Travail flexible : un MOOC pour comprendre la transformation numérique

Travail flexible ne rime pas totalement avec télétravail. Le télétravail est l’arbre qui cache la forêt de la transformation des organisations du travail. Derrière la polémique des chiffres (dont Visionary Marketing a déjà parlé ici) on risque d’oublier les enjeux de cette flexibilité du lieu et de l’organisation du travail. Stricto sensu, le télétravail représenterait à peine 3% de la population active. Cela concernerait les salariés du secteur privé (encore peu du secteur public) qui travaillent à distance sous la protection d’un avenant à leur contrat de travail ou d’un accord d’entreprise

1,3 milliard de travailleurs flexibles, c’est cela aussi la transition numérique (source IDC)

le travail flexible
Zevillage lance un MOOC sur le travail flexible pour qu’on sorte des stéréotypes qui font rimer télétravail avec vacances (photo Xavier de Mazenod)

Or, le télétravail s’exerce majoritairement, à 80%, en mode clandestin, ou plutôt informel. Par inertie, par paresse ou par découragement face aux obligations légales des lois de 2012 inadaptées aux évolutions du monde du travail. Inadaptées car elles prétendaient appliquer au télétravailleur tout le droit du travail. Alors qu’il n’est pas un salarié « normal » mais avec toutes les contraintes pour l’employeur. Certes, il était convenu que les partenaires sociaux renégocient les textes avant fin 2016 pour le faire évoluer mais ils ont un peu de mal à s’y mettre.

Et derrière le télétravail ?

Or, pendant ce temps-là, la réalité de la vie des entreprises a rattrapé les organisations. Comme l’explique souvent Jean-Emmanuel Ray, professeur de droit social à la Sorbonne, le droit du travail est fondé par une triple unité : de lieu (l’usine), de temps (la sirène) et d’action (la chaîne). Les besoins ont changé, on sait aujourd’hui s’affranchir de ces obligations héritées du XIXe siècle.

Tous les « travailleurs du savoir » peuvent déjà travailler en mobilité, au bureau mais aussi chez eux, en déplacement, dans un espace de coworking, dans une bibliothèque ou chez MacDo. Comme 1,3 milliard de personnes dans le monde.

La possibilité technique rejoint les aspirations des salariés. Et surtout les aspirations des générations Y et Z qui arrivent sur le marché du travail. Environ 93% d’entre eux ne « veulent plus d’un bureau classique » selon une étude auprès de 2000 étudiants de l’Essec. Le bureau « lifestyle » serait même une clé de l’engagement de ces jeunes salariés selon une étude de JLL.

On constate que le sujet du télétravail n’est qu’une infime partie du problème. L’enjeu pour les organisations privées et publiques c’est le travail flexible : continuer à travailler quelque soit le lieu et le besoin, travailler seul ou en équipe, en mobilité ou au bureau.

Pourquoi tant de bruit sur le travail flexible ?

Ce sujet dépasse de loin le gadget RH pour améliorer le bilan de la RSE. C’est un sujet de fond. Comment préserver ma marque employeur, comment améliorer l’engagement des salariés de mon entreprise (pas terrible en France), comment améliorer la productivité tout en améliorant la qualité de vie de mes salariés, comment passer d’une culture du contrôle à une culture de la confiance, comment redonner du sens au travail ?

Ce levier de la transformation à l’aide du changement de l’espace de travail et du télétravail, le ministère belge de la Sécurité sociale l’a expérimenté. Confronté à des difficultés de recrutement et à une vague de départs à la retraite, à l’occasion d’un déménagement il a repensé intégralement son organisation de travail. Une combinaison de fleskoffice et de travail à distance reposant sur un développement de la confiance et de l’autonomie. Un chantier déployé en 3 ans seulement, de 2009 à 2012. Résultat, le ministère est devenu l’un des 3 recruteurs préférés en Belgique.

Le travail flexible est un sujet malheureusement peu présent dans la réflexion de beaucoup de dirigeants. Un sujet jugé mineur. Pour faciliter la prise de conscience des enjeu de cette mutation, Zevillage a créé, en partenariat avec Unow, un MOOC sur le travail flexible, accessible en ligne. Il vient de commencer, précipitez-vous.

Travail flexible : un MOOC pour comprendre la transformation numérique was last modified: novembre 1st, 2016 by Xavier de Mazenod
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Xavier de Mazenod

Fondateur chez Zevillage
Ancien journaliste, Xavier de Mazenod est co-auteur du livre Les blogs, nouveau media pour tous (M2 Editions, 2005) et du ebook Influence et réputation sur l’Internet (2010). Il a créé en 2003 la société Adverbe spécialisée dans le conseil pour la gestion de la e-reputation des entreprises ainsi que le développement et l'animation de réseaux sociaux professionnels.
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4 réflexions au sujet de « Travail flexible : un MOOC pour comprendre la transformation numérique »

  1. Merci pour cette tribune. Cependant j’avoue ne pas trop comprendre « les contraintes pour l’employeur » A mon humble avis c’est plutôt contraire, il gagne en espace de bureau, le télétravailleur est plus productif en travaillant chez lui car il peut mieux se concentrer et n’a pas besoin de perdre son temps dent les embouteillages. Le véritable problème est le changement de culture des employeurs qui souhaitent contrôler leurs équipes et leurs salariés? si cette approche semble être naturelle chez le anglos saxons, bon nombre d’entreprises françaises n’ont pas encore franchi le pas …

  2. Bonjour,

    Le télétravail, c’est un accord gagnant-gagnant, tout le monde y gagne. L’employeur aussi en améliorant la qualité de vie de ses salariés, en améliorant le climat social et rendant ses salariés plus productifs. sans compter les gains annexes que vous décrivez. Des bénéfices pour les deux parties… et pour la planète : moins de déplacements, moins de CO2 gaspillé.

    Mais l’employeur a des contraintes légales. Il a les mêmes obligations que pour le salarié en entreprise (horaires, santé-sécurité) sans avoir les moyens de les appliquer puisque le salarié n’est pas dans ses locaux.

    Vous avez donc d’un côté des fortes aspirations à la flexibilité et de l’autre un cadre rigide plus adapté à cette situation.
    Cela devrait changer si les partenaires sociaux arrivent à se réunir 😉

    Voir plus en détail l’interview de Jean-Emmanuel ray : https://www.youtube.com/watch?v=yufTxj-qJDc

    Bonne jpurnée

  3. Très bon article ! C’est vrai que le télétravail est de plus en plus présent dans le monde professionnel.

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