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Programme de la conférence
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" La montée du vécu
client dans les innovations marketing",
Bernard COVA, Professeur à l'ESCP-EAP
et au Politecnico di Milano
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"Marier gestion de la relation client
et vécu client : le cas du PSG",
Fabrice Favetto Bon, Directeur Marketing
PSG ( décembre 2003 )
- "Le vécu client, unité
d'analyse et d'action du marketing des années
2000 ", Benoit Heillbrun, Professeur
E. M. Lyon, enseignant à la Sorbonne
Nouvelle, auteur de "Le logo"
et co auteur de "l'ABCdaire du Design
Première
intervention : Bernard Cova
Du marketing
de masse à l'éthnosociologie
de consommation
Bernard Cova nous rappelle les grandes étapes
de la connaissance client.
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Tout d'abord, les années 60-80
qui furent la grande période du
mass marketing où le consommateur
anonyme n'est qu'un élément
d'un échantillon représentatif
d'un segment de population.
-
Puis le One-to-One Marketing durant les
Années 90 où le consommateur
existe en tant qu'individu et reconnu
en tant que tel. Mais ces approches ont
des limites car trop centrées sur
des modèles behavioristes qui réduisent
la consommation à quelques variables
motivationnelles. D'autre part, elles
ne s'intéressent pas au "
vécu des consommateurs ",
et notamment à leur vécu
social (familles, clans, tribus
)
et ne sont que difficilement capables
de comprendre la place de la consommation
dans la vie actuelle.
-
Dès 2000, apparaît l'Ethno
Marketing où le consommateur existe
en tant que membre d'un collectif social
dans lequel il vit. Sont mises ainsi en
place des stratégies d'offres ciblant
les " structures d'attente "
(en terme d'usage et de sens) de collectifs
de consommateurs.
-
B. Cova présente ensuite une approche
sur laquelle s'appuie le marketing afin
d'explorer toutes ces choses que l'individu
ne peut pas exprimer mais qu'il est possible
d'observer : l'ethnosociologie. L'ethnosociologie
de consommation s'intéresse ainsi
aux actions et aux interprétations
collectives (et pas seulement individuelles)
et n'est, en aucun cas voyeurisme ou journalisme
et " surtout pas de l'ethnographie
Blitzkrieg mais pencherait à la
limite, vers l'auto-ethnographie ".
Le regard ethnosociologique s'applique
à " débusquer "
des éléments du domaine
de l'intangible de l'ineffable, de l'imaginaire,
des éléments typiques. Il
illustre l'intérêt de cette
méthode d'investigation citant
le cas de l'Alfa 156 qui a notamment séduit
les passionnés de cette voiture
par un détail significatif : la
plaque d'immatriculation placée
sur le coté du capot avant et non
centrée comme il se fait habituellement,
L'importance de ce détail n'a été
révélée qu'à
travers des groupes de discussion passionnée
avec les fans de la marque, ce dont aucune
base de données ne pourrait rendre
compte.
Deuxième
intervention : Fabrice Favetto Bon, directeur
marketing PSG
Développer
la relation client dans le grand club de Football
de Paris St Germain
Comment dépasser l'expérience
vécue au cours de 90 minutes de match
pour développer une relation client
?
-
Le PSG, club mais aussi marque forte
soutenus par un grand nombre de supporters
et de sympathisants (1.8 M), a mis en
place un grand nombre de canaux à
disposition de ses aficionados:
-
off-line : bien sûr les matchs,
le Parc des Princes, Boutiques PSG,
courrier, vente par correspondance
de produits dérivés.
-
on-line : Internet, Call center qui
reçoit près de 200.000
appels par an, SMS.
-
Mais, face à une connaissance
client insuffisante quantitativement -
restreinte aux abonnés (23.000
personnes) - et qualitativement - de par
son organisation compartimentée
autour de ses produits, ainsi qu'une multiplicité
de sources applicatives externes et internes
(car autant de " formats " de
fichiers clients et pas de base client
consolidée) -, le PSG avait une
vue limitée de l'activité
de ses clients.
-
Est alors apparue la volonté d'aller
plus loin avec ses sympathisants et d'aller
plus près avec des enjeux importants
:
- redevenir un vrai club,
- créer et développer
un capital client,
- développer le Chiffre d 'Affaires,
- rationaliser les actions marketing.
- D'où la création d'un programme
intitulé l'ESPRIT CLUB articulé
autour de 4 " moteurs " : "
Assister (au spectacle sportif), S'informer
, Echanger, S 'approprier ", permettant
de qualifier et développer le Vécu
client.
Ce programme est matérialisé
par une carte de fidélité
gratuite permettant d'identifier tous les
supporters et sympathisants du club et un
double système de récompenses
:
-
rewarding classique indexé sur
la " consommation produits PSG
",
-
rewarding lié au " soutien
militant " au club (récompenses
pour tous les actifs).
-
Le montage de ce programme s'est fait
suite à des focus groups dont le
fait d'y participer était considéré
comme un privilège par les supporters
du PSG.
Parallèlement, a été
mis en place un chat sur le web avec un
système engageant à participer
au maximum et récompensant la "
loyauté engagée ".
Le PSG propose deux types de cadeaux (en
échange des points collectés)
: les chèques-cadeaux classiques
et surtout les cadeaux passion pour récompenser
le soutien militant axés sur le
vécu émotionnel des clients.
Il peut s'agir de ballons ou maillots
dédicacés ou encore de rencontres
avec des joueurs, de visites des coulisses
du Parc
F. Favetto tire quelques enseignements de
cette expérience et souligne le fait
que la mise en uvre du programme de
fidélisation " esprit club PSG
" est un projet d'entreprise et pas seulement
un projet Marketing.
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3 ème intervention
: Benoit Heilbrunn
Un consommateur
schizophrène ou tout simplement 'complexe' ?
Benoit Heilbrunn commence son exposé
par l'interrogation " Le consommateur
est-il schizophrène ? " et tout
au long de son discours essaie de montrer
que l'ambivalence des attentes des consommateurs
( "sa schizophrénie ") doit
être prise en compte pour une meilleure
compréhension des attentes expérientielles
du consommateur.
- Tout d'abord, B. Heilbrunn rappelle les
différents échelons de l'
expérience de consommation : macrosphérique
(adhésion aux principes et valeurs,
l'environnement sociétal), micro-sphérique
(logique d'interaction sociale et des rapports
interpersonnels), auto-sphérique
(exploration des sensations corporelles
propres). Ensuite, il explique la complexification
du niveau macrosphérique due notamment
à l'ambivalence du consommateur qui
fait siens des principes a priori contradictoires
; par exemple, l'acceptation de la société
de consommation semble aller à l'encontre
même des principes judéo-chrétiens,
le consommateur accorde de l'importance
à l'individualisation et à
la fois recherche du lien. B. Heilbrunn
fait par ailleurs remarquer que la pensée
judéo-chrétienne diffère
de la pensée chinoise, cette dernière
étant fondée non sur l'opposition
mais sur l'interdépendance des signes
contraires.
Cette complexification qui mène à
une certaine incompréhension du consommateur
dit " caméléon "
peut être surmontée et démystifiée
par la prise en compte et l'acceptation
d'une part d'ambivalence dans les attentes
du consommateur et la distinction des différents
niveaux d'attentes expérientielles
et donc d'analyse.
- B. Heilbrunn propose pour une meilleure
compréhension du consommateur et
des typologies des expériences de
consommation, le carré sémiotique
des valorisations des expériences
de consommation.

Figure : Les typologies des expériences
de consommation de Heilbrunn |
-
L'objet de l'expérience doit alors
conjuguer valeurs d'usage ( pratique et
critique) et valeurs existentielles (
utopique et ludique).
-
En somme, le consommateur désirerait
tout et son contraire. Il attend de la
part de l'objet de l'expérience
et de la marque non seulement de la reproductibilité
expérientielle et une diminution
des risques perçus mais aussi de
nouvelles sensations, émotions
et expériences.
Ainsi, la marque serait une machine à
industrialiser les expériences
mais doit pouvoir faire preuve de variétés
; d'où la nécessité
d'un subtile dosage entre la répétition
et l'innovation.
Face à l'importance que revêt
la marque dans la quête identitaire
et idéologique du consommateur, B.
Heilbrunn émet l'hypothèse d'une
religiosité de l'expérience
vécue dans la consommation.
En effet, une marque sous-tend une idéologie,
des façons de pensées. De plus,
les nouveaux produits nouveaux induisent de
nouveaux gestes durables, de nouvelles séquences
gestuelles pouvant devenir rituelles qui empêchent
le retour vers les marques concurrentes. De
cette façon, certaines marques essaient
de rompre avec les conventions faisant appel
à des représentations idéologiques
pour s'imposer.
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