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Marketing strategique, cours marketing et SI Marketing
 
 

Dans cet article écrit en 2004 pour la revue Espaces, Yann Gourvennec dresse le panorama du CRM dans le monde du voyages d'affaires. Si l'environnement a pu évoluer avec notamment la montée en puissance des no frill airlines (ex low cost) dans ce paysage, les fondamentaux du CRM en restent pour autant toujours valables et la question se pose - pas seulement aux professionnels des transports d'ailleurs - vaut-il meux gérer ou servir ses clients ?

 

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Par Yann Gourvennec

 
Voyages D’affaires & Gestion De La Relation Clients
GERER OU SERVIR SES CLIENTS ?

GERER OU SERVIR SES CLIENTS ? (2ème partie)

Voyages D’affaires & Gestion De La Relation Clients

Dans cet article écrit en 2004 pour la revue Espaces, Yann Gourvennec dresse le panorama du CRM dans le monde du voyages d'affaires. Si l'environnement a pu évoluer avec notamment la montée en puissance des low frill airlines (ex low cost) dans ce paysage, les fondamentaux du CRM en restent pour autant toujours valables et la question se pose - pas seulement aux professionnels des transports d'ailleurs - vaut-il meux gérer ou servir ses clients ?

 
 
   
 

 

Figure 3 : Les 3 sphères du  marché semblent traitées de façon isolée, sans lien apparent, comme si le voyageur d'affaires n'avait pas droit aux vacances.

gérer ou servir : l’aide à la relation clients

La gestion de la relation clients est une affaire de service de ses clients plus que de gestion. Trop souvent, on a cru pouvoir substituer l’outil à la réflexion et au métier [13] . Cette erreur –commise dans tous les domaines, et pas seulement dans celui de la relation clients, est répétée ad nauseam dès qu’une nouvelle mode technologique voit le jour. Il est donc moins question de ‘gérer’ la relation clients en croyant que la valeur ajoutée sera générée par l’outil, que de servir ses clients, en utilisant la base de données comme un outil. Dans une large mesure, le CRM (qu’on devrait ainsi renommer aide à la relation ou au service clients) n’échappe pas plus aux règles de base du système d’information que n’importe quel autre système d’information.

En fin de compte, il n’y a pas d’un côté le management qui se préoccupe des affaires courantes, et de l’autre côté, le système d’information commercial qui se développerait en autarcie. Le système d’information puise dans les processus commerciaux et vice versa. Inutile donc de blâmer le SI commercial (alias SFA [14] ) pour les mauvaises performances de vos commerciaux, votre système de gestion des plaintes pour la dégradation de votre image de marque et ainsi de suite. A l’inverse, de tels outils – ramenés dans la finalité économique et commerciale de l’entreprise – sont potentiellement de véritables accélérateurs de la qualité du service aux clients car ils permettent de mettre l’entreprise en alerte, autour de ses processus, actifs ou correctifs [15] .

Le système d’information commercial basé sur une vue globale de la finalité commerciale de l’entreprise répond donc à des règles qui sont à la fois globales (les règles de la gestion de la relation clients) et pertinentes de l’outil (règles de l’outil d’aide à la gestion de la relation clients). Nous avons rassemblé dans deux encadrés les règles qui nous paraissent les plus importantes dans la mise en place et le déploiement d’un système d’information clients (voir les 2 encadrés à part).

Figure 4 : Description d’un outil de CRM « idéal »

pour une utilisation raisonnée du CRM

Si nous ne plaidons pas pour une vision ‘mythologique’ [16] du CRM qui serait un outil miracle ‘à tout faire’, nous refusons également la vision extrême opposée (souvent générée par la première) qui nierait toute utilité à l’outil du CRM. Bien souvent, une mauvaise conception, un mauvais déploiement sont à la base de déconvenues certaines. Discutant récemment avec un responsable en assistance à maîtrise d’ouvrage œuvrant au déploiement d’un outil de CRM Peoplesoft (en soi un fort bon outil d’ailleurs) dans une entreprise de distribution, nous évoquions les déconvenues que la maîtrise d’ouvrage peut rencontrer, et de citer le cas où  il avait travaillé deux ans à l’élaboration d’un projet qui ne semblait pas vouloir prendre le chemin du décollage.

Pourtant le choix de l’outil n’était pas à incriminer. J’ai pu observer dans d’autres secteurs, des implantations encore plus lentes, avec des phases amont de 4 ans, voire de 8 ans, pour un cas extrême. De tels dysfonctionnements ne doivent rien au CRM mais à l’organisation qui l’entoure et à la qualité des phases de conception et de déploiement [19]. L’indépendance et le pouvoir de la maîtrise d’ouvrage, son savoir-faire et sa capacité d’écoute et de négociation, ses ressources et la qualité de sa gestion de projet [20] sont les pierres d’angle de la mise en œuvre de la relation clients. Tout ceci nous amenant à croire, comme le veut le dicton, qu’il n’y a pas de mauvais outils mais de mauvais ouvriers.

 

 
   


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Encadré n°3 : Les 10 règles d’or de la relation client

  • Le client doit être au centre de vos préoccupations. Même si vous ne pouvez pas les résoudre totalement, veillez à lui cacher les « obscénités de votre organisation “.
  • Ne pas confondre service et outils. Inutile donc de vous doter d’un outil performant si votre cœur de métier, votre service est déficient.
  • Ne pas plaquer un outil si l’on ne connaît pas ses clients. Connaître ses clients ne se limite pas à stocker leurs données dans une base. Il faut approcher, les sonder, les segmenter et leur parler. N’oubliez pas la devise du Cluetrain Manifesto « commercer, c’est dialoguer “.
  • Ne pas confondre « personnalisation » et service ; les sirènes du marketing « one to one » nous ont fait croire au marketing de l’unique. Il ne faut pas confondre one to one et marketing de « mass customisation ».
  • Il ne suffit pas de faire appeler les clients par leur nom par un téléacteur robotisé  puisant  sa science dans une base de données pour faire croire à un client qu’on s’intéresse à lui.
  • S’intéresser au client, c’est penser d’abord à sa satisfaction, pas aux données qu’il peut vous fournir.
  • Il est plus facile de mesurer l’insatisfaction que la satisfaction, car les clients s’expriment plus librement et sans fard lorsqu’ils sont mécontents. Un client  vous apprend mille fois plus de choses sur les façons d’améliorer votre produit ou service qu’un client satisfait.
  • La satisfaction/insatisfaction d’un client évolue avec le temps en fonction de son expérience du produit ou du service. Avec l’usage, une insatisfaction peut disparaître (phénomène d’habitude) ou naître avec l’apprentissage que le client a fait du produit ou du service, qui l’amène à relever son niveau d’exigence.
  • Il faut savoir utiliser à bon escient et de façon récurrente les études, et notamment les études de satisfaction.
  • Se rappeler les trois buts du CRM  (selon Christophe Bénavent) :
    • a-    Economie : réduire les coûts de transaction par l’automatisation sans baisser le niveau de qualité du service.
      • Communication
      • Commandes & livraisons
    • b-    Efficience : améliorer la qualité de la prestation (rapport qualité/prix).
      • Extension de services annexes
      • Amélioration des flux d’information.
    • c-     Efficacité : Mieux satisfaire en réinventant l’offre.
      • CRM relationnel.
      • CRM expérimental.

Ceci sans tomber dans ce que l’auteur appelle « les mythes du CRM », c’est-à-dire, croire que l’information (son stockage, son accès, sa mise à jour, son exploitation,…) est gratuite, sans croire que « l’ordinateur est un esprit », ni que l’information remplace la connaissance ou que le SI se substitue à l’organisation et ses processus.

 

 

Encadré n°4 : Les 10 règles d’or de l’outil d’aide à la relation client

  1. Un besoin se spécifie toujours. En outre, il faut toujours spécifier fonctionnellement son besoin avant de procéder à la spécification technique. Enfin et surtout, un outil informatique ne se résume pas à ses écrans. Si on tente de vous vendre un outil sur ses écrans et la qualité de son interface, redoublez de méfiance.
  2. Gérer une base de données marketing ne relève pas de la magie. Il s’agit d’un travail fastidieux et qui a un coût non négligeable, en stockage, en traitement, mais surtout en mise à jour. Ne croyez pas que vos clients mettront à jour leurs données spontanément. Il vous faudra consacrer du temps et des ressources importantes à cette tâche. Le Marketing direct peut également vous aider.
  3. Un grand nombre de données n’améliore pas forcément la connaissance.
  4. Choisir un ERP  ne dispense pas de la phase de réflexion préliminaire à l’implantation du logiciel, notamment la phase dédiée à l’amélioration des processus métiers. Sachez que l’automatisation ne résout jamais un problème de processus, au contraire. Automatiser un mauvais processus est la meilleure manière de multiplier les mêmes erreurs, plus vite !
  5. A l’inverse, à trop personnaliser un ERP, on finit par le transformer en –mauvais- logiciel spécifique. Une implantation d’ERP doit se faire selon un modèle RAD (Rapid Application Development) afin de faire apparaître sous forme de maquettage rapide les étapes de réalisation à tester par les divers intervenants.
  6. Faire primer le résultat business sur la technologie. Pour reprendre le slogan de Paul Coby, CIO de British Airways « Les projets informatiques, ça n’existe pas. Il n’y a que des projets Business  ».
  7. L’usage de l’outil, et l’universalité de son déploiement prime sur sa conception.
  8. Déployer un outil implique qu’on s’intéresse aux gens qui en sont les destinataires.
  9. S’intéresser aux gens et accompagner l’usage ne signifie pas qu’on intègre tout desiderata dans les spécifications. Il faut choisir et prioriser, et préserver la lisibilité de l’outil.
  10. L’outil doit s’intégrer harmonieusement dans les processus de l’entreprise. Si les processus de l’entreprise sont mauvais ou dysfonctionnels, il n’est pas inutile de refondre ses processus autour des meilleures pratiques de la profession – souvent intégrées dans les meilleurs outils – qui ont été successivement améliorés par leurs premiers utilisateur.
 
   
 

[14] Salesforce automation system : système d’automatisation des forces de vente.

[15] Ces arguments – déroulés autour de la notion clé d’activité marketing (qui s’oppose à la fonction marketing) –  sont développés dans mon ouvrage intitulé ‘le marketing finalitaire’, disponible en ligne sur http://visionarymarketing.com/fhtmlabs.html .

[16] Bénavent.

[17] 01/04/2004, source neteconomie.com.

[18] 22 mai 2002 – Source www.actusnews.com

[19] Voir le dossier Déployer un SI Marketing interne (productivité commerciale) Janvier 2004 http://visionarymarketing.com/fwelcom.html

[20] Voir le chapitre dédié à la gestion des projets innovants, « le marketing des NTIC », http://visionarymarketing.com/fwelcom.html .

 
 

 

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