|
Phase 2 : Enquête qualitative
Méthodologie de la phase d’enquête qualitative
La phase d’enquête qualitative était particulièrement importante.
Elle a permis de préciser les objectifs d’enquête et de valider
les premières hypothèses. Quatre questions principales nous intéressaient
au premier chef :
- Quels sont les types d’information recherchés par les PME/TPE
des différents secteurs ?
- De quels services les entreprises ont-elles besoin (en fonction
du secteur et de la taille) ?
- Existe-t-il réellement un marché pour un portail de gestion
quotidienne de l’entreprise ? (et on en profitera au passage
pour tester cette notion de portail).
- Offre unique ou personnalisée en fonction du secteur ?
Ces objectifs – communs aux phases 2 et 3 –
ont pu être testés auprès d’un panel d’experts du secteur des
PME/TPE représentants d’unions professionnelles et responsables
de petites et moyennes entreprises. Afin de rendre le sujet moins
aride, et de faciliter les réponses des interviewés, nous avons
construit une maquette de portail de services inspirée des portails
les plus populaires (Mon Yahoo !, monjournal Wanadoo …).
Figure
43
: Maquette
« viasolutions in a box ».
Pour cela nous avons créé de toute pièce un
concept intitulé « viasolutions in a box » qui permettait
de faire réagir les interviewés sur des représentations plus concrètes.
Quatre axes furent explorés via un guide d’entretien semi directif
administré auprès d’une douzaine de personnes d’horizons et d’expériences
différents. La courbe d’expérience se situant entre 10 et 15 interviews,
nous nous réservions le droit d’étendre l’assiette des interviewés
au cas où les premières réponses seraient trop contradictoires
ou ne permettraient pas de tirer des conclusions cohérentes. Cela
ne fut pas nécessaire.
Figure 44
: La courbe d’expérience en interview semi directive
Contrairement à ce que l’on croit communément,
il n’est pas nécessaire d’interviewer un grand nombre de personnes
pour obtenir des résultats intéressants lors d’interviews semi-directives.
Si l’on part du principe que les études qualitatives ne génèrent
pas de résultats quantitatifs et qu’on intègre cette contrainte,
alors on tire les meilleurs bénéfices de ce type d’enquêtes, surtout
en amont des enquêtes quantitatives. Bien entendu, il existe toute
une variété d’enquêtes qualitatives dont certaines très « scientifiques »,
réalisées par des sociologues et très poussées dans leurs analyses mais dans le cas
évoqué ici, on pouvait avantageusement se contenter d’une enquête
simplifiée.
Pour ce type d’enquête, il suffit donc de
choisir des représentants variés de la population qui nous intéresse.
Ici nous avons choisi un panel d’experts d’horizons divers :
unions syndicales, experts de l’Internet, entrepreneurs patrons
de PME, et même un boulanger animateur d’un portail professionnel
dédié à sa communauté. Dans le cas où
on respecte cette diversité – et à condition que les interlocuteurs
aient un apport en information suffisant – environ douze interviews
sont requises pour dégager l’essentiel des conclusions attendues.
Si des interlocuteurs se révèlent trop limités quant à leurs connaissances
ou trop réservés (ou à l’inverse trop exubérants sans que la valeur
ajoutée de leurs propos soit avérée), il suffit de soustraire
les interviews infructueuses, et d’étendre le panel à plus de
personnes. Nous avons pu le tester à maintes reprises, et force
est de constater qu’au-delà de ce nombre de 12 interviews, les
impressions se répètent de plus en plus systématiquement.
Synthèse des résultats de l’enquête qualitative
Outre des éléments d’analyse de marché plus
ou moins pertinents, le principal apport de cette enquête était
de nous renseigner sur cette notion de portail : il s’agissait
en effet d’un terme peu connu et souvent mal compris. En outre,
les experts jugeaient la création d’un portail spécifique à la
petite entreprise plutôt peu utile, et ils nous conseillaient plutôt de nous appuyer
sur les sites d’association et de syndicats professionnels déjà
existants. Enfin et surtout cette étude validait un intérêt pour
les services de communication en tant que tels, supérieur à l’intérêt
pour un portail propre. Quant aux services de communication sur
Internet, nous voulions en profiter pour tester l’intégralité
de la gamme en cours d’intégration. Les conclusions principales
de l’enquête qualitative étaient les suivantes :
- Services de FAX via Internet et d’e-mailing : Intérêt
poussé pour les services simples (dé-packagés) et moindre pour
les services poussés de marketing direct (multi diffusion),
hormis SMS jugé utile professionnellement et connoté jeune.
- Services de téléconférence jugés plus intéressants pour les associations que pour les PME et
TPE elles-mêmes.
- Quant à la messagerie unifiée, il s’agissait d’un concept
jugé intéressant une fois expliqué, mais dont le nom n’était
pas jugé compréhensible. La notoriété autour de l’existence
d’un tel service apparaissait très faible.
Toutes ces constatations constituaient alors
autant de pistes d’hypothèses de travail à vérifier lors de la
phase qualitative de notre enquête.
|
Guide
d’entretien « experts »
I . Habitudes d’utilisation
d’Internet
- Pensez-vous
que la majorité des entreprises françaises est connectée
à Internet ?
- Dans
quel but et comment y ont-elles accès ?
- Que
pensez-vous du classement européen de la France ?
II. Connaissance d’un portail
- D’après
vous, l’usage d’un portail de services en ligne parmi
les PME est-il répandu ?
- Est-ce
que ce produit pourrait susciter un intérêt quelconque ?
- Quels
seraient les freins/motivations à cet intérêt ?
III. Connaissance des services
possibles via Internet
- Service
de fax (multidiffusion) ; Service e-mailing ;
Service SMS ; Service de réunion à distance (visio
et téléconférence) ; Partage de documents on-line
et off-line ?; (Messagerie unifiée :) fax, e-mails
et messages vocaux dans une même boîte e-mail.
- Est-ce
intéressant pour une PME ou une TPE ?
! Maquette !
=> changement d’avis sur les portails ou les services ?
IV. Fournisseurs d’accès
- Pensez-vous
que ce type de bureau virtuel devrait être fourni plutôt
par un fournisseur d’accès Internet (Oléane, Wanadoo,
…) ou par France Télécom directement
pour mieux toucher les PME et TPE ?
- Pensez-vous
que les entreprises seraient prêtes à payer pour accéder
à un tel portail ? Comment ? (forfait,
abonnement, …)
- Gratuit
= dynamisant pour le marché ?
- Quel
médium devrait être utilisé pour rendre ce produit disponible
pour les PME et TPE ? (WAP ? Palmtop ?
…)
- Quel
serait le meilleur moyen publicitaire pour faire connaître
ce produit spécialisés
|
Figure
45 : Guide d'entretien (version Expert)
Phase 3 : Phase quantitative d’étude
Méthodologie de l’enquête qualitative
La phase quantitative de cette étude fut sans
doute la plus délicate et la plus enrichissante. La plus délicate
car elle posait des problèmes d’échantillonnage et de méthode
d’enquête très complexes. La plus enrichissante par ses résultats
mais également car les erreurs commises au cours de cette enquête
nous servent de guide pour le futur. La première difficulté rencontrée
lors de cette phase fut celle de l’échantillonnage. En effet,
nous ne disposions pas de fichier qualifié de PME sur l’ensemble
du territoire. La constitution des quotas fut quant à elle assez
fastidieuse, mais relativement aisée. Rappelons ici brièvement les objectifs de l’enquête,
raffinés après la phase 2 ; ils sont au nombre de 3 :
- A. Mieux appréhender et quantifier
un segment de marché encore méconnu, celui des PME et des TPE,
par rapport à l’Internet.
- B. Déterminer les types de services
de communication sur Internet que nous pourrions fournir et
quantifier l’intérêt des différents segments pour les services
étudiés.
- C. Déterminer quantitativement
les média qui pourraient toucher de la manière la plus efficace
ce segment (quel FAI, quel mode publicitaire…).
On y rappelait également les fourchettes de
tailles des segments utilisés :
- PME : de 10 à 500 salariés (hors agences de grandes
entreprises, et notamment les agences bancaires).
- TPE : jusqu’à 10 salariés.
L’échantillonnage posait quant à lui un réel
problème. Nous ne possédions pas de fichier propre comportant
les critères retenus (taille, secteur, géographie). Il fallait
donc reconstituer les quotas en partant des résultats de questionnaires,
soit envoyer plus de questionnaires que nécessaire, en aveugle
en quelque sorte, et échantillonner sur la base des résultats
des profils. Les questionnaires, même valides, étaient alors éliminés
afin de ne pas biaiser la représentativité des résultats. Les
quotas étaient divisés en cinq zones basées sur les préfixes téléphoniques,
afin de faciliter le classement. Le mode d’administration fut
le fax que nous avons pu comparer au postal, utilisé en secours
de celui-ci. La sélection préliminaire assez sévère se fit sur
la base des secteurs retenus (critère inclus dans notre fichier).
Nous avions fixé une hypothèse de retours des questionnaires de
1 à 5% des fax envoyés.
Les résultats du questionnaire par fax furent tellement satisfaisants
que les relances postales ne furent jamais effectuées. Il est
notamment important de souligner que les retours de fax sont très
rapides (50% des retours dans les 24 heures).
NB : nous rappelons à nos lecteurs la nécessité
de ‘safraner’ avant envoi les
listes de fax afin de s’assurer que les enquêtés consentent bien
à recevoir des sollicitations par télécopie.
En tout 740 réponses
furent exploitées sur un total reçu supérieur à 1000; la barre
avait été fixée à 750 ; pourquoi 750 ? afin de répondre
à la double contrainte région/profession. Le chiffre permettait
en effet de préserver la représentativité de l’échantillon tout
en garantissant un minimum de 100 réponses par région téléphonique,
faisant ainsi que 1% de 100 correspondait bien à 1 et non à un
chiffre inférieur à l’unité. Une estimation de la marge d’erreur
pour cet échantillon de 750 entreprises représentatives du paysage
des PME/TPE françaises en l’an 2000 était d’un niveau honorable
à 3% (rappel : marge d’erreur minimale de 2,5% pour un échantillon
de 1500 pris sur une population aussi large (plusieurs millions
si l’on inclut les TPE).
Rappelons
encore que ce calcul de marge d’erreur est un calcul statistique,
c’est-à-dire qu’il ne comprend aucun facteur correctif des biais
induits par le questionnement, son administration, voire son interprétation. Cette approximation
mathématique est en effet utile, mais elle ne doit pas cacher
derrière son arbre de rigorisme, une forêt d’à-peu-près
méthodologiques.

Figure
47 : tableau d’échantillonnage final (extrait) comparant
les attentes et les résultats [voir
la totalité du tableau].
|