveau site qui nous tient à cœur, sur lequel nous travaillons d’arrache-pied depuis le début de l’année, pour le compte de notre client iRevolution [transparence], j’ai nommé (Tadaaaaa!) : Le musée des horreurs de la transformation digitale. Un « musée » qui n’est pas un musée bien entendu, et que nous avons voulu aussi ludique que formateur, en puisant dans la connaissance du terrain d’experts reconnus en France et à l’étranger et les « aigles » de iRevolution (on reviendra sur ce terme).

Grands groupes startups : un grand groupe m'a tuer !
Grands groupes et startups : un grand groupe m’a tuer ! un article de Cyril Bladier qui méritait de figurer dès l’ouverture du musée des horreurs de la transformation digitale

Grands groupes et startups une histoire entre l’amour et la haine ?

Les paroles de Rodolphe Roux des « cousins » étaient bien appuyées et les marques qu’il a citées n’ont pas été épargnées. Par pudeur, on ne les répétera pas ici, mais nombre de vrais innovateurs (les « cousins » pour reprendre le vocabulaire de The Family) ont acquiescé en les entendant et en découvrant les anecdotes croustillantes de Rodolphe.  Lire la suite

Grands groupes startups et l’Omerta de la transformation digitale was last modified: mai 10th, 2019 by Yann Gourvennec

Outiz : la start-up de St Gobain qui transforme le groupe

Outiz est un cas d’école de la transformation digitale, ou comme nous le verrons à la fin de cet article, de la transformation avec le digital. Souvent on entend parler de grandes entreprises qui essaient de singer les start-ups, la plupart du temps sans succès. Mais il en existe aussi d’autres qui y arrivent très bien. J’ai ainsi eu la chance d’assister à la présentation de Jean-Jacques Bourhis à Grenoble fin mars 2017 sur la présentation d’Outiz, une filiale à 100% de St Gobain dont il est DG. Il a lui-même passé 14 ans chez St Gobain, avec derrière lui un véritable Itinéraire d’intrapreneur. St Gobain a 350 ans : Louis XIV, énervé par le verre vénitien qui était importé pour son palais a décidé de la création d’une société spécialisée dans le verre dans le village de St Gobain pour faire tous les miroirs de la galerie des glaces et c’est ce qui a mené à la création de ce géant mondial de la verrerie.

[NDLR : le 9 janvier 2019 St Gobain a décidé de fermer OUTIZ, tout en reconnaissant le formidable changement impulsé par la filiale en ligne de la marque]

[15/01/2019] le site Outiz a été fermé à la fin de 2017 par St Gobain
[15/01/2019] le site Outiz a été fermé le 09/01/2019 par St Gobain
La galerie des glaces, les vitraux de Matisse etc. etc. Les projets de la vieille manufacture de St Gobain (Aisne) ont été prestigieux et nombreux. Et voici qu’il faut y ajouter maintenant les projets de Web startups 20€ chez Amazon, une superbe rétrospective avec photos couleur

Il serait facile d’ironiser sur ce vieil acteur de l’industrie à la française, et de passer à côté d’une intéressante culture de l’entreprise et de l’intrapreneuriat, très inhabituelle et porteuse de résultats. Comme quoi il serait bien inapproprié d’opposer histoire et innovation.

Saint Gobain (qui n’a pas hésité à publier un superbe livre aux éditions Albin Michel décrivant l’histoire de la société), c’est 170 000 collaborateurs et 98 nationalités avec 40 milliards de € de CA, pour une société qui aujourd’hui couvre tous les secteurs de l’habitat. 48% du CA est réalisé avec des marques comme Lapeyre, la Plateforme du bâtiment et Point P (c’est la division « distribution » de ce géant de la construction). Outiz fait partie du pôle distribution qui lui-même représente 18-19 milliards € de CA.

Outiz : « Internet au cœur de notre métier »

Alors que nous avons tant d’interlocuteurs, y-compris dans la high-tech qui se posent encore des questions existentielles sur l’importance du digital, chez St Gobain, on n’hésite pas : « On est partis du principe que l’Internet était au coeur de notre métier » a expliqué Jean-Jacques Bourhis. C’est ce qui a amené à cette nouvelle initiative il y a 4 ans : outiz.fr, au bout d’1 an de projet. Outiz est donc opérationnelle depuis 3 ans et ramène à ce titre de l’argent à St Gobain. Elle est une filiale à 100% de sa maison mère.

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Outiz : la start-up de St Gobain qui transforme le groupe was last modified: janvier 15th, 2019 by Yann Gourvennec

Sommes-nous tombés en panne d’innovation ?

Nous sommes en ce moment dans une période d’effervescence technologique : le cloud et le Big Data viennent révolutionner nos usages informatiques, le smartphone et la tablette sont omniprésents et apportent l’internet en mobilité, l’imprimante 3D va bientôt nous permettre de créer nos propres objets du quotidien, et le travail est en train de se réinventer, à cause de l’ubérisation et la robotisation. C’est en tout cas ce qu’on lit et entend.

Pour Kasparov, les intelligences artificielles comme Watson resteraient finalement assez élémentaires. (Source )

J’ai donc été surpris de lire dans cet article un commentaire de Kasparov, grand champion d’échecs Russe, très critique sur l’innovation :

« Les éditeurs informatiques se sont contenté d’améliorer des algorithmes mathématiques. Ils n’ont pas persévéré vers la création d’une véritable intelligence artificielle (…) Chaque année, on nous sort un nouveau programme d’échecs, une nouvelle version. En fait, ce sont des programmes anciens des années 60 et 70 qui se contentent de choisir [des combinaisons] au milieu de millions de possibilités. [Ils ne créent rien] »  

Après quelques recherches, j’ai trouvé une citation du même homme, encore plus catégorique : 

« Nous vivons aujourd’hui dans le progrès technologique le plus lent depuis plusieurs centaines d’années »

C’est peut-être un peu surprenant à lire, mais observons d’un regard un peu moins ébahi les « dernières » inventions : les premières imprimantes 3D, smartphones et tablettes sont nés dans les années 80, les innovations issues du cloud (VDI (virtual desktop insfrastructure), mail et stockage à distance, dématérialisation du logiciel, etc.) apportent finalement plus de légèreté à des outils que l’on utilise depuis les débuts de l’informatique. Les programmes informatiques quant à eux, à part une refonte graphique et l’ajout de nouvelles fonctionnalités, n’ont pas vraiment évolué de façon fondamentale (il n’y a qu’à voir cette démonstration de la première version d’Illustrator pour voir que les changements apportés sont mineurs).

Alors sommes-nous dans une période d’innovation incrémentale où rien de majeur n’apparaitra avant longtemps ? Avons-nous déjà découvert et inventé ce qui pouvait l’être, ne nous laissant aujourd’hui que des miettes ? Voici quelques pistes de réflexion.

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Sommes-nous tombés en panne d’innovation ? was last modified: décembre 26th, 2018 by Cédric Jeanblanc