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Si les situations acquises semblent s'enraciner dans un grand
nombre d'entreprises privées, parapubliques et de nos administrations,
c'est peut-être tout simplement par peur de changer ses
habitudes qui pousse chacun à défendre son pré-carré.
La crainte de perdre ses privilèges est exacerbée
lorsque l'environnement devient plus difficile. C'est la hantise
face au changement.
Concernant le système d'information, c'est aussi le sentiment
de tout utilisateur face à de nouvelles applications qui
risquent de lui changer son quotidien. Est-il possible de créer
un environnement qui donne envie à chacun de s'engager
en confiance dans un changement pour lequel il va se mobiliser
et réaliser son potentiel ? Oui, en faisant partager sa
vision, en montrant de la ténacité et un engagement
personnel.
Le challenge d'une direction générale est d'apprécier
le potentiel de l'entreprise dans son environnement et de communiquer
en interne sur les dangers qui susciteront un état de crise
et inspireront le changement. C'est une opportunité que
doit saisir la Direction Générale pour établir
une vision de son entreprise qui lui donne un avenir en réponse
à ses impératifs marchés et opérationnels.
Pour être plausible, cette vision doit être lucide
sur ce que pourrait être l'entreprise, car elle doit être
réalisable par chacun, pour qu'il puisse, à son
tour, se l'approprier et la transposer dans son propre environnement.
Cette vision doit séduire et motiver tous les collaborateurs
pour qu'ils se mobilisent à leur tour dans sa mise en uvre.
Si vous ne connaissez pas la vision de votre entreprise, comment
pouvez-vous prétendre participer à l'action qui
créée de la valeur pour elle-même ? Regardez
autour de vous. Classez les entreprises qui réussissent
et celles qui font face à de grosses difficultés.
Il y a une corrélation certaine entre réussite et
vision : La réussite des sociétés qui affichent
une vision claire s'oppose aux difficultés de celles qui
en n'ont pas.
Faire connaître la vision de son entreprise, être
capable de la décliner tout au long de la hiérarchie
en grandes missions est un pré-requis rarement bien rempli.
C'est pourquoi un collaborateur peut éprouver des difficultés
à expliquer simplement comment relier à la vision
de son entreprise ce qu'il fait à son niveau. Souvent,
il n'arrive même pas à comprendre que son propre
avenir soit lié au succès de l'équipe à
laquelle il appartient et qu'il fasse partie d'un groupe d'individus
qui travaille au service d'autres individus.
Cette approche se décline également au niveau de
la DSI. A son tour, le DSI se doit d'établir une vision
du système d'information. Cette vision se matérialise
souvent sous la forme d'une "Big Picture" qui va intégrer
l'ensemble des composantes métiers de l'entreprise. Elle
doit être didactique et synthétique pour que la direction
générale et que les opérationnels la comprennent
et la partagent, et pour qu'à leur tour, ils s'approprient
la part dont ils auront la responsabilité. Cette vision
devra être lucide pour convaincre et entraîner les
hommes de l'art - coté maîtrise d'ouvrage et maîtrise
d'uvre - et les partenaires technologiques qui construisent
le paysage technique dans lequel tous sont impliqués.
Pour être concrète et mobiliser l'action, cette
vision du système d'information doit contenir et s'appuyer
sur une gouvernance qui annonce des principes et définisse
les critères selon lesquels chacun va pouvoir s'approprier
la mise en place. Cette gouvernance définit le rôle,
les droits et les devoirs de tous les acteurs. Elle précise
comment les grandes décisions sont prises et comment, à
son niveau, chacun des acteurs peut les influencer.
A quoi sert une vision si elle n'est pas mise en place ? A quoi
servent les beaux discours s'ils ne sont que superficiels ou langue
de bois et ne passent jamais dans les actes ? Là intervient
la ténacité. C'est un peu comme naviguer en haute
mer par temps fort. Il faut avoir de la ténacité
pour jouer avec les vents et tenir compte des écueils.
Le bon marin peut toujours expliquer à qui lui demandent
comment il tient son cap et comment chacun de ses actes, et ils
sont nombreux, lui permet d'aller dans la bonne direction. Feriez-vous
confiance à un marin qui ne sache pas lire une carte et
faire le point en mer ?
C'est pourquoi, dans l'entreprise, toute personne impliquée
dans l'action et tout particulièrement son management doit
avoir la ténacité pour mettre en uvre la vision
et pouvoir expliquer chacune de ses décisions. C'est avec
le temps, en mobilisant tous les collaborateurs et en capitalisant
sur une multitude de décisions que la vision prend corps
et devient réalité - renforçant ainsi la
mobilisation.
A aucun instant, cette ténacité ne devra faire
percevoir le doute qui conduirait à l'insécurité
et la démobilisation des équipes.
Cette ténacité est aussi l'une des qualités
nécessaires à un DSI. Une fois la vision du système
d'information établie, le DSI va devoir agir pour la mettre
en uvre. Il va devoir convaincre les opérationnels
de leur responsabilité dans la mise en place de la gouvernance
du système d'information. Il va devoir créer ses
tableaux de bord, défendre ses budgets, faire des choix
technologiques, manager les grands projets
Il va devoir batailler
dans un gros temps pour tenir son cap.
A ce titre, nous avons tous vécus des projets difficiles
où il était nécessaire d'accompagner les
équipes pour que le rêve se transforme en réalité.
Pour un DSI, sa ténacité doit aussi être lucide
et motivante. Tel un guide, il doit savoir apprécier comment
conduire la cordée au sommet. Lucide, il doit lui faire
prendre des voies à sa mesure. Il ne lui est pas possible
de faire prendre des voies trop risquées. Il devrait alors
assumer seul la responsabilité d'un échec. Il montrerait
ainsi sa méconnaissance du métier et son crédit
en serait atteint.
Trop de nos managers ont peur de prendre des décisions
qui pourraient les engager. Aussi, et cela devient un jeu, ils
savent passer la patate chaude à leur voisin pour être
eux même déchargés du problème. Dans
certaines entreprises - souvent celles qui sont orphelines d'une
vision, cette culture s'est érigée en système.
Pourquoi certains cadres dirigeants ont-ils peur de s'engager
? Pourquoi certains managers inhibent-ils leur entourage en interdisant
de faire, de peur que l'action d'un de leur collaborateur leur
soit reprochée ?
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