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Un
sujet vaste, aux multiples facettes
Quelques réflexions
liminaires
Le Marketing des NTIC,
des nouvelles technologies de l’information.
Y-a-t-il un sujet qui fasse plus rêver, un
sujet plus intéressant ? Même après l’éclatement
de la bulle, les nouvelles technologies continuent
à fasciner nos contemporains. L’Internet est
désormais rentré dans les mœurs [1] et il est même possible de payer
sa femme de ménage en ligne au lieu d’utiliser
les chèques emploi-service. (campagne gouvernementale
de fin 2003 sur la propagation de l’Internet).
Les téléphones multimédia sont légions, le
SMS, dont on connaissait à peine l’existence
il y a 6 ans, représente environ 25% du chiffre
d’affaires des opérateurs mobiles, et il ne
se passe pas de jour que des journalistes,
même dans les émissions grand-public, ne nous
éclairent sur tel graveur de DVD ou sur tel
GPS de voiture à écran tactile.
Et pourtant, lorsque j’ai commencé à réfléchir à ce sujet
à la demande de Michel Volle, dans le cadre
du club des maîtrises d’ouvrage du 12 janvier
2004, je me suis trouvé face à un dilemme,
du fait de la complexité du sujet et de son
caractère protéiforme. 15 années passées à
marketer des services et des produits technologiques,
même à divers niveaux (Grand-public, PME,
grandes entreprises, ventes directes, ventes
indirectes, partenariats, France, Royaume
Uni, Europe, reste du monde, interne, externe,…)
ne peuvent donner – quelle que soit votre
expérience et sa profondeur – une idée complète
du sujet tant la tâche est immense. Mon expérience
est ainsi indéniablement – et sciemment –
orientée vers le B2B . Je me suis efforcé
néanmoins d’aborder le plus honnêtement possible
toutes les facettes de ce métier.
Précisons
également, que notre façon aborder ce sujet
est assez orientée sur l'exercice pratique
du Marketing, et qu’il ne s'agit pas là à
proprement parler d'un travail de recherche.
Ne recherchons donc pas d'exhaustivité ou
d'analyse particulièrement pertinente dans
ce document, mais plus un recueil de bonnes
pratiques et de méthodes qui peuvent orienter
utilement l'action.
Avant
tout une question de définition
Il s’agit avant tout d’une question de définition. Car
que sont réellement les nouvelles technologies
de l’information et de la communication [2] ? Où commencent-elles ?
où s’arrêtent-elles ? En d’autres termes,
où allons nous mettre la frontière ?
Un réfrigérateur est tout sauf un produit
de haute technologie. Un réfrigérateur lié
à Internet qui commande tout seul les réapprovisionnements
au supermarché est quant à lui bien un produit
de haute technologie, assorti qui plus est
de services.
De même pour
les produits dits « bruns », qui
sont tout sauf des produits de haute technicité.
Que dire par contre de l’iPOD, du net MD de
Sony, voire du Vaio PC-W1 de Sony, qui regroupe
en son sein une chaîne hi-fi, un ordinateur
de salon et un téléviseur ? De même si
on prend les voitures d’aujourd’hui, sont
elles toujours des objets utilitaires ou des
objets technologiques ?
Plus immédiatement,
doit-on parler de technologie ou de technicité,
voire de technique ? La technologie est
un bien grand mot pour désigner finalement
ce qui regroupe tous ces objets techniques.
Mais ce n’est pas seulement un grand terme.
Derrière lui il y a l’idée de sacralisation
de l’objet – déjà évoqué par Pérec dans les
choses, et poussé à l’extrême dans notre société
occidentale postmoderne- mais aussi de mythologie
(notez la consonance) qui donne une teinte
particulière à ce domaine. Car avouons le,
nous sommes arrivé dans le domaine de la sacralisation
de la communication et de la branchitude,
ce qui – mélangé et superposé à des tendances
sociologiques de rapprochement avec l’authentique
– ne cesse d’émerveiller l’observateur. Le
summum de la contradiction postmoderne étant
peut-être les sites Webs mondiaux des mouvements
antimondialisation, montrant à quel point
la mondialisation est une réalité puisque
ses détracteurs s’inscrivent eux-même dans
son mouvement (voir http://www.left-links.com/global.htm).
La question suivante est
celle liée au périmètre des NTIC. Doit-on
regarder le Marketing de grande consommation
(B2C), ou plutôt le B2B, et même au sein du
Marketing professionnel, ne doit-on pas établir
une distinction entre 3 types de Marketing
B2B en fonction qu’il s’adresse soit à des
grands comptes (MNCs), des PME (SMEs) ou des
micro-entreprises (Sohos [3] ) ? Le Marketing auprès de
ces cibles sera radicalement différent. Il
faut en tenir compte, et nous essaierons de
l’illustrer au travers d’exemples concrets.
En outre, entre le Marketing des produits
et le Marketing des services, doit-on introduire
également une nuance importante. Marketer
un service – qui plus est un service en ligne
ou dématérialisé – est une autre affaire que
de marketer un produit concret que l’utilisateur
peut voir et même toucher. Les schémas mentaux,
et les processus d’achats seront très différents
selon les cas et on ne traitera pas de la
même façon la vente d’un service, par exemple,
de multidiffusion de messages sur Internet [4] et d’un téléphone
multimédia de la même façon.
Il est très
rare de rencontrer des personnes qui soient
capables de parler de tous ces sujets d’une
égale compétence et c’est bien compréhensible.
Car les approches sont radicalement différentes,
les mentalités souvent contradictoires et
a fortiori les méthodes de travail Marketing
souvent radicalement opposées.
Justement,
puisqu’on parle de Marketing des NTIC, peut-on
aussi se reposer la question de ce qu’est
le Marketing sans risquer le ridicule. Assurément
si j’en juge par l’exemple cité ci-après,
ce travail sur la définition est riche d’enseignements
sur notre compréhension du phénomène constitué
par ce Marketing des NTIC. Nous y consacrerons
quelques lignes car cela est moins anodin
qu’il y paraît à première vue.
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