Prospective et signaux faibles : pour créer le futur il faut désapprendre

Méthodes et pratiques de la prospective par les signaux faibles", éditions Kawa, 2018
Méthodes et pratiques de la prospective par les signaux faibles », éditions Kawa, 2018

Prospective et signaux faibles : « Méthodes et pratiques de la prospective par les signaux faibles », éditions Kawa, 2018. Philippe Cahen vient de sortir son nouvel ouvrage chez Kawa (transparence : notre éditeur également) et nous ne pouvions faire autrement que de l’inviter pour en parler devant nos caméras. En quelques phrases bien pesées, Philippe explique ce que sont les signaux faibles : ces « faits paradoxaux qui inspirent la fiction ». Ils nous montrent comment pour apprendre à mieux inventer le futur il faut apprendre à désapprendre (ou déprendre, pour reprendre son terme).

Qu’est-ce qu’un signal faible ?

Un signal faible c’est un fait paradoxal qui inspire la fiction. c’est une information que l’on reçoit et qui fait qu’on s’interroge. Un signal faible ça se trouve partout,  ça se trouve dans la rue, dans l’actualité, avec les gilets jaunes, avec l’attentat de Strasbourg, avec la coupe du monde de football, ça se trouve dans la lecture des journaux, ça se trouve à la la télévision, au cinéma, au Théâtre … Ça se trouve dans l’Art, énormément dans l’Art, dans la culture, dans l’architecture, le signal faible c’est partout. Personnellement, je passe quatre à six heures par jour à lire. 

Comment reconnaître un signal faible ?

Un signal faible ne s’évalue pas, ça dépend de ce qu’on en fait. On peut être intéressé par le fait que la France ait gagné la coupe du monde de football, on peut être intéressé par Mbappé qui a 10 millions de suiveurs sur Instagram. Et à ce moment là on peut être interpellé que la FFF communique sur Facebook ! Et pas sur Instagram.

À ce moment là on comprend qu’il y a un signal faible intéressant, c’est que les générations alpha et Z , sont sur Instagram, et que la génération de la coupe du monde 98, elle, est sur Facebook. 

DÉPRENDRE, verbe trans.
A. Rare. Séparer plusieurs éléments pris ensemble. Mais je l’eus bientôt rattrapée [la mère de Félibien], et j’aurais bien voulu voir que quelqu’un se fût mêlé de nous déprendre (FABRE, Barnabé, 1875, p. 169). Quand Bouliche voit que quelques-unes [des bûches] se prennent au milieu de la rivière, il (…) entre dans l’eau et, avec son croc, les déprend (RENARD, Journal, 1898, p. 479).

Trésor de la langue française

Déprendre la tarte au citron ?

Pour déprendre la tarte au citron, il faut reprendre les mêmes ingrédients, et les réorganiser différemment. À partir du moment où vous avez compris la tarte au citron désapprise, vous avez compris ce que signifie « déprendre », il n’y a plus besoin de lire le tiers du livre. 

Ça veut dire quoi déprendre ? ça veut dire désapprendre. 

En fait, nous sommes, par notre culture, complètements tributaires de la méthode de travail qu’on nous a enseignée. Une méthode autoritaire,  qui nous fait penser, qui nous fait réfléchir, en silos. 

Et de de fait, on ne voit plus ce qui se passe à côté. 

Ainsi, déprendre, c’est apprendre à casser ces silos, à faire que notre pensée arrive à sortir de la pensée automatique, et à voir les choses différemment. 

Comment appliquer la pensée déstructurée à la prospective ?

Une fois qu’on a dépris, qu’on a cassé notre processus mental, on se rend compte que le futur n’est pas une ligne droite. 

Demain la terre va passer de 7,5 milliards d’habitants à 10 milliards. Nous aurons 2 milliards et demi d’habitants en plus. ils vont habiter où ? Dans les villes. 

Comment réinventer la ville du futur ?

Comment mettre deux milliards et demi d’habitants en plus dans des villes ? quand on sait que potentiellement la terre arable peut devenir patrimoine mondial de l’humanité. C’est à dire qu’on aura plus le droit de faire grandir les villes sur la terre arable

Quand on pose cette question, logiquement on dit qu’on pourra construire en hauteur ! oui, il y a tout un système pour construire en hauteur, et ensuite on va travailler sur l’inverse. 

l’un des inverses c’est la ville souterraine. On n’est pas des taupes c’est vrai, pourtant la ville souterraine est quelque chose qui se développe. 

Elle existe à Moscou, elle existe à Montréal, elle existe à Helsinki, mais elle peut exister partout dans le monde et la ville souterraine c’est quelque chose sur lequel on va travailler.

En conclusion, le futur s’imagine de cette manière là, en pensant par exemple à un scénario, et à son scénario inverse. 

Prospective et signaux faibles : pour créer le futur il faut désapprendre was last modified: décembre 22nd, 2018 by Yann Gourvennec
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Yann Gourvennec

PDG & fondateur chez Visionary Marketing
Yann Gourvennec a créé le site visionarymarketing.com en 1996. Il est intervenant et auteur de 4 ouvrages édités chez Kawa. En 2014 il est devenu entrepreneur, en créant son agence de marketing digital Visionary Marketing, en association avec Effiliation. Il est directeur de programme du Mastère Spécialisé Digital Business Strategy de Grenoble Ecole de Management depuis 2015
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