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PETITE HISTOIRE DE BASE (CRM & gestion de données) (IIème partie)

 
 
   
 

Par Denis FAILLY, Consultant CRM

  Petite histoire de base

De la donnée vers la connaissance

Par ailleurs, à un volume de données croissant en quantité et en qualité, devait correspondre une architecture logicielle idoine et justement dimensionnée. Ainsi je commençais à être pris par le « mining spirit ». Invité à Londres par la société SPSS (qui diffuse les applications logicielles du même nom en statistiques et datamining), je pris conscience au vu des exposés applicatifs faits par les intervenants (secteur bancaires, aérien, distribution) de la puissance potentielle de ces outils. 

 
   


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 Comment extraire des pépites de connaissance (« nuggets ») à partir de l’information client. Comment fouiller, « forer » véritablement les données (sens étymologique du mot datamining) pour essayer de détecter selon le cas des régularités, des associations, des relations ou des dimensions cachées au sein du gisement de données de la base ?

Notre méga base était un embryon de data-warehouse qui s’ignorait, et j’entrais pendant quelques temps dans l’ivresse des algorithmes d’apprentissage (réseaux neuronaux, cartes de Kohonen [13] ) de classification [K-means [14] , etc.] pour « torturer » et faire parler mes données à des fins de marketing prédictif par exemple.

L’objectif eût été à terme non plus de travailler sur les membres d’une communauté utilisatrice de fonctionnalités gratuites (Chat, Webmail) mais sur de vrais clients dans le cadre d’une offre « monétisée» :

 

Figure 1 : L'entonnoir de l'information (Yann A Gourvennec, Information tracking in the information age (revisited)

Figure 1 : L'entonnoir de l'information (Yann A Gourvennec, Information tracking in the information age (revisited) [12]

  • Prévention de l’attrition client (churn),
  • Développement de ventes croisées (up-selling) avec nos partenaires commerciaux,
  • Personnalisation de programmes relationnels (Loyalty program...),
  • Exploitation / optimisation du multicanal (Webmail, web, SMS…),
  • Mesure et optimisation de la rentabilité (ROI) des actions marketing (emailing, e-pub.

Je me rendis vite compte que s’il n’existait pas un véritable projet datamining, une pensée de la connaissance client, comprise, portée et expliquée aux utilisateurs par des dirigeants convaincus et convaincants, tout cela demeurerait très expérimental et n’avancerait pas. N’oublions pas que le recours aux algorithmes et aux fonctionnalités des logiciels n’est pas une fin en soi et qu’il

  • existe un cercle vertueux du datamining :
  • Identifier le domaine d’étude (Objectifs de la recherche),
  • Préparer les données (70 % du temps passé),
  • Agir sur la base de données (techniques et algorithmes),
  • Evaluer les actions et optimiser (récursivité).

La démarche est incrémentale, itérative et récursive permettant d’affiner et d’ajuster progressivement le système. Quant à la préparation des données elle est naturellement chronophage car très logiquement déterminante :

  • Codage, format et cohérence des données en amont (référentiel, dictionnaire),
  • Données manquantes (suppression ? Regroupement ? Substitution ?),
  • Combinaison de variables, variables précalculées, etc.

On comprend donc pourquoi la notion de projet prenait tout son sens et nécessitait à mon sens une forte mobilisation à moyen et long terme, notion quelque peu mise de côté en ces années de vision « court-termiste » et de pratiques opportunistes que l’on pourrait décrire comme du « surfing management ». C’est ainsi que nous utilisâmes une solution logicielle au nom fruité [15] pour faire tourner nos fameux algorithmes, l’application nous était gracieusement prêtée à l’essai mais se révéla pour nos décideurs quelque peu surdimensionnée eu égard à nos besoins (ce qui n’était pas ma conviction en dehors des problèmes de coûts). Au delà de l’outil qui peut être ou ne pas être convaincant selon des critères très factuels et rationnels (coût, performance, technicité...) on réalise qu’il y à là un véritable problème, presque épistémologique de « connaissance de la connaissance », voire de culture et de vision distanciée pour « penser » encore une fois « la connaissance client ».

Mon doux rêve de franchir une étape supplémentaire demeura donc à l’état de « Data Workshop ».

 
 

La collecte en ligne de données, une question d’alibis

Les données déclaratives des internautes qui s’inscrivent sur un site deviennent pour certaines variables rapidement obsolètes pour peu qu’on ne les actualise pas et qu’on n’en vérifie pas la pertinence. De plus les données les plus dynamiques et porteuses de sens demeurent les données comportementales.

Elles peuvent faire l'objet d'indicateurs (non exhaustifs) dont l'utilité varie selon les sites (sites de collecte de données marketing, sites d'e-commerce, sites Corporate, etc.) , dont l'objet est aussi de corriger les dysfonctionnements du site.

 

“ Sur des sites à fort trafic le recours à des solutions de Web datamining devient nécessaire si l'on souhaite croiser les données de profils déclaratifs et de comportements historisés ”
“ Sur des sites à fort trafic le recours à des solutions de Web datamining devient nécessaire si l'on souhaite croiser les données de profils déclaratifs et de comportements historisés ”

Ce n'était pas forcément la priorité, trois ou quatre chiffres de bases intéressaient les décideurs, ceux qui permettaient de se comparer aux concurrents, de s'auto-contempler dans les « clic parades » officiels, de communiquer dans la presse spécialisée, etc. Il s'agissait de faire du chiffre point.

 On imagine donc combien les enseignements issus des comportements clients passaient inaperçus et pourtant les quelques indicateurs suivants étaient déjà riches d'enseignements :

  • Origine de la visite (sites partenaires,  moteurs/annuaires, clics sur e-pub, campagne emailing, …), 
  • Type de pages vues, zones visitées (notion de zones chaudes, zones froides comme en distribution, zone de décrochage, …),
  • Exhaustivité de la visite (nombre pages vues / nombre total de pages), couverture (zones thématiques ou rubriques visitées/total rubriques),
  • Récence (dernière visite), fréquence des visites, montants en volume (pages visités, temps passé), montants en valeur (cas des sites transactionnels),
  • Taux de transformation ou taux d'abandon sur les sites comprenant des formulaires d'informations ou de transaction,
  • Chemin critique de navigation (l'internaute suit-il un parcours-type et récurrent),
  • Tout indicateurs (en valeur absolue, en % et en variation) de statistiques descriptives calculables sur ces données
 
 

 

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