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Dans l'article suivant, la postmodernité est décrite
plus avant. et cela ne plait pas toujours, on le verra en lisant
les commentaires aigres-doux de Jacques Antoine. Et pourtant,
au delà du sectarisme, et de la sympathie naturelle qui
irait à ceux qui regardent les choses autrement, il faut
reconnaître que les apports de cet articles sont fondamentaux.
Les apports
On peut en effet douter de la notion de tribalisme et sans doute
que l'hermétisme du livre de Maffesoli ne prèche
pas pour cette théorie, mais quiconque a étudié
de près les marchés, sait d'une manière plus
ou moins diffuse que des exemples concrets de ces phénomènes
existent. L'engouement des jeunes pour ce qu'ils nomment les marques
(stigmatisé dans le film de Bertrand Tavernier L'appât
en 1995) est un moyen pour eux de se regrouper au travers de leur
consommation. Un moyen d'exclure également d'ailleurs.
La mode est tyrannique. Le vêtement devient look, comme
le fait remarquer Patrick
Hetzel, et aussi symbole clanique.
Plus amusant et anecdotique, les rencontres de célibataires
dans les grandes surfaces en Grande Bretagne (en général
le Vendredi soir, depuis 1993, certains supermarchés organisent
des soirées célibataires). On ne se trouve plus
devant un phénomène de gens seuls, mais bien un
regroupement par affinités, la constitution d'un nouveau
groupe social, d'une tribu, par caractéristique sociale,
et ceci dans un lieu de consommation. La plupart du temps d'ailleurs,
ces regroupements génèrent des comportements communautaires
(pour ne pas dire tribaux), comme dans le cas de la communauté
gay, dont les habitudes d'achats vont plus loin que la simple
copie vestimentaire. Le Marais n'est-il pas devenu un quartier
gay à l'instar de Soho (Old Compton Street) à Londres,
où on "consomme" gay autant qu'on est gay ? Les boulangeries
sont gay, les cafés sont gay, les épiceries sont
gay (voir Paris la grande de Philippe Meyer - 1998).
Mutation
L'apport principal de Badot et Cova reste de nous montrer non
que nous sommes les témoins d'une évolution passagère,
mais que les structures même de la société
sont en mutation et que notre vision du monde doit évoluer
pour permettre une action Marketing adaptée.
Le mérite de Badot et Cova est également de montrer
l'apparence de stabilité qui prévaut en haut du
sablier de la société. Pour une partie de la population,
souvent la plus aisée, les comportements et les valeurs
de références restent constantes.
Mérite également de nous montrer que les changements
sociétaux ne touchent pas tous les membres de la société
de la même façon ni en même temps. Et pourtant
l'approche tribale de ces évolutions est très différente
des habituelles segmentations clients. Pourtant les choses changent,
preuve que le remplacement des traditionnelles approches CSP par
des regroupements-types selon les comportements d'achats permet
de coller de plus près à la réalité.
C'est le cas notamment dans les établissements bancaires.
Toute tentative de mieux comprendre cette nouvelle structure
de société est donc salutaire et c'est pour cela
que l'article de Badot et Cova est si important. La valeur de
lien
Les auteurs introduisent en outre cette notion de valeur de lien
qui caractérise un produit (ou service) au travers duquel
un groupe peut se reconnaître. Cette notion n'est pas délirante.
Elle est utilisée dans le Marketing sur Internet par des
auteurs comme dans Net Gain.
Ce texte est important également du fait qu'il souligne
en les expliquant, les différences de vues entre les approches
anglo-saxones et latines des mêmes sujets. Observation
contre jugement
Enfin, il nous semble important de préciser qu'il ne nous
appartient évidemment pas de juger les évolutions
de société ni d'émettre de jugements sur
elle. Ce n'est pas là notre propos, et lorsque nous mentionnons
la notion de tribalisme il n'est pas question de faire croire
que la civilisation opérerait un retour en arrière.
Il est de notre avis que l'on peut refuser le postmodernisme
à titre personnel, ou du moins certaines de ses manifestations
les moins plaisantes, mais on ne peut nier son existence, en tant
que clef de lecture de notre société, et donc du
Marketing du XXIème siècle.
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