KissKissBankBank : la plateforme de financement éthique a 10 ans

C’est en 2009 qu’est née la plateforme de financement KissKissBankBank. Vers 2007, Ombline le Lasseur, Adrien Aumont et Vincent Ricordeau se sont aperçu que des réseaux sociaux comme Myspace ou Facebook commençaient à fédérer des communautés. Celles-ci étaient très actives autours d’artistes ou de causes. L’idée qu’il a eu était donc de proposer à ces communautés de participer au financement de projets artistiques, sur une plateforme complémentaire à ces nouveaux réseaux.

plateforme de financement10 ans plus tard, ce sont 140 millions d’euros qui ont été collectés sur Kiss Kiss Bank Bank. Un petit montant par rapport à la finance traditionnelle, mais un grand bond en avant pour le financement participatif.

Il y a quelques semaines, nous nous sommes donc entretenus Vincent Ricordeau, co-fondateur et PDG de KKBB, dans la maison du crowdfunding, au 34 rue de Paradis dans le X ème arrondissement de Paris.

La plateforme de financement participatif Punk de la Banque Postale

Depuis 10 ans, KissKissBankBank et la banque postale sont partenaires, et la plateforme a été vendue au groupe La Poste. Pour la Banque Postale, ce rapprochement est l’occasion de moderniser son image auprès des jeunes. D’après Vincent Ricordeau, c’est d’ailleurs le coté Punk de la plateforme de financement qui les a attirés ; le but n’est donc pas d’absorber la start-up mais au contraire de lui laisser sa liberté et son identité.

KissKissBankBank
Projet de magazine d’illustration financé sur KissKissBankBank

Du côté de la plateforme digitale, en plus de l’apport économique, ce partenariat permet un déploiement de la marque sur tout le territoire français, avec l’installation de corners promotionnels dans les 2000 plus grands bureaux de poste.

Ainsi, il sera possible de déposer ou de participer au financement d’un projet dans un lieu physique, avec un accompagnateur. Non seulement KissKissBankBank touchera un nouveau public, mais elle profitera également du réseau des employés de la poste qui, pour un tiers, sont élus ou actifs dans le monde associatif.

 

Crowdfunding, crowdlending et dons gratuits

En 10 ans, la plateforme de financement participatif a su diversifier ses activités. À travers la plateforme de crowdlending Lendopolis, elle permet à des particuliers de participer, en échange d’une rémunération mensuelle à hauteur de 5 à 10%, au financement de projets.

Lendopolis pratique un système de rémunération qui s’éloigne du don et qui promet des retours sur investissement conséquents (5 à 10% de rémunération par an). Mais il préserve les valeurs de l’entreprise puisque les projets proposés concernent exclusivement la transition écologique.

Lendopolis, la plateforme de crowdlending responsable

Il existe également une troisième plateforme, Goodeed, cette fois ci consacrée aux dons. Sa particularité réside dans la forme qu’ils prennent : les internautes visionnent des spots publicitaires de marques, qui vont en échange financer l’ONG. C’est la seule plateforme du groupe qui est transposable à l’international.

Pour Lendopolis c’est une autre affaire ; la legislation concernant le crowdlending est spécifique à chaque pays. Le seul déploiement susceptible de voir le jour serait européen.

Enfin, pour KissKissBankBank, le problème réside dans la férocité de la concurrence internationale des plateformes de crowdfunding. Les géants américains prenant énormément de place et le marché asiatique étant occupé par quelques gros acteurs locaux.

Une plateforme de financement participatif avec un impact social et économique

KissKissBankBank a un impact social et économique, c’est un point qui tient à coeur à son co-fondateur. Certes, 140 millions d’euros, cela reste très modeste à l’échelle internationale et par rapport à la finance traditionnelle. Mais cela commence quand-même  à peser.

Vincent Ricordeau explique : « Nous avons a commencé en même temps que nos petits camarades américains. En 2020, le marché mondial du crowdfunding sera de 1000 milliards de dollars. Ce qui veut dire que c’est un marché qui a doublé tous les ans depuis 10 ans. Au niveau mondial, ce chiffre de 1000 milliards de dollars peut sembler faible par rapport à la finance traditionnelle. Mais nous avons réussi à proposer des financements alternatifs ou complémentaires ».

Une plateforme de financement éthique

Mais ce n’est pas tout, car dans le projet KissKissBankBank, il y a une notion artistique mais aussi et surtout une notion éthique. Et la plateforme française essaie donc naturellement de se prémunir de certains excès qu’on a pu observer sur certaines plateformes américaines.

« Il n’y a pas eu d’arnaque chez nous » explique Vincent Ricordeau.  » Il y en a eu sur d’autres plateformes dans le monde et en France ». Peut-être que nous sommes meilleurs que les autres sur la détection des projets, ou peut-être que notre rapprochement historique avec la Banque postale a aidé ».

La société française a « tout de suite été entraînée à la détection de toutes les arnaques, le blanchiment d’argent, et le terrorisme financier ». Elle a une équipe dédiée à cela. Mais Vincent Ricordeau reconnaît également que les projets de la plateformes « sont identifiés dans des communautés connues, plus faciles à vérifier, que les projets technologiques sur les plateformes de crowdfunding de projets technologiques US ».

KissKissBankBank : la plateforme de financement éthique a 10 ans was last modified: septembre 16th, 2019 by Yann Gourvennec
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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a créé le site visionarymarketing.com en 1996. Il est intervenant et auteur de 4 ouvrages édités chez Kawa. En 2014 il est devenu entrepreneur, en créant son agence de marketing digital Visionary Marketing.
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