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Le marché a mûri et TiVo se retrouve à
présent en compétition avec les STB («
set-top-box ») à disque dur des câblo-opérateurs
qui proposent des fonctions similaires. Il est même
menacé par son partenaire historique Direct TV qui
propose son propre DVR.
Pour continuer à se distinguer sur un marché
à présent très orienté sur les
prix (« marché de commodity »), TiVo
évolue vers de nouvelles fonctions qui doivent encore
convaincre comme les insertions publicitaires (« pop
up ads », « banner ads in the fast forward button
») ou la protection du contenu en VoD ou Pay per View.
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Premiers lancements en France et en Europe
TiVo na pas réussi à conclure un accord similaire
avec les opérateurs français. Ne lui restent que
la distribution en points de vente ou par Internet quil
na pas choisi dinvestir, ce qui explique son absence
en France. Les opérateurs français ont préféré
développer eux-mêmes leur produit (Canal+ a lancé
le Pilotime en 2003 avec un terminal développé par
Canal+ Technologies) ou sappuyer sur des industriels bien
connus (France Télécom vient de lancer son magnétoscope
numérique avec une STB Sagem, TPS a lancé en 2003
le Platinium avec une STB Sagem). On parle ici de PVR ou de DVR.
Si les opérateurs français sappuient sur
le terminal basé chez le consommateur pour stocker les
enregistrements, en Angleterre et en Italie, les opérateurs
télécoms alternatifs HomeChoice et Fastweb utilisent
le réseau pour stocker les enregistrements. Ils rediffusent
ensuite au consommateur son enregistrement à la demande.
On parle là de nPVR, « network PVR » (voir
ici pour lire un article dédié au nPVR).
Vers une stratégie de déploiement
gagnante
Les retours des utilisateurs de PVR ne laissent planer aucun
doute : ce service a un bel avenir devant lui car il répond
à un besoin réel (maîtriser ou « piloter
» son temps) tout en facilitant et enrichissant des usages
(enregistrer et regarder la TV sans se couper du monde extérieur).
Quelle voie empruntera le déploiement de ce service, DVR
ou nPVR ? Les opérateurs ont un rôle clé dans
sa distribution. Les opérateurs satellite ont un choix
technique limité, lié à leur réseau
broadcast : leur produit PVR ne peut être que basé
sur un terminal doté de capacité de stockage, une
STB avec disque dur interne ou externe (via une prise USB). Les
opérateurs télécoms disposent eux dun
réseau unicast, leur permettant de rediffuser des contenus
à la demande : ils ont un choix important à faire
entre offrir un produit PVR basé sur le réseau (nPVR)
ou basé sur un terminal (DVR).
Lhistoire des télécommunications est riche
de ces allers-retours entre le réseau et le terminal et
la répartition des services dans larchitecture :
un service identique pour le consommateur est parfois offert au
travers du terminal, cest le cas du répondeur vocal
situé à la maison, ou par le réseau, cest
le cas de la messagerie vocale offerte par le réseau mobile.
Si le nPVR semble de prime abord séduisant car il ne requiert
pas de STB spécifique et semble mutualiser le coût
de stockage (lorsque plusieurs clients programment la même
émission, celle-ci nest enregistrée quune
fois par lopérateur), il peut induire une gestion
compliquée de type « usine à gaz » :
ainsi en Italie, lopérateur enregistre toutes les
chaînes en permanence, purge ensuite en ne conservant pendant
1 semaine que les émissions ayant donné lieu à
des enregistrements, rediffuse à la demande en assurant
un flux unicast parfait ce qui la amené à
dupliquer ses serveurs au plus près des clients
et
finalement à perdre en dupliquant, ce quil avait
gagné en mutualisant. Autre inconvénient significatif
du nPVR, la copie réalisée par lopérateur
sort du droit privé et celui-ci doit demander aux chaînes
et aux ayants droit lautorisation denregistrer et
de rediffuser
ce qui peut prendre un certain temps.
Le DVR basé sur un terminal de type STB + disque dur,
présente des avantages de simplicité, dimmédiateté
et de maîtrise de linvestissement :
- il est simple à expliquer pour le client qui visualise
son magnétoscope numérique, il lui offre la possibilité
de stocker « chez lui » sa bibliothèque denregistrement
et non dans un réseau abstrait ;
- il ne demande pas de compétence de gestion de bande
passante et de qualité de réseau particulière
: lopérateur se limite à un rôle de
distributeur ;
- il est immédiatement opérationnel sur les chaînes
du bouquet TV sans préalable juridique ;
- il ouvre sur le partage de contenus à la maison («
home networking »), la rediffusion des enregistrements
vers différents postes de TV, la portabilité du
contenu ou encore le téléchargement de contenus
par lopérateur vers le disque dur de la STB («
push video ») en utilisant les « heures creuses
» du réseau et la capacité de stockage locale
;
- il correspond à un investissement variable, éventuellement
partiellement immédiatement récupérable
au travers dune vente déquipement au consommateur.
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Si la messe nest pas encore dite pour le nPVR, le jeu des
acteurs est un indice important. A cet égard, lengagement
de Microsoft autour du digital media est sans équivoque
: en investissant dans de nombreuses technologies (DRM, VC1, MTP,
Media Center, Media Connect, MS TV
), Microsoft cherche à
enrichir Windows et à relier les mondes du « consumer
electronic », du PC et de lInternet. Sa vision est
de permettre au consommateur de recevoir un contenu sur nimporte
quel terminal connecté (PC, TV-STB, téléphone)
et de le redistribuer ensuite dans son foyer entre ses différentes
équipements selon son usage ou de lembarquer sur
un terminal portable (lecteur mp3 ou portable vidéo).
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A terme, pour un contenu vidéo, le PC pourra servir de
DVR du flux TV et être utilisé pour la VoD, en combinant
les modes pull (streaming) ou push (téléchargement).
Cette perspective procure aux opérateurs trois atouts majeurs,
qui semblent sonner le glas du nPVR :
- la possibilité de réserver aux flux TV en direct
(« Live ») leur bande-passante, élément
clé dans la pespective de la future HDTV fortement consommatrice
de débit ;
- la limitation de la distribution de serveurs VOD dans leur
réseau, très complexe à maîtriser
;
- lopportunité denrichir leur offre et leurs
tarifs entre différents contenus VOD : contenus immédiatement
disponibles ou à réserver, block-busters du mois
pré-chargés sur le DVR.
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