Le deep learning au microscope de Luc Julia – avec AI Paris 2019

Deep Learning : un vocable utilisé fréquemment depuis quelques années que l’intelligence artificielle est (re)devenue à la mode. Mais qu’est-ce qu’exactement que le Deep Learning ? Comment dissocier Deep Learning et Machine Learning ? Et surtout, à quoi cela sert-il ? Pour le savoir, j’ai demandé à Luc Julia, auteur du récent livre à succès « l’intelligence artificielle n’existe pas » de répondre à mes quelques questions. Pour cete interview je n’ai pas désiré revenir sur le thème principal du livre, largement débattu dans la presse et dans les blogs (je vous conseille la vidéo suivante). J’ai voulu au contraire profiter de la compétence et de l’expertise d’un vétéran de l’intelligence artificielle dans la Silicon Valley pour regarder le côté positif des choses et bien circonscrire le sujet. Ce billet est préparé dans la perspective du salon AI Paris 2019, dont Visionary Marketing est partenaire média et qui aura lieu les 11 et 12 juin prochains au Palais des Congrès de la capitale.

Le Deep Learning : qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?

Luc Julia « vit depuis vingt ans dans la Silicon Valley, est l’un des pères de Siri, l’assistant vocal de l’iPhone, a travaillé chez Apple, puis Samsung, où il est l’un des rares non coréens à occuper un poste de vice-président » nous apprennent Les Echos. Il a eu pour professeur Jean-Gabriel Ganascia, auteur du « mythe de la singularité », dont j’ai déjà évoqué le livre dans ces colonnes, et qui a la particularité d’être philosophe, outre son statut d’expert en IA. Ici, j’ai voulu me focaliser sur un sujet un peu mystérieux, le Deep Learning, que j’ai demandé à Luc de définir.

Luc Julia IA Deep learning
C’est une star de la Silicon Valley et il passe même chez Bourdin. En préparation du salon IA Paris 2019 j’ai demandé à Luc Julia de nous expliquer le deep learning

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Vente et Marketing : les frères ennemis – avec @Touch_sell

vente et marketing les frères ennemis
Vente et marketing, les frères ennemis, parfois moins drôles que les originaux au vu de certaines discussions entendues sur le terrain. Ah le marketing, vous savez …. ! (vous pouvez remplacer par « les vendeurs » ça marche aussi)

Vente et marketing sont, paraît-il en cours de fusion. On parle même de Smarketing un mot-valise accolant « sales » et « marketing » qui est censé montrer que les deux ne font qu’un.

S’il y a une part de vérité dans ce principe, il serait à mon avis erroné de croire que les vendeurs doivent devenir des marketeurs et que les marketeurs doivent devenir des vendeurs. Parlons plutôt d’alignement entre les ventes et le marketing et nous serons plus dans le vrai.

En B2B, et notamment dans le domaine de la vente complexe, vente, marketing et business development n’ont jamais été aussi proches.

Les marketeurs sont dans l’obligation de générer toujours plus de leads et se rapprocher de la vente, et les vendeurs se voient imposer de monter en gamme, « networker » et lâcher prise pour être plus efficaces.

Quant aux business developers, ils se retrouvent coincés entre marketing, vente et stratégies d’alliance sans trop savoir où donner de la tête. En résumé, tout le monde est sommé d’aller sur le terrain de l’autre et on peut légitimement se demander s’il s’agit de la bonne méthode. Lire la suite

Âgisme, ce nouveau racisme : Génération Y et inter-générations

Âgisme et génération « Y » (ou Z ou autre, les noms changent mais les préjugés restent), ceci est la sélection du jour

eye-large_thumb.gifL’ âgisme, ou le préjugé lié à l’âge, est la sélection du jour, basée sur un billet de Jean-Philippe Déranlot et accompagnée de plusieurs autres sources et d’une vidéo qui soulèvent à nouveau le sempiternel débat autour de la génération Y, maintes fois traité ici.

Ce billet jette un coup de projecteur sur un aspect intéressant, et à mon avis fondamental du sujet, qui est la nécessité de faire travailler les générations entre elles. Ceci est la rediffusion d’un article écrit en 2013, mais qui pourrait être republié tous les jours tant les messages qu’il fait passer sont importants pour combattre les préjugés.

[NDLR : Ceci est une rediffusion d’un billet de septembre 2016, qu’il me semble important de remettre à l’ordre du jour. Il y a peu, j’entendais quelqu’un me lancer, pourtant à peine plus jeune que moi, en substance : « À votre âge, vous devriez être en retraitre ! » Dans cette époque où les injonctions de travailler plus longtemps se font toujours plus pressantes, et surtout où les plus expérimentés sont logiquement en attente de pouvoir exercer leur talent plus longuement, notamment s’ils sont entrepreneurs, il est plus temps que jamais de rappeler que la connaissance, le savoir, la compétence et la vision ne sont l’apanage d’une classe, d’une éthnie, ni même d’une classe d’âge. Chaque point de vue, avec son recul et son contexte culturel et humain est un apport de richesse et de réflexion]

Apprendre aux jeunes qui apprennent aux vieux, etc.

De temps immémoriaux, les vieux ont appris aux jeunes qui ont appris aux vieux qui ont appris aux jeunes et ainsi de suite (à moins que ce soit l’inverse). Et ma boule de cristal me dit que cela ne changera pas malgré les tentatives de mercantilisation des générations qui tendent à les enfoncer dans des caricatures.
Consumo ergo sum ? Ces stéréotypes, ne frappent pas que la génération Y, ne sont pas que l’apanage de la génération X, des “seniors” (euphémisme pour “vieux”) ou de tout autre acronyme qu’on veuille bien utiliser.
Derrière cette réflexion apparemment anodine et évidente qui consiste à dire que travailler ensemble vaut mieux que travailler les uns contre les autres, et au-delà de l’apparente simplicité qui en dérive du point de vue de l’efficacité de la société et de son simple fonctionnement, se pose en fait la véritable question soulevée fort à propos dans un document publié par la société de conseil Achieveglobal et trouvé sur le site Web d’une université américaine : les stéréotypes entre générations sont-ils une nouvelle forme de racisme dénommé « âgisme ».

combattre les préjugés sur l'âge l âgisme les préjugés entre générations, préalable à la rupture du dialogue, au relativisme et au racisme (ou  âgisme ) – photo antimuseum Lire la suite

Paradoxe de Solow : le ROI du digital est-il vraiment en question ? #irev10x

Le paradoxe de Solow est un incontournable de l’économie de la technologie et de l’innovation et pourtant il est largement ignoré des évangélistes de la modernité technologique. C’est dommage, passons un peu de temps pour voir pouquoi il faut s’y intéresser et se pencher à nouveau sur le sempiternel ROI des innovation technologiques et voir que les choses les plus apparemment évidentes le sont aussi souvent le moins.

La mesure du ROI des innovations est une sorte de marronnier, surtout dans le domaine académique. Combien de fois n’ai-je pas entendu, dans les classes des écoles les plus prestigieuses, l’explication toute faite : « l’innovation xxx (remplacez par ce que vous voulez) a échoué du fait d’un manque de ROI ».

Souvent d’ailleurs, c’est le cas de la littérature académique, on parlera plutôt de productivité que de ROI. Une preuve que l’on mélange beaucoup de concepts, mais que finalement, il est très peu de véritables métriques qui permettraient de tirer des conclusions crédibles de cette réflexion sur l’impact de la transformation digitale.

Paradoxe de Solow : le retour

Car pour ce qui est des impacts du digital sur la transformation du monde du travail, ceux-ci paraissent évidents … sauf que pour mesurer ce fameux ROI, cela est loin d’être facile et encore moins immédiat. Voici ce que nous explique Xavier de Mazenod dans un article qu’il a écrit pour le compte de notre client iRevolution sur ce sujet, dans le cadre de notre projet de Musée des horreurs de la transformation digitale.

Paradoxe de Solow
Mc Kinsey a titré sur le paradoxe de Solow, le sous-titre est évocateur : « modernisation digitale (digitization) : pas encore d’impact sur l’augmentation de la productivité ». Tout est dans le « encore »

Pour illustrer son propos, Xavier cite « une récente enquête auprès des spécialistes du marketing [qui] fournit une preuve flagrante [de cette difficulté à mesurer le ROI] ». Lire la suite

Le Data Lake expliqué à mon boss avec @CGI_FR

Alors qu’on répète à l’envi que les marketeurs doivent acquérir la culture de la donnée, et que les études montrent toujours que des progrès conséquents restent encore à faire, il m’a semblé pertinent de faire un zoom sur un sujet que beaucoup de marketeurs pourraient encore trouver mystérieux : le « Data Lake ».

Il est vrai que le nom est poétique et évocateur mais entouré d’un halo de technicité. Quoi qu’il en soit, le Data Lake est au centre du sujet des Big Data. La grande ESN franco-canadienne CGI m’ayant missionné [transparence] pour rédiger un article sur le sujet des données, j’ai profité de la sortie de leur livre blanc sur le sujet (« industrialisation du Data Lake ») pour approfondir le sujet et tenter de le mettre à la portée des marketeurs et de leurs patrons. Voici donc le Data Lake expliqué à mon boss. Qui sait, peut-être un futur best-seller aux éditions Kawa ?

Le data lake expliqué à mon boss

Etat des lieux : les entreprises et la donnée

Avant toute chose, il me semble fondamental de revenir sur la réalité de la donnée dans les entreprises et sur les chiffres. Pour cela je me suis penché sur la version 2019 du rapport d’étude de NVP, publié 7 ans après la première édition. Il est particulièrement éclairant.

« Un verre à moitié plein et à moitié vide » nous expliquent Thomas Davenport et Randy Bean dans leur introduction.

En résumé, nous n’en sommes plus aux incantations sur la donnée, même s’il faut rester prudent du fait du décalage avec les USA. La perception de l’importance du sujet par les dirigeants est patente. 55% des entreprises interviewées par NVP déclarent dépenser plus de 50M$ sur ces sujets, soit une hausse de 15 points par rapport à 2018 et 21% dépensent même plus de 500M$.

L’effervescence recensée lors du dernier salon des Big Data, dont nous étions partenaire média, et les discussions avec les professionnels sur les stands ont confirmé que de ce côté-ci de l’Atlantique également l’activité était soutenue. Lire la suite