Ne pas confondre modernisation digitale et transformation interne avec @leckofr

À l’occasion de l’évènement annuel organisé par Lecko, dans son superbe nouveau siège de la rue vieille du Temple, pour présenter son 11ème rapport sur l’état de la transformation interne des entreprises, j’ai pu interviewer son dirigeant, Arnaud Rayrole, comme à mon habitude.

Cette année j’ai trouvé le rapport encore plus riche que les années précédentes car d’une part le paysage a beaucoup évolué, et d’autre part, Arnaud a souligné une distinction essentielle : celle entre modernisation digitale et transformation interne des entreprises.

Cette grille de lecture offre des perspectives de compréhension de la digitalisation (le terme n’est pas neutre) des entreprises que beaucoup devraient apprendre à lire, alors que les rapports commencent à fleurir sur le décalage entre la réalité et les discours de comm.

Depuis 2005, Lecko accompagne en ligne, des organisations dans leur transformation interne. Selon eux, Le modèle organisationnel vers lequel tend l’entreprise pour être performante à l’ère digitale est agile et repose donc sur la collaboration. Mais pour atteindre cet objectif, il faut de la patience car la collaboration ne s’achète pas, elle se mérite.

Modernisation ou transformation digitale ?

Dans ce rapport, la distinction est faite entre transformation digitale et modernisation.
La modernisation consiste à introduire de nouveaux outils, sans changer de manière substantielle les pratiques des collaborateurs.
On peut par exemple utiliser la bureautique en ligne et continuer à éditer un document, le télécharger, l’envoyer par email, ce qui n’apporterait que très peu de gains par rapport aux pratiques historiques. Lire la suite

Ne pas confondre modernisation digitale et transformation interne avec @leckofr was last modified: février 11th, 2019 by Yann Gourvennec

Quel avenir pour le coworking et la collaboration au cœur de Paris ?

coworking chez Greenspace
Le coworking façon greenspace : avec sa cabine de téléphérique

Le coworking ne se résume pas aux grands acteurs californiens qui remplissent des milliers de mètres carrés dans les beaux quartiers de Paris.

Le paysage des nouveaux modes de collaboration et de travail comprend aussi et surtout de petits acteurs. C’est le cas de l’espace Greenspace de mon ami Amaury de Buchet.

Une réussite qui a déjà 10 ans et qui doit – pour sa réussite – beaucoup au savoir-faire d’Amaury en matière de Web marketing.

Afin d’en savoir plus, et de prendre l’avis d’Amaury sur le futur de la Profession, je l’ai interviewé dans ses locaux en fin d’année dernière.

Dans une rue tranquille à 600 mètres de la place de la Bastille, au 28 rue du Chemin Vert, se trouve son espace de coworking. Greenspace dédie 750 mètres carrés à une centaine de coworkers, en start-up ou en freelance.

Je me suis entretenu avec Amaury pour qu’ils nous explique les clés de cette réussite et sa vision de l’avenir du coworking, à Paris et ailleurs.

le coworking tranquille
Greenspace : la force de travail tranquille

Un retour d’expérience depuis le lancement de Greenspace ?

Depuis la création de l’espace, il y a 10 ans, il y a eu des changements majeurs dans le domaine du coworking. Auparavant, seules les petites équipes étaient intéressées par ce type d’espaces.

Une à trois personnes au maximum. Au-delà, elles prenaient leurs propres locaux.

Depuis 3 ans nous a expliqué Amaury, on commence à voir arriver de plus grosses équipes de plus de 10 personnes qui veulent s’implanter sur l’espace de travail de Greenspace.

Il est vrai que le prix au mètre carré est plus élevé dans un espace partagé, mais il donne accès à une communauté et à des espaces partagés.

On peut ainsi se concentrer sur son travail sans avoir à se soucier du chauffage ou de l’accès internet. Lire la suite

Quel avenir pour le coworking et la collaboration au cœur de Paris ? was last modified: décembre 27th, 2018 by Yann Gourvennec

Travail flexible : un MOOC pour comprendre la transformation numérique

Travail flexible ne rime pas totalement avec télétravail. Le télétravail est l’arbre qui cache la forêt de la transformation des organisations du travail. Derrière la polémique des chiffres (dont Visionary Marketing a déjà parlé ici) on risque d’oublier les enjeux de cette flexibilité du lieu et de l’organisation du travail. Stricto sensu, le télétravail représenterait à peine 3% de la population active. Cela concernerait les salariés du secteur privé (encore peu du secteur public) qui travaillent à distance sous la protection d’un avenant à leur contrat de travail ou d’un accord d’entreprise

1,3 milliard de travailleurs flexibles, c’est cela aussi la transition numérique (source IDC)

le travail flexible
Zevillage lance un MOOC sur le travail flexible pour qu’on sorte des stéréotypes qui font rimer télétravail avec vacances (photo Xavier de Mazenod)

Or, le télétravail s’exerce majoritairement, à 80%, en mode clandestin, ou plutôt informel. Par inertie, par paresse ou par découragement face aux obligations légales des lois de 2012 inadaptées aux évolutions du monde du travail. Inadaptées car elles prétendaient appliquer au télétravailleur tout le droit du travail. Alors qu’il n’est pas un salarié « normal » mais avec toutes les contraintes pour l’employeur. Certes, il était convenu que les partenaires sociaux renégocient les textes avant fin 2016 pour le faire évoluer mais ils ont un peu de mal à s’y mettre. Lire la suite

Travail flexible : un MOOC pour comprendre la transformation numérique was last modified: novembre 1st, 2016 by Xavier de Mazenod

Uberisation : les Français plébiscitent l’économie collaborative

70% des Français ont une vue positive de l’économie collaborative

« Uberisation or not uberisation » tel aurait pu être le sous-titre de la conférence organisée par Capgemini sur le sujet de l’économie collaborative et de son impact sur nos entreprises. Malgré la date tombée en plein milieu des vacances de Pâques, une salle comble et la présence de nombreux responsables d’entreprises ont démontré la pertinence du débat et la nécessité de trouver la réponse à cette question : à quelle sauce allons-nous être mangés ? Dès qu’on évoque la transformation digitale, on sent en effet les mâchoires se crisper, tant les messages passés via les médias sont anxiogènes. Les secteurs traditionnels, souvent menacés dans les discours de « dinosaurisation » (passez-moi ce néologisme) se sentent mis sur le grill. Il est vrai, nous traitons souvent de ce sujet dans le domaine bancaire sur ce blog, que la nécessité de faire bouger les lignes est souvent criante dans certains secteurs. Rien cependant, n’oblige à croire que l’économie est un jeu à somme nulle et que des gagnants d’un nouvel ordre mettent systématiquement toutes les entreprises plus traditionnelles au tapis. Certes, il y a eu Kodak, et il y en aura encore beaucoup, ce qui dans un sens est normal. Les entreprises naissent et meurent, et cela est arrivé à tout âge. Aussi et surtout, ces changements parfois douloureux ne sont pas toujours à voir de façon négative, mais comme les aiguillons nécessaires d’une évolution salutaire de l’entreprise. Le digital agit comme cet aiguillon, et non seulement comme un épouvantail, c’est aussi surtout comme un moyen positif de se renouveler. Et fort heureusement, c’est également ce que perçoit la population française interviewée par Opinionway sur un échantillon représentatif d’environ 1000 personnes, dans une enquête sur l’économie collaborative qui a été présentée par Bruno Jeanbart, directeur général adjoint de la société d’études, lors d’un d’une conférence Capgemini organisée à l’Openmindkfé de Paris.
Ubérisez votre business nous conseille Capgemini, un conseil favorablement accueilli par les Français qui plébiscitent l’économie collaborative
Le Web a apporté, faussement parfois cette image d’un commerce à prix bas, surtout en France. Or, les Français interrogés par Opinionway n’ont pas une vue orienté prix de ce monde digital : « avant tout, c’est l’adéquation au besoin, la meilleure relation client » qui va compter nous indique Bruno Jeanbart. Ces « engagements vis-à-vis du client au travers d’une relation forte » qui vont avant tout importer aux clients finals.
La société d’études françaises a donc testé 3 secteurs afin de savoir si les Français étaient intéressés par des offres alternatives digitales :
  • le secteur automobile (avec les services embarqués) : 40 % des interviewés on déclaré être intéressés ;
  • l’équipement de la maison avec la SmartTV : 33 % des personnes interrogées déclaraient être intéressées ;
  • l’habillement (Le relooking) : 29 % ont déclaré être intéressés.
Ce qu’en conclut Bruno Jeanbart, c’est que chaque fois une catégorie importante se déclare intéressée mais elle reste minoritaire (même si on connaît la limite des études déclaratives sur l’importance et l’impact des technologies). À l’opposé, Opinionway remarque que les jeunes à l’intérieur de ces répondants sont toujours plus intéressés que la moyenne avec un taux d’intérêt toujours supérieur à 50 %. En conclusion, l’intérêt est loin d’être mineur, mais jamais majoritaire et cela ne concerne pas « l’ensemble de la population ».

Les Français et l’économie collaborative

Opinionway a aussi décidé de faire réagir les Français par rapport à l’économie collaborative. Tout d’abord, un constat positif : les Français sont plus positifs que ce que l’on entend ressasser dans les médias régulièrement. 70 % pensent en effet que cela va obliger les entreprises à s’adapter et que cette uberisation change l’économie mais qu’elle ne va pas la raser. Cela est rassurant pour les entreprises et devrait également agir comme un aiguillon pour les obliger à se transformer.

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Uberisation : les Français plébiscitent l’économie collaborative was last modified: décembre 8th, 2018 by Yann Gourvennec

impression 3D : l’innovation à portée de main avec RepRap

« Cela n’est pas nouveau » est une phrase régulièrement utilisée sur notre blog, que nous parlions de l’informatique, du content marketing ou encore de la plupart des inventions du PARC. Il en est de même pour l’impression 3D, inventée dans les années 1980 et utilisée à l’origine dans l’industrie pour le prototypage. Le changement majeur, par rapport à cette époque, est l’accessibilité de ces outils à n’importe quel consommateur. En effet, grâce aux améliorations techniques effectuées au fil des années, et de certains produits issus de l’open source hardware comme l’arduino (carte utilisée pour de nombreuses imprimantes), certaines entreprises sont capables de ventre des imprimantes 3D pour des prix allant environ entre 1000 et 4000 euros. Mieux encore, le projet RepRap met à disposition en licence libre les plans et le logiciel de plusieurs modèles d’imprimante 3D (voir la page où tous les plans sont disponibles), permettant (en théorie) à n’importe qui de construire sa propre imprimante.

Le projet RepRap : l’imprimante 3D en open source

J’ai récemment découvert le projet RepRap, à l’occasion de l’acquisition d’une imprimante 3D. Refroidit par la perspective de construire l’imprimante à partir de zéro, j’ai acheté un kit complet pour 280 euros sur un site chinois bien connu : il m’a fallu 3 jours pour la monter, et au vu des pièces imprimées, il me reste encore des réglages à effectuer pour obtenir une qualité digne de ce nom…

test-imprimante-3d

Le projet RepRap né en 2005 est une initiative d’Adrian Bowyer, professeur à l’université de Bath. RepRap, qui provient de l’anglais Replication Rapid Prototyper, a pour but de créer une imprimante 3D capable de s’auto-répliquer partiellement. Par auto-réplication partielle, nous entendons la réplication de certaines pièces en plastique, et non les câbles, les circuits imprimés, l’armature de l’imprimante etc. Le but est d’augmenter rapidement le taux de possession d’imprimantes 3D : en théorie, puisque les imprimantes 3D issues du projet RepRap son capables de s’auto-répliquer, leur croissance devrait être exponentielle.

L’avantage des RepRap (ce nom désigne le projet mais également les imprimantes issues de ce projet), réside dans le fait que les plans et le logiciel sont libres. Cela a permis de diminuer considérablement les coûts de développement et de mettre à disposition des imprimantes 3D aux consommateurs, à des coûts relativement faibles (en dessous de 500 euros).

Une communauté RepRap active, créative et innovante

Il est ainsi intéressant de voir comment une communauté de « makers » a pris le projet en main, créant de nouvelles pièces pour améliorer l’imprimante… A l’aide ce cette même imprimante. On distingue ainsi plusieurs générations de RepRap :

La prusa i3 est le modèle de RepRap le plus courant (reprap.org)
La prusa i3 est le modèle de RepRap le plus courant (reprap.org)

– la darwin, qui est le premier modèle de Reprap ;

– la mendel, plus légère, encore beaucoup utilisée ;

– la prusa, le modèle le plus utilisé par la communauté ;

– la rostock, de forme circulaire, sans plateau amovible.

Ces innovations issues de la communauté permettent d’améliorer la précision et la qualité des impressions d’année en année. Un bel exemple de projet en pleine réussite grâce à l’open source.

Un projet destiné à prendre de l’ampleur

Si ces imprimantes sont encore aujourd’hui réservées aux amateurs de technologies, il se pourrait bien que d’ici quelques années le mouvement prenne de l’ampleur pour deux raisons.

  • D’une part parce qu’une imprimante 3D peut aujourd’hui être un investissement rentable : selon l’étude « Life-cycle economic analysis of distributed manufacturinf with open-source 3D printers », une famille utilisant une imprimante 3D pour créer 20 produits domestiques économise en moyenne chaque année entre 300$ et 2000$. Pour une imprimante de 500 euros, le retour sur investissement s’opèrerait rapidement.
  • D’autre part parce que le mouvement s’amplifie : si vous êtes un lecteur régulier de ce blog, vous avez pu être témoins d’un phénomène inhérent à toute innovation technologique. Prenons l’exemple de l’Internet, puis des réseaux sociaux : les premiers utilisateurs étaient des communautés de passionnés, de geeks, souvent issus de fonctions techniques. Puis de plus en plus de personnes et d’entreprises ont rejoint ces pionniers, et ces innovations technologiques ont finalement été adoptées par tous (si on n’en voyait pas vraiment l’intérêt aux début des années 90, qui aujourd’hui pourrait vire une semaine sans internet ?). Il est fort probable que le mouvement des imprimantes 3D suive ce même parcours.

Quelques barrières qui cantonnaient jadis l’imprimante 3D à une occupation de geek bricoleur sont également en train de tomber. Le montage du harware et l’installation des software/drivers/firmware sont une douleur que connaissent (et partagent sur les différents forums sur ce sujet) les utilisateurs de Reprap. Mais de nouvelles imprimantes déjà montées et calibrées font leur apparition sur le marché, épargnant au novice la recherche de solutions à des problèmes sans fin. On peut prendre pour exemple les jeunes start-ups comme M3D qui proposent des imprimantes 3D ultra simples à un prix de 300 dollars seulement. Aussi, on se posait autrefois la question « mais qu’est-ce que je pourrais imprimer avec cela ? A quoi cela me servirait ? ». On s’aperçoit que de nouveaux produits fabriqués grâce à une imprimante 3D font leur apparition tous les jours. On connaît désormais la prothèse imprimée en 3D qui a été très médiatisée, mais d’autres objets sont aussi créés : des drones, des ventilateurs, des robots, des ustensiles de cuisine… Grâce à sa capacité de faire passer une idée à un prototype physique très rapidement, l’imprimante 3D a permis de faire naître une flopée de petites innovations du quotidien. Le mieux est de se rendre sur la plus grande bibliothèque de modèles 3D (thingiverse.com) pour se rendre compte de la quantité de modèles 3D disponibles et prêts à être imprimés.

Une révolution à venir ?

Ce n’est pas un hasard si Barack Obama disait déjà en 2013 que l’imprimante 3D était capable de créer une véritable révolution, citant des entreprises comme Ford, Apple et Intel qui relocalisaient leurs sites de production grâce à cette capacité de produire localement et moins cher. Les RepRap n’ont certes pas encore les capacités des imprimantes utilisées par ces entreprises, mais leur accessibilité va favoriser l’adoption de cette technologie par le consommateur commun et changera inévitablement nos habitudes de consommation.

impression 3D : l’innovation à portée de main avec RepRap was last modified: septembre 18th, 2015 by Cédric Jeanblanc